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Portrait de Rima HASSAN

Parlement

Rima HASSAN

Député européen · France

470Votes exprimés
73 %Participation

Ce qu'il faut retenir

Parlement européen Groupe GUE_NGL Élue en 2024 470 votes exprimés
  • Député européen · Parlement européen, France.
  • Rattachée au parti La Gauche au Parlement européen — GUE/NGL, groupe GUE_NGL.
  • 470 votes exprimés au cours du mandat.
  • Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.

Biographie

Rima Hassan Mobarak, née le 28 avril 1992 dans le camp de réfugiés palestiniens de Neirab, près d'Alep, en Syrie, est une juriste et femme politique française, députée européenne du groupe de la Gauche au Parlement européen (GUE/NGL), élue sur la liste de La France insoumise. Spécialiste du droit des réfugiés, ancienne apatride devenue française en 2010, elle est devenue depuis son élection en 2024 l'une des personnalités les plus médiatisées de la cause palestinienne en France et l'une des figures les plus exposées de La France insoumise.

Une enfance entre la Syrie et les Deux-Sèvres

Rima Hassan est la dernière d'une fratrie de six enfants. Ses grands-parents paternels, originaires du village palestinien d'Al-Birwa, ont été exilés en Syrie lors de la Nakba de 1948 ; sa grand-mère maternelle, issue de la famille notable syrienne Hananou, a épousé un réfugié palestinien communiste originaire de Salfit. Son père, Ahmad, est un ancien mécanicien de l'armée de l'air syrienne ; sa mère, Nabiha (1958-2021), était institutrice.

Peu après sa naissance au camp de Neirab, le plus grand et le plus pauvre des camps de réfugiés palestiniens de Syrie, sa mère quitte le camp pour la France et met huit ans à faire venir ses enfants. En 2002, à l'âge de dix ans, Rima Hassan rejoint la France avec sa sœur et ses quatre frères, et s'installe à Niort, dans le quartier populaire du Clou-Bouchet. Sa mère y travaille comme femme de ménage puis dans la restauration. Rima Hassan est scolarisée à l'école primaire Ernest-Pérochon, où elle rapporte avoir subi des brimades racistes et avoir été reléguée en raison de ses difficultés en français, sa langue maternelle étant l'arabe. Elle est élue en 2003 au conseil municipal d'enfants de Niort.

Formation

Rima Hassan obtient un baccalauréat scientifique en 2011 au lycée de la Venise Verte, à Niort. Elle entreprend ensuite une licence de droit, commencée à l'Université d'Évry, poursuivie à l'Université de Montpellier, puis achevée en 2014, entrecoupée d'un séjour d'un an au Liban. Elle obtient en 2016 un master en droit international public à l'Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, dont le mémoire portait sur une comparaison juridique entre l'Afrique du Sud et Israël au regard de la notion d'apartheid.

Carrière juridique et engagement associatif

Rima Hassan intègre en 2016 l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), puis, dix-huit mois plus tard, la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), où elle travaille pendant six ans, jusqu'en 2023. En 2019, elle fonde l'Observatoire des camps de réfugiés, une organisation non gouvernementale consacrée à la situation des populations réfugiées. Elle multiplie à partir de cette période les interventions publiques sur les questions migratoires : table ronde organisée par Emmaüs France pour la journée mondiale des réfugiés en juin 2020, alerte sur les effets de l'épidémie de Covid-19 dans les camps, mobilisation en faveur de l'accueil des réfugiés du camp de Moria, en Grèce, à l'automne 2020. En 2022, la délégation interministérielle à l'accueil des réfugiés lui consacre un portrait dans le cadre d'une campagne sur les "femmes inspirantes".

En février 2023, elle intervient au Sénat lors d'un colloque sur le conflit israélo-palestinien organisé par la sénatrice Esther Benbassa, consacré à la notion d'apartheid appliquée à Israël. À l'automne 2023, après l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et le déclenchement de l'offensive israélienne à Gaza, elle interrompt son contrat à la CNDA et renonce à un poste auprès d'Amnesty International pour se consacrer à un engagement militant à plein temps, en fondant notamment le collectif Action Palestine France.

