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Comprendre · Institutions

L’Union européenne

Institutions, lois, budget, euro, Schengen : qui décide quoi en Europe

Mis à jour le 11 septembre 2026 · 35 min · Intermédiaire

Vue d’ensemble

27États membres
452 Mhabitants au 1er janvier 2026selon Eurostat
21pays dans la zone euroBulgarie comprise, depuis 2026
29pays dans l’espace Schengendont 4 hors de l’Union

L’Union européenne n’est ni un État fédéral, ni une simple organisation internationale. Vingt-sept États y ont mis en commun une partie de leur souveraineté : ils adoptent ensemble des règles qui s’appliquent chez chacun d’eux, sous le contrôle d’une Cour de justice commune.

L’Union ne peut agir que dans les domaines que les traités lui confient : c’est le principe d’attribution (article 5 du traité sur l’Union européenne). Tout ce qui ne lui est pas attribué reste aux États.

Union, zone euro, Schengen : qui est où

Être dans l’Union ne veut dire ni payer en euros ni circuler sans contrôle : ce sont trois cercles différents, qui ne se recouvrent pas tout à fait. Chaque pays appartient à l’un des quatre groupes ci-dessous.

  • Espace Schengen · 29 payspas de contrôle aux frontières intérieures
  • Union européenne · 27 Étatsles traités, le marché intérieur, le budget
  • Zone euro · 21 paysune monnaie, la politique monétaire de la BCE
  • Dans Schengen, hors de l’UnionEspace Schengen4 paysIslande, Liechtenstein, Norvège, Suisse
  • Union et Schengen, sans l’euroEspace SchengenUnion européenne6 paysDanemark, Hongrie, Pologne, Roumanie, Suède, Tchéquie
  • Union, Schengen et euroEspace SchengenUnion européenneZone euro19 paysAllemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Portugal, Slovaquie, Slovénie
  • Union et euro, hors SchengenUnion européenneZone euro2 paysChypre, Irlande

L’Islande, le Liechtenstein et la Norvège participent aussi au marché intérieur par l’Espace économique européen, sans voter les règles qu’ils appliquent ; la Suisse y est liée par des accords bilatéraux. Andorre, Monaco, Saint-Marin et le Vatican utilisent l’euro en vertu d’accords monétaires avec l’Union, sans en être membres. Le Danemark a obtenu dans les traités le droit de ne pas adopter l’euro ; les cinq autres pays de l’Union qui ne l’ont pas sont tenus de l’adopter lorsqu’ils remplissent les critères, sans date fixée.

Sources : Conseil de l’Union européenne et Commission européenne, pays de l’espace Schengen (depuis le 1er janvier 2025 pour la Bulgarie et la Roumanie) ; Banque centrale européenne, pays de la zone euro (Bulgarie depuis le 1er janvier 2026).

Trois confusions fréquentes

  • Le Conseil européen réunit les chefs d’État ou de gouvernement ; le Conseil de l’Union européenne réunit les ministres. Ce sont deux institutions différentes.
  • Le Conseil de l’Europe, qui compte 46 États et siège à Strasbourg, n’appartient pas à l’Union : c’est une organisation distincte.
  • La Cour de justice de l’Union siège à Luxembourg ; la Cour européenne des droits de l’homme, à Strasbourg, relève du Conseil de l’Europe.

Histoire de la construction

Le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, propose de mettre en commun la production de charbon et d’acier de la France et de l’Allemagne, pour que toute guerre entre elles devienne « non seulement impensable, mais matériellement impossible ». Le 9 mai est devenu la journée de l’Europe.

La méthode est restée : avancer par des solidarités concrètes, traité après traité, plutôt que par une constitution adoptée d’un seul coup.

