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Portrait de Robert Hue

Parlement

Robert Hue

Ancien Député

Ce qu'il faut retenir

Assemblée nationale
  • Ancien Député · Assemblée nationale.
  • Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.
  • 2 mandats recensés : sénateur, député.

Biographie

Robert Georges Auguste Hue, né le 19 octobre 1946 à Cormeilles-en-Parisis (Seine-et-Oise, aujourd'hui Val-d'Oise), est un homme politique français, figure centrale du Parti communiste français (PCF) qu'il a dirigé de 1994 à 2003. Fils d'un maçon et d'une ouvrière du textile, il grandit dans un milieu populaire du Val-d'Oise. Formé comme infirmier, il exerce en psychiatrie au centre de santé municipal d'Argenteuil avant de se consacrer entièrement à la politique. Ceinture noire de judo, il est champion scolaire de France de cette discipline en 1963 et chante, dans sa jeunesse, au sein d'un groupe de rock nommé "Les Rapaces" sous le pseudonyme de scène "Willie Balton". Il est marié à Marie-Édith et père de deux enfants, Charles et Cécilia.

Jeunesse et engagement communiste

Robert Hue adhère aux Jeunesses communistes en 1962, dans le sillage de la manifestation du métro Charonne réprimée en février de la même année, puis rejoint le Parti communiste français l'année suivante, à l'occasion de la Fête de l'Humanité de 1963. Son engagement militant se double d'un ancrage professionnel dans le soin, qu'il exerce plusieurs années avant que son parcours politique ne prenne le pas sur son activité d'infirmier.

Élu local et engagement territorial dans le Val-d'Oise

Robert Hue construit d'abord une carrière d'élu local. Il devient maire de Montigny-lès-Cormeilles le 21 mars 1977, fonction qu'il occupe pendant plus de trente ans, jusqu'au 6 mars 2009. Il est également conseiller général du Val-d'Oise du 2 octobre 1988 au 13 janvier 1998, ainsi que conseiller régional d'Île-de-France à deux reprises, du 24 mars 1986 au 1er novembre 1988 puis du 30 mars 1992 au 1er mai 1993.

Ascension au sein du Parti communiste français

Au sein du PCF, Robert Hue gravit progressivement les échelons de l'appareil : il est élu au comité central en 1987, puis au bureau politique en 1990. Le 29 janvier 1994, alors que Georges Marchais quitte la direction du parti, il désigne Robert Hue, jusque-là peu connu du grand public, comme son successeur. Robert Hue devient ainsi secrétaire national du PCF.

Candidat à l'élection présidentielle de 1995

Robert Hue est le candidat du PCF à l'élection présidentielle d'avril 1995. Il obtient 8,64% des suffrages exprimés au premier tour, soit environ 2,63 millions de voix, un score qui conforte sa légitimité à la tête du parti.

La tentative de "mutation" du PCF (1994-2001)

À la tête du PCF, Robert Hue théorise et engage une évolution en profondeur de la ligne du parti, qu'il présente en 1995 dans un ouvrage intitulé "Communisme : la mutation". Cette démarche vise à ouvrir le PCF à d'autres sensibilités politiques et sociales, à infléchir certains éléments de sa doctrine traditionnelle et à promouvoir des formes de direction plus collégiales. Cette période de "mutation" s'accompagne néanmoins d'un net recul des effectifs du parti, qui passent de 200 000 adhérents en 1998 à 138 000 en 2001, signe des tensions internes suscitées par cette réorientation au sein même du PCF.

Candidature de 2002 et fin de la présidence du parti

Candidat une nouvelle fois à l'élection présidentielle de 2002, Robert Hue ne recueille que 3,37% des suffrages exprimés, soit environ 960 000 voix, le plus mauvais résultat obtenu par le PCF sous la Ve République. N'ayant pas atteint le seuil de 5% ouvrant droit au remboursement des frais de campagne, le parti traverse une grave crise financière. Dans ce contexte, le poste de secrétaire national disparaît le 28 octobre 2001 au profit d'une nouvelle fonction de président du PCF, que Robert Hue occupe jusqu'au 8 avril 2003, tandis que Marie-George Buffet devient secrétaire nationale et prend la direction opérationnelle du parti. La fonction de président du PCF est ensuite supprimée.

