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Portrait de Richard Ferrand

Parlement

Richard Ferrand

Non documenté · 6ᵉ circ. · Finistčre

Ce qu'il faut retenir

Assemblée nationale Groupe 2 Élu en 2012
  • Non documenté · Assemblée nationale, 6ᵉ circ. · Finistčre.
  • Rattaché au parti En marche, groupe 2.
  • Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.

Biographie

Richard Ferrand, né le 1er juillet 1962 à Rodez (Aveyron), est un journaliste, dirigeant d'entreprise mutualiste et homme politique français. Ancien député du Finistère, ancien secrétaire général du mouvement En Marche, ministre de la Cohésion des territoires en 2017 puis président de l'Assemblée nationale de 2018 à 2022, il est nommé président du Conseil constitutionnel en 2025. Fils de Colette Higounenc, commerçante, et de Jacky Ferrand, artisan, il effectue sa scolarité au collège Joseph-Fabre de Rodez, puis au lycée de Bünde, en Allemagne, avant de rejoindre le lycée Saint-Sernin de Toulouse. Il entame des études de droit à l'université Paris-Descartes, qu'il n'achève pas, avant d'obtenir un diplôme de l'université Toulouse-I. Marié une première fois à l'artiste plasticienne Françoise Coustal, dont il divorce en 1994 et avec laquelle il a un fils, il conclut un pacte civil de solidarité le 2 janvier 2014 avec l'avocate Sandrine Doucen ; il est père de trois enfants, dont Louise Ferrand, née en 2004.

Du journalisme aux Mutuelles de Bretagne

Richard Ferrand débute sa vie professionnelle dans le journalisme, entre 1981 et 1990, collaborant successivement à Centre Presse, Auto Moto, Circuler, Vie publique, La Dépêche du Midi et Le Monde. En 1989, il devient directeur associé d'une agence de graphisme de presse, fonction qu'il occupe jusqu'en 1990, année où il fonde une société de conseil en communication.

En mai 1991, il devient conseiller en communication de Kofi Yamgnane, alors secrétaire d'État. En 1992, il s'installe en Bretagne, à Hanvec, dans le Finistère. C'est par l'entremise de Kofi Yamgnane qu'il entre, en 1993, aux Mutuelles de Bretagne, organisme mutualiste dont il devient directeur général de 1998 à 2012.

Élu local dans le Finistère

Adhérent du Parti socialiste depuis 1980, Richard Ferrand construit d'abord une carrière d'élu local en Bretagne. Il est élu conseiller général du Finistère dans le canton de Carhaix-Plouguer en mars 1998, puis réélu en 2004, et occupe la vice-présidence du conseil général, chargée de l'insertion et de l'économie sociale et solidaire, de 2004 à 2011. Il se présente à deux reprises, en 2001 et en 2008, aux élections municipales de Carhaix-Plouguer, sans succès face à Christian Troadec.

Le 21 mars 2010, il est élu conseiller régional de Bretagne sur la liste du Parti socialiste du Finistère conduite par Marylise Lebranchu, et devient président du groupe socialiste au sein de cette assemblée. Il se met en retrait de cette présidence de groupe en novembre 2016, au moment de sa nomination à la tête du mouvement En Marche, et perd son mandat de conseiller régional en 2021, année où il est battu aux élections régionales.

Député socialiste du Finistère (2012-2017)

Après une première défaite aux élections législatives de 2007, où il recueille 49,8% des voix face au député sortant Christian Ménard, Richard Ferrand est élu député de la sixième circonscription du Finistère le 17 juin 2012, avec 58,4% des suffrages au second tour. Il siège à l'Assemblée nationale au sein du groupe socialiste, républicain et citoyen, à la commission des affaires sociales, et se voit confier le rapport sur la directive européenne relative au détachement des travailleurs.