Les grandes dates

  1. 1951Traité de Paris : six pays (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas) créent la Communauté européenne du charbon et de l’acier.
  2. 1957Traités de Rome : naissance de la Communauté économique européenne et d’Euratom, avec l’objectif d’un marché commun.
  3. 1979Première élection du Parlement européen au suffrage universel direct.
  4. 1985Accord de Schengen : les contrôles aux frontières intérieures doivent disparaître, ce qui sera effectif à partir de 1995.
  5. 1986Acte unique européen : le marché intérieur doit être achevé fin 1992.
  6. 1992Traité de Maastricht : l’Union européenne est créée, avec la citoyenneté européenne et le calendrier de l’euro.
  7. 1999L’euro devient la monnaie de onze pays ; les pièces et les billets arrivent le 1er janvier 2002.
  8. 2004Dix États rejoignent l’Union, dont huit d’Europe centrale et orientale.
  9. 2005La France et les Pays-Bas rejettent par référendum le traité établissant une constitution pour l’Europe.
  10. 2009Entrée en vigueur du traité de Lisbonne : présidence stable du Conseil européen, codécision étendue, droit de retrait.
  11. 2020Le Royaume-Uni quitte l’Union le 31 janvier. En juillet, les 27 décident un plan de relance financé par un emprunt commun.
  12. 2026La Bulgarie adopte l’euro et devient le 21e pays de la zone.

Les pères fondateurs

Jean Monnet et Robert Schuman (France), Konrad Adenauer (Allemagne), Alcide De Gasperi (Italie), Paul-Henri Spaak (Belgique) : leur pari commun est la paix par l’interdépendance économique.
Les élargissements successifs
AnnéePays entrésMembres
1957Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas (fondateurs)6
1973Danemark, Irlande, Royaume-Uni9
1981Grèce10
1986Espagne, Portugal12
1995Autriche, Finlande, Suède15
2004Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Tchéquie25
2007Bulgarie, Roumanie27
2013Croatie28
2020Sortie du Royaume-Uni27

Les institutions

L’Union repose sur une double légitimité, écrite à l’article 10 du traité sur l’Union européenne : les citoyens sont représentés au Parlement européen, les États au Conseil européen et au Conseil. La Commission, elle, est chargée de défendre l’intérêt général de l’Union.

Aucune institution ne décide seule : la Commission propose, le Parlement et le Conseil votent, la Cour de justice contrôle.

Deux légitimités, un exécutif : qui fait quoi dans l’Union

Les citoyens sont représentés au Parlement européen, les États au Conseil européen et au Conseil. La Commission propose les lois ; ce sont le Parlement et le Conseil qui les votent, et ce sont eux qui la désignent et la contrôlent.

Les citoyens de l’UnionIls élisent leurs députés européens au suffrage universel direct, tous les cinq ans.art. 10 et 14 TUE

élisent

  • Le Parlement européen720 députés élus. Vote les lois et le budget avec le Conseil, et contrôle la Commission.art. 14 TUE
Les 27 États membresLeurs gouvernements, issus des élections nationales, répondent devant leur parlement ou leurs citoyens.art. 10 TUE

y siègent

  • Le Conseil européenLes chefs d’État ou de gouvernement. Fixe les grandes orientations, mais ne vote aucune loi.art. 15 TUE
  • Le Conseil de l’Union européenneUn ministre par État, selon le sujet. Vote les lois et le budget avec le Parlement, le plus souvent à la majorité qualifiée.art. 16 TUE

désignent, contrôlent et votent ce qu’elle propose

La Commission européenne27 commissaires, un par État, indépendants des gouvernements. Elle seule propose les lois, sauf exceptions prévues par les traités ; elle exécute le budget et veille au respect des traités.art. 17 TUE
  • Conseil européen vers Commissionpropose un candidat à sa présidence, en tenant compte du résultat des élections européennes art. 17 TUE
  • Parlement vers Commissionélit ce président, à la majorité de ses membres art. 17 TUE
  • Conseil vers Commissionadopte, d’un commun accord avec le président élu, la liste des commissaires proposés par les États art. 17 TUE
  • Parlement vers Commissionapprouve le collège entier par un vote, puis le Conseil européen le nomme art. 17 TUE
  • Parlement vers Commissionpeut la renverser par une motion de censure, votée aux deux tiers des voix exprimées art. 17 TUE · art. 234 TFUE
  • Commission vers Parlement et Conseilleur soumet ses propositions de loi, qu’ils adoptent, amendent ou rejettent art. 294 TFUE

