Ce qu'il faut retenir
- Premier ministre · Gouvernement.
- Rattaché au parti Renaissance.
- Détient également 2 autres mandats (Conseil départemental).
- Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.
- Gouvernement depuis le 9 septembre 2025.
- 8 mandats recensés : gouvernement, conseiller départemental, conseiller municipal, sénateur.
- Commune de rattachement : Vernon, département Eure.
- Fiche de la commune : Vernon.
Biographie
Sébastien Lecornu, né le 11 juin 1986 à Eaubonne, dans le Val-d'Oise, est un homme d'État français, Premier ministre de la République française depuis le 9 septembre 2025. Fils unique de Jean-Pierre Lecornu, technicien aéronautique au sein de la Snecma, et de Martine Rousseau, secrétaire médicale, il grandit et effectue sa scolarité à Vernon, dans l'Eure, département qui deviendra le socle de son ancrage politique local. Discret sur sa vie privée au point que la presse elle-même peine à en dire quoi que ce soit de certain, il était encore décrit en septembre 2025, au moment de son accession à Matignon, comme célibataire et sans enfant, sans qu'aucune information contraire n'ait depuis été confirmée de façon vérifiable.
Formation et premiers engagements
Après des études secondaires à l'établissement Saint-Adjutor de Vernon et l'obtention d'un baccalauréat économique et social, Sébastien Lecornu s'inscrit à l'université Paris II Panthéon-Assas, où il obtient une licence de droit et entame une première année de master en droit public. En septembre 2025, le site Mediapart révèle que son curriculum vitae officiel mentionnait un master en droit public complet : les services de Matignon reconnaissent alors qu'il ne détient qu'une maîtrise et non un diplôme de master, un épisode qui, sans emporter de conséquence sur son maintien en fonction, ternit un temps l'image de rigueur qu'il cultive.
Son engagement politique précède largement la fin de ses études. Adhérent de l'UMP dès l'âge de seize ans, en 2002, il devient en 2005 assistant parlementaire du député de l'Eure Franck Gilard, avant d'intégrer en 2008, à seulement vingt-deux ans, un cabinet ministériel du gouvernement Fillon II, ce qui fait alors de lui l'un des plus jeunes conseillers ministériels en exercice. Il gravit ensuite les échelons du parti dans l'Eure, où il devient secrétaire départemental adjoint de l'UMP en 2010.
Maire de Vernon puis président du conseil départemental de l'Eure
Sébastien Lecornu est élu maire de Vernon dès le premier tour des élections municipales de 2014. L'année suivante, le 2 avril 2015, il est élu président du conseil départemental de l'Eure, devenant à vingt-huit ans le plus jeune président de département de France. Les règles de non-cumul des mandats le contraignent à choisir : le 4 décembre 2015, il abandonne son mandat de maire de Vernon pour se consacrer à la présidence départementale, tout en conservant un siège de premier adjoint au maire. Il quitte à son tour la présidence du conseil départemental en juillet 2017, quelques semaines après son entrée au gouvernement, avant d'en reprendre la tête en juillet 2021, qu'il conserve jusqu'en décembre 2022.
De la Transition écologique aux Collectivités territoriales
Sébastien Lecornu entre au gouvernement le 21 juin 2017 comme secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire, alors Nicolas Hulot, dans le premier gouvernement d'Édouard Philippe. Ce choix le place en porte-à-faux avec sa famille politique d'origine : exclu des Républicains le 31 octobre 2017 pour avoir accepté de servir un gouvernement issu d'une majorité concurrente, il officialise son ralliement en adhérant à La République en marche le 25 novembre suivant. Le 16 octobre 2018, à la faveur d'un remaniement consécutif à la démission de Nicolas Hulot, il est promu ministre chargé des Collectivités territoriales, poste qu'il occupe pendant près de deux ans et dans lequel il se forge une réputation de négociateur apprécié des élus locaux, toutes sensibilités confondues.
Ministre des Outre-mer et sénateur de l'Eure
Le 6 juillet 2020, dans le gouvernement de Jean Castex, Sébastien Lecornu devient ministre des Outre-mer. À l'automne suivant, en septembre 2020, il se présente et est élu sénateur de l'Eure ; ses fonctions ministérielles l'empêchant de siéger au Palais du Luxembourg, il cède aussitôt son siège à sa suppléante, Nicole Duranton, un mécanisme classique de la vie parlementaire française mais qui illustre la stratégie d'implantation locale qu'il poursuit en parallèle de ses fonctions nationales. C'est également durant cette période, le 13 janvier 2021, que le Parquet national financier ouvre à son encontre une enquête préliminaire pour prise illégale d'intérêts, en lien avec des mandats qu'il avait détenus au sein de la Société des autoroutes Paris-Normandie (SAPN). L'enquête est classée sans suite le 30 juin 2023, quand bien même l'existence de l'infraction est reconnue par les enquêteurs, l'action publique n'étant pas jugée opportune.