Le 3 octobre 2014, il reçoit une mission temporaire auprès d'Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, consacrée à la réforme des professions réglementées, et remet son rapport, comportant vingt-huit propositions, le 4 novembre suivant. Il est par ailleurs le rapporteur général de la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, dite loi Macron, présentée en conseil des ministres le 15 octobre 2014.

Le virage vers En Marche et le ministère de la Cohésion des territoires

En octobre 2016, Richard Ferrand est nommé secrétaire général du mouvement En Marche, fondé par Emmanuel Macron. Il quitte le Parti socialiste le 8 mai 2017. Le 17 mai 2017, il est nommé ministre de la Cohésion des territoires dans le premier gouvernement d'Édouard Philippe, un portefeuille nouvellement créé qui regroupe les questions de logement, de politique de la ville et d'aménagement du territoire. Sa nomination intervient au moment où éclatent les révélations concernant l'affaire dite des Mutuelles de Bretagne, détaillée plus bas ; il est maintenu à son poste par le président de la République et le Premier ministre le 31 mai 2017, malgré ces révélations.

Réélu député de la sixième circonscription du Finistère le 18 juin 2017 face à Gaëlle Nicolas, Richard Ferrand est sollicité, le lendemain, par Emmanuel Macron pour briguer la présidence du groupe parlementaire majoritaire à l'Assemblée nationale. Il démissionne du gouvernement le 21 juin 2017, après environ cinq semaines de fonction, puis est élu président du groupe La République en Marche le 25 juin 2017, par 306 voix sur 308.

L'affaire dite des Mutuelles de Bretagne

En mai 2017, Le Canard enchaîné, Le Monde et Mediapart révèlent une série de faits concernant les Mutuelles de Bretagne, organisme que Richard Ferrand a dirigé jusqu'en 2012. L'organisme mutualiste a notamment perçu une subvention de 55 000 euros du conseil général du Finistère, dont Richard Ferrand était alors vice-président, pour l'aménagement d'un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes à Guilers, des travaux facturés par son ex-épouse Françoise Coustal. Par ailleurs, une société civile immobilière détenue à 99% par Sandrine Doucen, sa compagne, a perçu des loyers garantis de la part des Mutuelles de Bretagne pour un local commercial dont elle était propriétaire à Brest, ainsi que 184 000 euros de travaux.

La chronologie de cette opération immobilière est la suivante : le 23 décembre 2010, Richard Ferrand signe un compromis de vente pour l'acquisition d'un local de 379 mètres carrés à Brest, assorti d'une clause suspendant la vente à l'absence de location aux Mutuelles de Bretagne ; le 25 janvier 2011, le conseil d'administration des Mutuelles de Bretagne choisit à l'unanimité, comme futur bailleur, une société civile immobilière alors non encore constituée ; celle-ci, la SCI Saca, est créée par Sandrine Doucen le 28 mars 2011 ; elle acquiert l'immeuble le 1er juillet 2011 pour 402 000 euros, financés par un emprunt bancaire, et perçoit ensuite des loyers garantis par les Mutuelles de Bretagne, de l'ordre de 42 000 euros par an.

Le 31 mai 2017, l'association Anticor dépose une plainte contre X auprès du parquet de Brest pour abus de confiance. Le 1er juin 2017, le procureur de la République de Brest ouvre une enquête préliminaire, confiée à la police judiciaire de Rennes. Cette enquête est classée sans suite le 13 octobre 2017, le parquet estimant qu'aucun préjudice avéré ne permet de caractériser les infractions d'abus de confiance et d'escroquerie, et que l'éventuelle infraction de prise illégale d'intérêts est en tout état de cause prescrite. En 2019, Richard Ferrand est mis en examen pour prise illégale d'intérêts. En 2022, la Cour de cassation confirme la prescription des faits, ce qui met un terme définitif aux poursuites. Aucune condamnation pénale n'a été prononcée à son encontre dans ce dossier.