Qui contrôle le respect des règles, et qui gère la monnaie

  • La Cour de justice de l’UnionUn juge par État, à Luxembourg. Veille au respect du droit de l’Union et peut annuler l’acte d’une institution.art. 19 TUE · art. 263 TFUE
  • La Cour des comptes européenneUn membre par État. Contrôle les recettes, les dépenses et la bonne gestion du budget.art. 285 et 287 TFUE
  • La Banque centrale européenneIndépendante, à Francfort. Conduit la politique monétaire des pays de l’euro, avec la stabilité des prix pour objectif.art. 127, 130 et 282 TFUE
  • Représentation des citoyens
  • Représentation des États
  • Intérêt général de l’Union

Les institutions sont sept (art. 13 TUE) : le Parlement européen, le Conseil européen, le Conseil, la Commission, la Cour de justice, la Banque centrale européenne et la Cour des comptes. Le Conseil européen (les chefs d’État) et le Conseil de l’Union européenne (les ministres) sont deux institutions distinctes, et ni l’un ni l’autre ne se confond avec le Conseil de l’Europe, organisation à 46 États qui ne relève pas de l’Union.

Sources : traité sur l’Union européenne (TUE), articles 10, 13 à 17 et 19 ; traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), articles 127, 130, 234, 263, 282, 285, 287 et 294.

Les sept institutions de l’Union
InstitutionRôleCompositionSiège
Parlement européenVote les lois et le budget avec le Conseil, contrôle la Commission720 députés élus pour cinq ans, dont 81 en FranceStrasbourg, Bruxelles, Luxembourg
Conseil européenFixe les orientations générales, ne vote pas les loisLes chefs d’État ou de gouvernement, son président, la présidente de la CommissionBruxelles
Conseil de l’Union européenneVote les lois et le budget avec le ParlementUn ministre par État selon le sujet, présidence tournante de six moisBruxelles, Luxembourg
Commission européennePropose les lois, exécute le budget, veille au respect des traités27 commissaires, un par État, pour cinq ansBruxelles
Cour de justice de l’Union européenneJuge le respect du droit de l’UnionUn juge par État à la Cour, deux par État au TribunalLuxembourg
Banque centrale européenneConduit la politique monétaire de la zone euroSix membres du directoire et les gouverneurs des 21 banques centrales de l’euroFrancfort
Cour des comptes européenneContrôle les recettes et les dépenses de l’UnionUn membre par ÉtatLuxembourg

Les 720 sièges du Parlement européen (2024-2029)

Les cinq pays qui en ont le plus

Graphique interactif. Les données sont détaillées dans le tableau ci-dessous.

Données

Données du graphique « Les 720 sièges du Parlement européen (2024-2029) »
Sièges
Allemagne96
France81
Italie76
Espagne61
Pologne53
Les 22 autres pays353
Qui préside quoi ?
Ursula von der Leyen préside la Commission européenne depuis 2019, reconduite le 1er décembre 2024. António Costa préside le Conseil européen depuis le 1er décembre 2024, pour deux ans et demi renouvelables une fois. Roberta Metsola préside le Parlement européen, réélue en juillet 2024. Le Conseil de l’Union européenne est présidé à tour de rôle par chaque État, pour six mois : l’Irlande de juillet à décembre 2026.
Comment vote le Conseil ? La majorité qualifiée
Le plus souvent, une décision du Conseil doit réunir au moins 55 % des États, soit 15 sur 27, représentant au moins 65 % de la population de l’Union. Une minorité de blocage doit compter au moins quatre États : trois grands pays ne peuvent donc pas bloquer seuls, même s’ils réunissent plus de 35 % de la population. L’unanimité reste la règle pour la fiscalité, la politique étrangère, l’adhésion d’un nouvel État ou le budget sur sept ans.
Le Parlement européen peut-il proposer une loi ?
Non, et c’est la différence la plus souvent relevée avec un parlement national. Il peut demander à la Commission, à la majorité de ses membres, de présenter une proposition ; si elle refuse, elle doit en donner les raisons. En revanche, dans la procédure ordinaire, aucune loi ne peut être adoptée sans son vote.
Comment sont élus les eurodéputés ?
Au suffrage universel direct, tous les cinq ans, à la proportionnelle dans chaque pays. En France, depuis 2019, une circonscription unique élit 81 députés sur des listes nationales, avec un seuil de 5 % des suffrages exprimés. Au Parlement, les élus siègent par groupe politique, et non par nationalité.