Entrée en politique et élection au Parlement européen

Rima Hassan a milité par le passé au sein de l'Association France Palestine Solidarité, ainsi qu'au Parti socialiste puis au Parti de gauche. En 2023, elle participe aux universités d'été des Écologistes aux côtés du rappeur Médine et de la députée Clémentine Autain, et est un temps approchée pour figurer, en position non éligible, sur une liste écologiste aux élections européennes de 2024. Elle rejoint finalement La France insoumise, engagement qu'elle explique par l'urgence, selon elle, d'agir politiquement sur la situation à Gaza, dans un parcours facilité par ses contacts avec le député David Guiraud et le journaliste Taha Bouhafs, et avec le soutien affiché de Jean-Luc Mélenchon. Elle figure en septième position sur la liste conduite par La France insoumise et est élue députée européenne le 9 juin 2024. Elle prend ses fonctions le 16 juillet 2024, au sein du groupe de la Gauche au Parlement européen (GUE/NGL), pour la dixième législature.

Sa candidature à une vice-présidence de la sous-commission des droits de l'homme du Parlement européen, proposée par son groupe, est bloquée à la suite d'accusations d'antisémitisme portées notamment par l'eurodéputé du PPE François-Xavier Bellamy.

Voyages, missions et incidents diplomatiques

En janvier 2024, Rima Hassan se rend en Syrie, un déplacement critiqué en raison des difficultés d'accès au pays sans entretenir de relations avec le régime de Bachar el-Assad ; elle le justifie par des raisons personnelles, le décès de sa mère en 2021 et le désir de revoir son père après vingt ans de séparation, ainsi que par un projet littéraire. En octobre 2024, elle présente au festival Jaou de Tunis un projet de photographies intitulé "Nakba Survivor", consacré à des portraits de Palestiniens réfugiés en Jordanie, en Syrie et au Liban, suscitant des inquiétudes au sein de la communauté juive tunisienne.

En août 2024, elle participe à une manifestation à Amman, en Jordanie, documentée par des vidéos publiées sur son compte Instagram, sur lesquelles apparaissent des pancartes de soutien au Hamas, un hommage à Ismaïl Haniyeh et un étendard des brigades Izz al-Din al-Qassam. Une cinquantaine de députés du groupe Renaissance saisissent la justice et demandent la levée de son immunité parlementaire à la suite de cet épisode.

Le 24 février 2025, elle se voit refuser l'entrée en Israël et est refoulée à l'aéroport de Tel-Aviv avec une délégation du Parlement européen. Le 1er juin 2025, elle participe, aux côtés de Greta Thunberg et d'une dizaine d'autres militants, à la Flottille de la liberté pour Gaza, mission humanitaire destinée à attirer l'attention sur le blocus imposé par Israël ; le bateau est arraisonné par l'armée israélienne dans les eaux internationales les 8 et 9 juin, et les participants sont transférés en Israël. Rima Hassan refuse de signer le document que lui présentent les autorités israéliennes, reconnaissant le caractère illégal de l'opération et s'engageant à ne plus se rendre dans le pays pendant cent ans ; elle est expulsée le 12 juin 2025. Le 1er septembre 2025, elle participe à une nouvelle mission, la Global Sumud Flotilla, partie de Barcelone, interceptée le 2 octobre par l'armée israélienne ; détenue à la prison de Ketziot, elle est libérée le 6 octobre 2025.

Procédures judiciaires

Rima Hassan fait l'objet, entre 2024 et 2026, de nombreuses plaintes pour apologie du terrorisme, dont la plupart sont classées sans suite : treize d'entre elles le sont en avril 2026, six autres demeurant à cette date en cours d'instruction. Une première audition libre a lieu le 30 avril 2024, à la suite d'une plainte de l'Organisation juive européenne visant des propos tenus à l'automne 2023 ; elle dénonce alors des pressions de ce qu'elle qualifie de "lobbyistes pro-israéliens" en pleine campagne européenne.