Parlementaire national et européen

Parallèlement à ses responsabilités partisanes, Robert Hue exerce plusieurs mandats parlementaires. Il est député de la 5e circonscription du Val-d'Oise, au sein du groupe communiste, du 12 juin 1997 au 18 juin 2002. Il siège brièvement au Parlement européen, au sein du groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL), du 20 juillet 1999 au 1er août 2000. Il devient ensuite sénateur du Val-d'Oise le 1er octobre 2004, mandat qu'il conserve jusqu'au 1er octobre 2017 : il siège d'abord au sein du groupe communiste, républicain et citoyen (CRC), de 2004 à 2012, puis rejoint le groupe du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) en septembre 2012.

Rupture avec le PCF et engagements ultérieurs

Le 28 novembre 2008, Robert Hue quitte le conseil national du PCF, estimant que le parti n'est plus réformable de l'intérieur. En décembre 2009, il crée le Mouvement unitaire progressiste (MUP), qui autorise la double appartenance avec le PCF, et qu'il préside jusqu'en 2017. En 2012, il apporte son soutien à la candidature de François Hollande à l'élection présidentielle, quittant à cette occasion le groupe communiste du Sénat pour le groupe RDSE. Le 29 août 2017, il annonce qu'il ne se représentera pas aux élections sénatoriales et se retire de la vie politique active.

Engagement associatif après la politique

À partir de 2018, Robert Hue copréside l'association "Drep'Afrique", engagée dans la lutte contre la drépanocytose. En 2021, il publie chez Fayard un "Manifeste pour une maladie oubliée", préfacé par Erik Orsenna, consacré à cette maladie génétique qu'il présente comme la plus répandue au monde. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 14 juillet 2019, distinction que lui remet le président Emmanuel Macron le 19 novembre de la même année.

Publications

Outre "Communisme : la mutation" (1995) et son "Manifeste pour une maladie oubliée" (2021), Robert Hue est l'auteur de "Il faut qu'on se parle" (1997), "Les partis vont mourir…" (2014) et "Laissez la place !" (2016).

Chronologie

  • 1946 - Naissance à Cormeilles-en-Parisis, le 19 octobre
  • 1962 - Adhésion aux Jeunesses communistes
  • 1963 - Adhésion au Parti communiste français ; champion scolaire de France de judo
  • 1977 - Élu maire de Montigny-lès-Cormeilles, le 21 mars
  • 1986 - Conseiller régional d'Île-de-France
  • 1987 - Élu au comité central du PCF
  • 1988 - Conseiller général du Val-d'Oise
  • 1990 - Élu au bureau politique du PCF
  • 1994 - Désigné secrétaire national du PCF le 29 janvier, en succession de Georges Marchais
  • 1995 - Candidat à l'élection présidentielle (8,64% au premier tour) ; publication de "Communisme : la mutation"
  • 1997 - Élu député de la 5e circonscription du Val-d'Oise
  • 1999 - Élu au Parlement européen
  • 2001 - Fin du mandat de secrétaire national du PCF le 28 octobre ; devient président du parti
  • 2002 - Candidat à l'élection présidentielle (3,37% au premier tour) ; fin de son mandat de député
  • 2003 - Fin de sa présidence du PCF, le 8 avril
  • 2004 - Élu sénateur du Val-d'Oise
  • 2008 - Quitte le conseil national du PCF, le 28 novembre
  • 2009 - Fondation du Mouvement unitaire progressiste, en décembre
  • 2012 - Soutien à François Hollande ; rejoint le groupe RDSE au Sénat
  • 2017 - Annonce son retrait de la vie politique active, le 29 août
  • 2018 - Coprésidence de l'association Drep'Afrique
  • 2019 - Fait chevalier de la Légion d'honneur
  • 2021 - Publication de "Manifeste pour une maladie oubliée"

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