Le déficit démocratique, une critique à préciser

La critique vise surtout la Commission, qui n’est pas élue, et la distance entre les citoyens et les décisions. Deux faits la nuancent : le président de la Commission est élu par le Parlement en tenant compte des élections européennes, et le collège peut être renversé par une motion de censure. Deux faits la nourrissent : le Parlement n’a pas l’initiative des lois, et une grande part des compromis se négocie en trilogues, des réunions qui ne sont pas publiques.

La fabrique de la loi européenne

Une loi européenne ne sort pas de « Bruxelles » d’un bloc. Elle suit une procédure fixée par le traité : la Commission propose, puis le Parlement européen et le Conseil doivent adopter exactement le même texte. C’est la procédure législative ordinaire, qui s’applique à la grande majorité des lois de l’Union depuis le traité de Lisbonne.

Comment une loi européenne est adoptée

La procédure législative ordinaire, qui s’applique à la plupart des lois de l’Union : la Commission propose, puis le Parlement européen et le Conseil doivent tomber d’accord sur le même texte. Trois lectures au plus, et à chaque étape une issue écrite dans le traité.

  • La Commission
  • Le Parlement européen
  • Le Conseil (les ministres)
  • Parlements nationaux, conciliation
  1. Commission
    Elle propose le texteElle le transmet au Parlement européen, au Conseil et aux parlements nationaux. Le Parlement, le Conseil ou un million de citoyens peuvent lui demander de proposer ; elle reste libre de le faire.art. 11 et 17 TUE · art. 225, 241 et 294 TFUE
    • Étape suivante le texte part aux deux co-législateurs
  2. Parlements nationaux8 semaines
    Ils contrôlent la subsidiaritéChacun peut objecter que l’Union n’a pas à agir, parce que les États le feraient aussi bien. Si un tiers des voix objecte, la Commission doit réexaminer sa proposition.protocole n° 2, art. 6 et 7
    • Étape suivante la Commission maintient, modifie ou retire sa proposition
  3. Parlement européensans délai
    Première lectureIl adopte sa position, amendements compris, à la majorité des voix exprimées.art. 294 TFUE
    • Étape suivante sa position est transmise au Conseil
  4. Conseilsans délai
    Première lectureLes ministres examinent la position du Parlement et votent à la majorité qualifiée.art. 294 TFUE
    • Texte adopté s’il approuve la position du Parlement
    • Étape suivante sinon, il adopte sa propre position et la renvoie au Parlement
  5. Parlement européen3 mois
    Deuxième lectureIl examine la position du Conseil.art. 294 TFUE
    • Texte adopté s’il l’approuve, ou s’il ne se prononce pas dans le délai
    • Texte non adopté s’il la rejette à la majorité de ses membres
    • Étape suivante s’il l’amende à la majorité de ses membres : retour au Conseil
  6. Conseil3 mois
    Deuxième lectureIl vote sur les amendements du Parlement, à la majorité qualifiée ; à l’unanimité pour ceux que la Commission désapprouve.art. 294 TFUE
    • Texte adopté s’il approuve tous les amendements
    • Étape suivante sinon, un comité de conciliation est réuni
  7. Comité de conciliation6 semaines
    Chercher un texte communAutant de représentants du Parlement que de membres du Conseil négocient, avec la Commission pour médiatrice.art. 294 TFUE
    • Texte non adopté faute d’accord dans le délai
    • Étape suivante en cas d’accord, le texte commun passe en troisième lecture
  8. Parlement et Conseil6 semaines
    Troisième lectureLe Parlement vote à la majorité des voix exprimées, le Conseil à la majorité qualifiée. Aucun amendement n’est plus possible.art. 294 TFUE
    • Texte adopté si les deux approuvent le texte commun
    • Texte non adopté si l’un des deux ne l’approuve pas