En décembre 2024, une plainte de l'Observatoire juif de France vise un message publié sur les réseaux sociaux affirmant que si les binationaux franco-israéliens sont autorisés à servir dans l'armée israélienne, tout binational franco-palestinien devrait pouvoir rejoindre ce qu'elle qualifiait de "résistance armée palestinienne légitime", en référence à une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies de 1973 reconnaissant la légitimité de la lutte des peuples pour leur indépendance "par tous les moyens disponibles, y compris la lutte armée". En février 2025, des propos tenus sur Sud Radio qualifiant l'action du Hamas de "légitime" au regard du droit international, tout en condamnant les prises d'otages et les exactions du 7 octobre comme des crimes de guerre, font l'objet d'un signalement au procureur de la République par le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau. Plusieurs responsables politiques réclament alors sa déchéance de nationalité, mesure inapplicable dès lors que la nationalité française est sa seule nationalité.

Le 24 mars 2026, elle est placée en garde à vue et mise en cause pour apologie du terrorisme à la suite d'un message publié sur les réseaux sociaux évoquant le terroriste japonais Kozo Okamoto, auteur de l'attentat de l'aéroport de Tel-Aviv en 1972 ; l'enquête est menée en flagrance, l'immunité parlementaire ne s'appliquant pas dans ce cadre. Elle porte ensuite plainte pour violation du secret de l'enquête après des fuites dans la presse ; une enquête distincte pour possession de stupéfiants est classée sans suite. En juin 2026, des rapporteurs spéciaux des Nations unies font part de "vives préoccupations" et dénoncent ce qu'ils qualifient de harcèlement politique et judiciaire visant une élue défendant les droits du peuple palestinien.

Rima Hassan a par ailleurs porté plainte pour diffamation à plusieurs reprises : contre l'animateur de télévision Arthur, après une controverse née en janvier 2024 autour d'un classement Forbes contesté par plusieurs personnalités qui lui reprochaient des propos sortis de leur contexte sur le Hamas ; contre François-Xavier Bellamy, après le blocage de sa candidature à une vice-présidence parlementaire ; et contre le mouvement Renaissance, après le signalement à la justice consécutif à la manifestation d'Amman.

Positionnement politique

Rima Hassan défend, sur le conflit israélo-palestinien, la création d'un État binational, démocratique et laïc, tout en se ralliant, à court terme, à la solution de deux États soutenue par La France insoumise. Elle qualifie d'apartheid la politique israélienne envers les Palestiniens et dénonce la colonisation israélienne en Cisjordanie ainsi que le morcellement du territoire palestinien qui en résulte depuis les années 1990. Elle défend le droit au retour des réfugiés palestiniens et emploie le slogan "du fleuve à la mer", qu'elle présente comme antérieur à la création du Hamas et comme l'expression d'une position anticolonialiste et antisioniste plutôt que d'un appel à la violence.

Sur la guerre à Gaza déclenchée après l'attaque du 7 octobre 2023, elle a estimé qu'il était moralement inacceptable de se réjouir de la mort de civils, tout en refusant ce qu'elle a présenté comme une injonction politico-médiatique à transformer toute empathie envers les victimes israéliennes en soutien inconditionnel à la politique du gouvernement israélien ; elle condamne par ailleurs les crimes de guerre commis par le Hamas comme ceux qu'elle attribue à Israël, qu'elle qualifie de génocide à l'encontre de la population palestinienne.

Chronologie

  • 1992 - Naissance le 28 avril au camp de réfugiés de Neirab, près d'Alep (Syrie)
  • 2002 - Arrivée en France, installation à Niort
  • 2010 - Obtention de la nationalité française
  • 2011 - Baccalauréat scientifique
  • 2014 - Licence de droit
  • 2016 - Master en droit international public à Paris-I-Panthéon-Sorbonne ; entrée à l'OFPRA
  • 2019 - Fondation de l'Observatoire des camps de réfugiés
  • 2023 - Interruption de son contrat à la CNDA ; adhésion à La France insoumise
  • 2024 - Élection au Parlement européen (9 juin) ; prise de fonction (16 juillet) ; controverse liée au classement Forbes (janvier) ; manifestation à Amman (août)
  • 2025 - Refoulement à l'entrée en Israël (24 février) ; participation à la Flottille de la liberté et expulsion d'Israël (juin) ; participation à la Global Sumud Flotilla et détention (septembre-octobre)
  • 2026 - Garde à vue pour apologie du terrorisme (24 mars) ; préoccupations exprimées par des rapporteurs spéciaux de l'ONU (juin)

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