Président de l'Assemblée nationale (2018-2022)

Le 12 septembre 2018, Richard Ferrand est élu président de l'Assemblée nationale avec 254 voix, soit onze de plus que la majorité absolue requise, succédant à François de Rugy. Il conduit en 2019 une réforme du règlement de l'Assemblée nationale, réduisant notamment le temps de parole attribué aux groupes minoritaires. Sa présidence est marquée, le 25 septembre 2019, par une controverse autour d'un vote sur la procréation médicalement assistée, déclaré adopté à main levée dans des conditions contestées par l'opposition.

Battu au second tour des élections législatives du 21 juin 2022 dans sa circonscription du Finistère par la candidate de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale Mélanie Thomin, Richard Ferrand perd son siège de député et, avec lui, la présidence de l'Assemblée nationale, à laquelle lui succède Yaël Braun-Pivet. Il devient ainsi le troisième président de la chambre basse en exercice à échouer dans sa tentative de réélection à l'Assemblée nationale, après Armand Marrast en 1849 et Raymond Forni en 2002.

Des activités privées à la présidence du Conseil constitutionnel

Après la fin de son mandat parlementaire, Richard Ferrand se tourne vers des activités privées : il fonde le 2 août 2022 une société de conseil, Messidor, puis devient, le 12 juillet 2024, président du conseil de surveillance du groupe de cliniques privées Elsan.

Le 10 février 2025, il est proposé par le président de la République Emmanuel Macron pour succéder à Laurent Fabius à la présidence du Conseil constitutionnel, dont le mandat de neuf ans arrive à échéance. Le 19 février 2025, il est auditionné par les commissions des lois de l'Assemblée nationale et du Sénat, dont le vote conjoint valide sa nomination par 39 voix pour et 58 voix contre, vingt-cinq parlementaires ne prenant pas part au vote ; le seuil des trois cinquièmes des suffrages exprimés nécessaire pour s'opposer à cette nomination n'est manqué que d'une voix. Richard Ferrand prend ses fonctions de président du Conseil constitutionnel le 8 mars 2025.

Chronologie

  • 1962 - Naissance à Rodez (Aveyron), le 1er juillet
  • 1980 - Adhésion au Parti socialiste
  • 1981 - Débuts dans le journalisme
  • 1991 - Conseiller en communication de Kofi Yamgnane, secrétaire d'État
  • 1993 - Entrée aux Mutuelles de Bretagne
  • 1994 - Divorce de Françoise Coustal
  • 1998 - Élu conseiller général du Finistère ; directeur général des Mutuelles de Bretagne (jusqu'en 2012)
  • 2010 - Élu conseiller régional de Bretagne, le 21 mars
  • 2012 - Élu député de la sixième circonscription du Finistère, le 17 juin
  • 2014 - Pacte civil de solidarité avec Sandrine Doucen, le 2 janvier ; rapporteur général de la loi Macron
  • 2016 - Nommé secrétaire général du mouvement En Marche, en octobre
  • 2017 - Départ du Parti socialiste (8 mai) ; ministre de la Cohésion des territoires (17 mai) ; réélu député (18 juin) ; démission du gouvernement et élection à la présidence du groupe La République en Marche (21 et 25 juin) ; classement sans suite de l'enquête sur les Mutuelles de Bretagne (13 octobre)
  • 2018 - Élu président de l'Assemblée nationale, le 12 septembre
  • 2019 - Mise en examen pour prise illégale d'intérêts ; réforme du règlement de l'Assemblée nationale
  • 2021 - Battu aux élections régionales en Bretagne
  • 2022 - La Cour de cassation confirme la prescription des faits dans l'affaire des Mutuelles de Bretagne ; battu aux élections législatives et fin de la présidence de l'Assemblée nationale, le 21 juin ; fondation de la société Messidor, le 2 août
  • 2024 - Président du conseil de surveillance du groupe Elsan, le 12 juillet
  • 2025 - Proposé à la présidence du Conseil constitutionnel (10 février), nomination validée par le Parlement (19 février), prise de fonction (8 mars)

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