Une fois adopté, le texte arrive jusqu’à vous de trois façons

  • Un règlements’applique tel quel, le même jour, dans tous les États. Exemple : le règlement général sur la protection des données (RGPD).art. 288 TFUE
  • Une directivefixe un résultat à atteindre ; chaque État la transpose dans son droit, en France par une loi ou un décret, dans le délai qu’elle fixe.art. 288 TFUE
  • Une décisionest obligatoire dans tous ses éléments, pour ceux qu’elle désigne quand elle a des destinataires.art. 288 TFUE

En pratique, le Parlement, le Conseil et la Commission négocient dès la première lecture dans des réunions à trois, les « trilogues » : sur la législature 2019-2024, 86 % des textes ont été adoptés en première lecture et les autres en deuxième, sans passer par la conciliation. Le Parlement ne peut pas proposer de loi lui-même, mais il peut demander à la Commission de le faire.

Sources : traité sur l’Union européenne (TUE), articles 11 et 17 ; traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), articles 225, 241, 288 et 294 ; protocole n° 2 sur l’application des principes de subsidiarité et de proportionnalité ; Service de recherche du Parlement européen, bilan de la procédure législative 2019-2024.

Règlement, directive, décision : trois actes, trois effets
ActePortéeCe que doit faire la FranceExemple
RèglementObligatoire et directement applicable dans tous les ÉtatsRien à transposer : il s’applique tel quelLe règlement général sur la protection des données (RGPD, 2016)
DirectiveFixe un résultat à atteindreLe transposer dans le délai prévu, par une loi, une ordonnance ou un décretLa directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique (2019)
DécisionObligatoire pour ceux qu’elle désigneL’appliquer si elle la viseLa décision fixant la répartition des sièges du Parlement européen (2023)
Recommandation, avisNe lient pasAucune obligation juridiqueLes recommandations adressées aux États sur leur politique économique

« 80 % des lois françaises viennent de Bruxelles » ?

Non. Le chiffre vient d’une prévision de Jacques Delors en 1988, qui visait la législation économique et ne s’est pas réalisée. Les travaux de l’Institut Jacques Delors situent la part des textes français d’origine européenne autour de 20 %, avec de fortes différences selon les domaines : jusqu’à 40 % pour l’agriculture et la pêche, moins de 5 % pour le logement ou la défense.

Les compétences de l’Union

L’Union ne dispose que des compétences que les États lui ont confiées par les traités. Le traité sur le fonctionnement de l’Union les range en trois catégories, qui disent qui a le droit de légiférer : l’Union seule, l’Union et les États, ou les États avec l’appui de l’Union.

Qui décide de quoi : l’Union ou les États

L’Union n’a que les compétences que les États lui ont confiées par les traités. Selon le domaine, elle décide seule, partage la décision ou se contente d’appuyer les États, qui gardent par ailleurs un droit de veto sur les sujets les plus sensibles.