Ministre des Armées : réarmement et guerre en Ukraine
Le 20 mai 2022, Sébastien Lecornu est nommé ministre des Armées dans le gouvernement d'Élisabeth Borne, à trente-cinq ans, ce qui fait de lui le plus jeune titulaire de ce portefeuille depuis la Révolution française. Sa nomination intervient quelques mois seulement après le déclenchement de l'invasion russe en Ukraine, et son passage de plus de trois ans à l'hôtel de Brienne est marqué par deux chantiers majeurs. Le premier est l'adoption, en 2023, d'une loi de programmation militaire dotée de 413 milliards d'euros pour la période 2024-2030, l'une des plus ambitieuses de ces dernières décennies, qui doit porter les crédits de la défense à 64 milliards d'euros dès 2027, soit trois ans d'avance sur le calendrier initialement prévu. Le second est le pilotage du soutien militaire français à l'Ukraine : selon les chiffres qu'il avance lui-même, la France y a consacré 2,6 milliards d'euros d'équipements en valeur, auxquels s'ajoute 1,2 milliard d'euros financés via la Facilité européenne pour la paix. Il théorise à cette occasion l'entrée de l'industrie de défense française en économie de guerre, relevant par exemple que les 78 canons Caesar produits en une année par les usines Nexter dépassent le parc dont dispose l'armée française elle-même.
Réserviste militaire lui-même, Sébastien Lecornu cultive au ministère des Armées une image de sérieux technique plutôt que d'homme de coup politique, ce qui contribue à faire de lui, selon un décompte établi lors de sa nomination à Matignon, le ministre le plus durablement présent dans l'ensemble des gouvernements formés depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017 : plus de 3 000 jours cumulés en fonction, devant Gérald Darmanin, absent du seul gouvernement de Michel Barnier. Cette longévité, unique parmi les 180 ministres et Premiers ministres nommés depuis 2017, vaut à Sébastien Lecornu le surnom de ministre indéboulonnable.
Une nomination surprise à Matignon dans la tourmente budgétaire
Le 9 septembre 2025, au lendemain de la chute du gouvernement de François Bayrou, renversé la veille par un vote de confiance perdu à l'Assemblée nationale sur fond de crise budgétaire persistante, Emmanuel Macron nomme Sébastien Lecornu Premier ministre. Sa nomination, après trois ans et demi passés aux Armées, est présentée comme un choix de continuité et de compétence technique plutôt que comme une rupture politique, dans un contexte où aucune majorité claire ne se dégage à l'Assemblée nationale.
Le 5 octobre 2025 au soir, Sébastien Lecornu dévoile la composition de son premier gouvernement, pour l'essentiel reconduit de celui de François Bayrou, auquel s'ajoutent six nouveaux ministres dont Éric Woerth et, surprise du casting, Bruno Le Maire, nommé aux Armées. Cette dernière nomination provoque un coup de tonnerre : Bruno Retailleau, reconduit à l'Intérieur, juge que la présence de l'ancien ministre de l'Économie, tenu pour responsable de la crise budgétaire par une partie de la droite, ne traduit en rien la rupture que Les Républicains disaient attendre. Bruno Le Maire lui-même annonce dès le lendemain matin, 6 octobre, renoncer à siéger dans ce gouvernement pour permettre la reprise des discussions. Quelques heures plus tard, avant même la tenue du premier conseil des ministres, Sébastien Lecornu présente sa démission à Emmanuel Macron : son gouvernement n'aura vécu que quelques heures, faisant de lui le chef de gouvernement le plus éphémère de la Cinquième République.
Une reconduction « par devoir » et le gouvernement Lecornu II
Après cinq jours de crise et d'intenses tractations, Emmanuel Macron reconduit Sébastien Lecornu à Matignon le 10 octobre 2025. Celui-ci accepte cette reconduction en expliquant y consentir par devoir et en promettant de bâtir une équipe gouvernementale renouvelée. Le nouveau gouvernement, dit Lecornu II, est formé le 12 octobre 2025 ; il compte trente-quatre membres, dix-neuf ministres et quinze ministres délégués, dans une composition proche de la parité, dix-sept femmes pour dix-huit hommes, et s'appuie sur une coalition rassemblant Ensemble pour la République (Renaissance, MoDem, Horizons, UDI) et une partie des députés Les Républicains, pour un total de 211 sièges sur 577 à l'Assemblée nationale, loin d'une majorité absolue.