Compétences exclusives

Seule l’Union légifère. Les États n’agissent que si elle les y habilite. art. 2 et 3 TFUE

  • L’union douanière
  • Les règles de concurrence nécessaires au marché intérieur
  • La politique monétaire des pays de l’euro
  • La conservation des ressources biologiques de la mer
  • La politique commerciale commune

Compétences partagées

L’Union et les États légifèrent. Les États agissent tant que l’Union ne l’a pas fait. art. 2 et 4 TFUE

  • Le marché intérieur
  • La politique sociale, pour les aspects prévus par le traité
  • La cohésion économique, sociale et territoriale
  • L’agriculture et la pêche
  • L’environnement
  • La protection des consommateurs
  • Les transports
  • Les réseaux transeuropéens
  • L’énergie
  • L’espace de liberté, de sécurité et de justice
  • Les enjeux communs de sécurité en santé publique

Compétences d’appui

Les États décident. L’Union soutient, coordonne ou complète, sans harmoniser leurs lois. art. 2 et 6 TFUE

  • La protection et l’amélioration de la santé humaine
  • L’industrie
  • La culture
  • Le tourisme
  • L’éducation, la formation professionnelle, la jeunesse et le sport
  • La protection civile
  • La coopération administrative

Là où chaque État garde un veto

Ces décisions se prennent à l’unanimité : un seul État peut les bloquer.

  • La politique étrangère et de sécurité, défense compriseart. 24 et 31 TUE
  • L’harmonisation des impôtsart. 113 et 115 TFUE
  • L’adhésion d’un nouvel Étatart. 49 TUE
  • Le cadre financier sur sept ansart. 312 TFUE
  • Les ressources propres du budgetart. 311 TFUE

Tout ce que les traités n’attribuent pas à l’Union reste aux États, et la sécurité nationale reste de la seule responsabilité de chacun d’eux (art. 4 et 5 TUE). Hors compétences exclusives, l’Union n’agit que si l’objectif ne peut pas être atteint aussi bien par les États (subsidiarité), et jamais au-delà de ce qui est nécessaire (proportionnalité). Les politiques économiques et de l’emploi forment un cas à part : les États les coordonnent au sein de l’Union (art. 5 TFUE).

Sources : traité sur l’Union européenne (TUE), articles 4, 5, 24, 31 et 49 ; traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), articles 2 à 6, 113, 115, 311 et 312.

Subsidiarité et proportionnalité, concrètement
Hors compétences exclusives, l’Union doit montrer qu’elle agit mieux que les États ne le feraient seuls. Les parlements nationaux, dont l’Assemblée nationale et le Sénat, ont huit semaines pour contester une proposition à ce titre ; si un tiers des voix objecte, la Commission doit la réexaminer.
Et la défense ?
La sécurité nationale reste de la seule responsabilité de chaque État (article 4 du traité sur l’Union européenne). La politique de sécurité et de défense commune existe, mais ses décisions se prennent à l’unanimité, et il n’y a pas d’armée européenne : les missions de l’Union reposent sur les moyens que lui fournissent les États.
Et les impôts ?
L’Union ne lève pas d’impôt sur les citoyens. Elle peut harmoniser certaines taxes, comme la TVA, mais seulement à l’unanimité des États. Le barème de l’impôt sur le revenu reste fixé par chaque pays, de même que le taux de l’impôt sur les sociétés, sous réserve d’un taux minimal de 15 % pour les grands groupes, adopté à l’unanimité en 2022.

Politiques communes

Les politiques communes sont les domaines où l’Union a bâti des règles et des moyens propres. L’agriculture et la cohésion des régions pèsent le plus lourd dans son budget ; le commerce et la concurrence pèsent le plus dans son droit, là où elle décide seule.

Les principales politiques européennes
PolitiqueCe qu’elle faitMoyensCompétence
Politique agricole communeAides au revenu des agriculteurs, développement ruralRubrique « ressources naturelles et environnement » : 56,5 Md€ en 2026Partagée
CohésionRéduire les écarts de développement entre régionsRubrique « cohésion, résilience et valeurs » : 71,6 Md€ en 2026Partagée
Recherche et innovationProgramme Horizon Europe, numérique, espaceRubrique « marché unique, innovation et numérique » : 22,2 Md€ en 2026Partagée
CommerceNégocier les accords commerciaux au nom des 27Une compétence de droit plus que de budgetExclusive
ConcurrenceContrôler les fusions, les ententes et les aides d’ÉtatDécisions et amendes de la CommissionExclusive
Migration et frontièresProtéger les frontières extérieures, règles communes d’asileRubrique « migration et frontières » : 5,0 Md€ en 2026Partagée

Trois chantiers

Neutralité climatique en 2050, inscrite dans la loi européenne sur le climat de 2021.

  • Réduire les émissions nettes d’au moins 55 % en 2030 par rapport à 1990
  • Marché du carbone : l’industrie et les producteurs d’électricité paient leurs émissions
  • Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, entré dans sa phase définitive en 2026

Ce que l’Union a changé au quotidien

La fin des frais d’itinérance pour le téléphone mobile en voyage dans l’Union (2017), le chargeur USB-C commun obligatoire pour les téléphones neufs (fin 2024), les échanges Erasmus+ pour étudier ou se former à l’étranger, et la protection des données personnelles par le RGPD.

Le budget européen

192,8 Md€budget 2026, en engagements190,1 Md€ de paiements
1 211 Md€cadre financier 2021-2027en prix courants
806,9 Md€plan de relance NextGenerationEUemprunt remboursé de 2028 à 2058
61,5 %des recettes viennent de la ressource fondée sur le revenu nationalen 2024

Le budget de l’Union est voté chaque année par le Parlement européen et le Conseil, dans les limites d’un cadre financier pluriannuel de sept ans, adopté à l’unanimité des États après approbation du Parlement. Il doit être équilibré en recettes et en dépenses : l’Union ne vote pas de déficit.

Il reste modeste au regard des budgets nationaux, de l’ordre de 1 % du revenu national brut de l’Union, mais il pèse lourd dans deux politiques : l’agriculture et la cohésion des régions.

Le budget 2026 par grande rubrique

Crédits d’engagement, en milliards d’euros

Graphique interactif. Les données sont détaillées dans le tableau ci-dessous.

Données

Données du graphique « Le budget 2026 par grande rubrique »
Md€
Cohésion, résilience et valeurs71.6
Ressources naturelles et environnement56.5
Marché unique, innovation et numérique22.2
Voisinage et monde15.6
Administration13.3
Instruments spéciaux5.7
Migration et frontières5
Sécurité et défense2.8
D’où vient l’argent : les ressources propres (2024)
RessourcePart des recettesPrincipe
Ressource fondée sur le revenu national brut61,5 %Chaque État verse un même taux de son revenu national, corrigé par des rabais pour quelques pays : c’est elle qui équilibre le budget
Ressource TVA16,6 %Un faible taux appliqué à une assiette de TVA harmonisée
Droits de douane14,2 %Perçus aux frontières extérieures de l’Union ; les États en gardent 25 % pour frais de perception
Emballages plastiques non recyclés5,1 %0,80 € par kilo, versés par chaque État
Autres recettesle resteAmendes, contributions de pays tiers, excédents reportés

NextGenerationEU, la première grande dette commune

Décidé en juillet 2020 face à la crise du Covid-19, le plan de relance autorise la Commission à emprunter sur les marchés jusqu’à 806,9 Md€, en prix courants, pour financer des subventions et des prêts aux États. L’emprunt sera remboursé de 2028 à 2058. La France en reçoit 40,3 Md€ de subventions.

La France et l’Union

81eurodéputés élus en Francesur 720
28,8 Md€contribution prévue pour 2026projet de loi de finances
16,5 Md€reçus du budget européen en 2024dont 9,6 Md€ pour la politique agricole
−7,9 Md€solde net en 20242e contributeur net, après l’Allemagne

La France verse sa contribution par un prélèvement sur recettes, voté chaque année en loi de finances : la somme est retirée des recettes de l’État avant d’être répartie entre les ministères. Le projet de loi de finances pour 2026 la prévoyait à 28,8 Md€, en hausse de près d’un quart par rapport à 2025.