Ce gouvernement connaît plusieurs ajustements au cours des mois suivants. Le 22 février 2026, Amélie de Montchalin quitte le ministère des Comptes publics pour prendre la présidence de la Cour des comptes ; elle est remplacée par David Amiel. Un remaniement plus substantiel intervient le 26 février 2026, après l'adoption du budget et à la veille des élections municipales : Rachida Dati quitte le ministère de la Culture pour se consacrer à sa campagne pour la mairie de Paris, tandis que Charlotte Parmentier-Lecocq démissionne pour reprendre son mandat de députée ; Catherine Pégard et Camille Galliard-Minier les remplacent, et deux nouveaux ministres délégués, Jean-Didier Berger et Sabrina Agresti-Roubache, font leur entrée au gouvernement.
En parallèle de ses fonctions nationales, Sébastien Lecornu n'a jamais rompu son ancrage à Vernon : le 20 mars 2026, à l'occasion des élections municipales, il est élu premier adjoint au maire de la commune, retrouvant ainsi, depuis Matignon, un mandat exécutif local qu'il avait quitté dix ans plus tôt.
Positionnement politique
Sébastien Lecornu se définit lui-même comme plutôt gaulliste, séguiniste, fondamentalement de droite, en référence à l'héritage de Philippe Séguin, tout en se revendiquant libéral et européen, synthèse qui a permis sa greffe réussie sur la macronie après son départ des Républicains en 2017. Il s'était opposé en 2012 au mariage pour tous ainsi qu'à l'ouverture de la PMA et de la GPA, avant de faire évoluer sa position sur ces sujets sociétaux à partir de 2019. Sa trajectoire, marquée par une capacité reconnue à négocier avec des interlocuteurs très divers, des élus locaux aux oppositions parlementaires, a été le principal argument avancé par Emmanuel Macron pour justifier sa nomination puis sa reconduction à la tête d'un gouvernement condamné, en l'absence de majorité absolue, à composer en permanence avec une partie de la gauche comme avec la droite.
Chronologie
- 1986 - Naissance à Eaubonne, le 11 juin
- 2002 - Adhésion à l'UMP à seize ans
- 2005 - Assistant parlementaire du député Franck Gilard
- 2008 - Conseiller au cabinet du gouvernement Fillon II, à vingt-deux ans
- 2010 - Secrétaire départemental adjoint de l'UMP dans l'Eure
- 2014 - Élu maire de Vernon
- 2015 - Élu président du conseil départemental de l'Eure, le 2 avril ; abandon de la mairie de Vernon le 4 décembre
- 2017 - Secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, le 21 juin ; exclusion des Républicains le 31 octobre ; adhésion à La République en marche le 25 novembre ; départ de la présidence du conseil départemental de l'Eure
- 2018 - Ministre chargé des Collectivités territoriales, le 16 octobre
- 2020 - Ministre des Outre-mer, le 6 juillet ; élu sénateur de l'Eure en septembre, siège cédé à sa suppléante Nicole Duranton
- 2021 - Enquête préliminaire du Parquet national financier pour prise illégale d'intérêts, le 13 janvier ; retour à la présidence du conseil départemental de l'Eure en juillet
- 2022 - Ministre des Armées, le 20 mai ; départ de la présidence du conseil départemental de l'Eure en décembre
- 2023 - Adoption de la loi de programmation militaire 2024-2030, dotée de 413 milliards d'euros ; classement sans suite de l'enquête du Parquet national financier, le 30 juin
- 2025 - Nommé Premier ministre le 9 septembre ; démission le 6 octobre après la formation avortée du gouvernement Lecornu I ; reconduit à Matignon le 10 octobre ; formation du gouvernement Lecornu II le 12 octobre ; révélation d'une inexactitude sur son curriculum vitae universitaire
- 2026 - Remaniements du gouvernement Lecornu II, les 22 et 26 février ; élu premier adjoint au maire de Vernon, le 20 mars
Mandats et responsabilités
En cours
- depuis 2025Premier ministre
- depuis 2021Conseiller départemental5ème Vice-président du conseil départemental · Eure
Mandats passés
- jusqu'en 2024Ministre des Armées
- 2022 – 2025Ministre de la Défense
- 2020 – 2022Ministre des Outre-mer
- 2014 – 2020Maire de Vernon
Mandats sans date connue
- SénateurEure
Patrimoine et intérêts
Déclarations publiques à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
6 déclarations à la HATVP. Patrimoine, intérêts et activités déclarés, sourcés depuis la HATVP.