En retour, la France est le premier pays bénéficiaire du budget européen en volume, d’abord grâce à la politique agricole commune. Son solde net, l’écart entre ce qu’elle verse et ce qu’elle reçoit, était de −7,9 Md€ en 2024 selon le Sénat. C’est un indicateur discuté : il ne mesure ni les gains du marché intérieur, ni les dépenses qui profitent à plusieurs pays à la fois.

L’image de l’Union européenne chez les Français

Eurobaromètre standard 104, automne 2025, en % ; moyenne de l’Union : 42 % d’image positive

Graphique interactif. Les données sont détaillées dans le tableau ci-dessous.

Données

Données du graphique « L’image de l’Union européenne chez les Français »
France
Positive30
Neutre39
Négative30
Comment la France pèse-t-elle dans les décisions ?
Au Conseil, la France représente environ 15 % de la population de l’Union, ce qui compte dans le calcul de la majorité qualifiée. Au Conseil européen, elle est représentée par le Président de la République. Au Parlement européen, ses 81 élus siègent dans les groupes politiques de leur famille, et non en délégation nationale.
Comment une directive entre-t-elle dans le droit français ?
Le Gouvernement prépare sa transposition, par un projet de loi, une ordonnance ou un décret selon la matière. Le Conseil constitutionnel juge que transposer les directives est une exigence constitutionnelle, qui découle de l’article 88-1 de la Constitution. En cas de retard, la Commission peut saisir la Cour de justice de l’Union, qui peut infliger des sanctions financières.
Qui peut voter aux élections européennes en France ?
Les électeurs français, et les citoyens d’un autre pays de l’Union qui résident en France et se sont inscrits sur les listes électorales complémentaires. Un citoyen européen ne vote qu’une fois : dans son pays d’origine ou dans son pays de résidence.

L’euro et la BCE

21pays dans la zone euroBulgarie depuis le 1er janvier 2026
1999naissance de l’europièces et billets en 2002
2 %cible d’inflation de la BCEà moyen terme
2,50 %taux de la facilité de dépôtdécidé le 10 septembre 2026, applicable le 16

L’euro est la monnaie de 21 des 27 États membres. Sa politique monétaire est confiée à la Banque centrale européenne, indépendante des gouvernements : son objectif principal est la stabilité des prix, qu’elle traduit par une inflation de 2 % à moyen terme.

Pour l’atteindre, elle fixe ses taux directeurs : en les relevant, elle renchérit le crédit et freine l’inflation ; en les baissant, elle soutient l’activité.

La zone euro, pays par pays
Année d’entréePaysTotal
1999Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal11
2001Grèce12
2007Slovénie13
2008Chypre, Malte15
2009Slovaquie16
2011Estonie17
2014Lettonie18
2015Lituanie19
2023Croatie20
2026Bulgarie21
Que fait la BCE ?
Elle fixe les taux directeurs de la zone euro, autorise l’émission des billets en euros et supervise directement les grandes banques de la zone depuis 2014. Son conseil des gouverneurs réunit les six membres du directoire et les gouverneurs des 21 banques centrales nationales de l’euro.
Quelles règles pour les budgets nationaux ?
Le traité fixe deux valeurs de référence : un déficit public inférieur à 3 % du PIB et une dette publique inférieure à 60 %. Les règles réformées en 2024 donnent à chaque pays une trajectoire de dépenses sur quatre ans, prolongeable jusqu’à sept ans en échange de réformes et d’investissements. La France fait l’objet d’une procédure pour déficit excessif depuis 2024.
Avantages et limites de la monnaie unique
Plus de frais ni de risque de change entre les pays de la zone, des prix comparables d’un pays à l’autre, et une monnaie devenue la deuxième monnaie de réserve du monde après le dollar. En contrepartie, un pays ne peut plus dévaluer ni fixer ses propres taux : une même politique monétaire s’applique à des économies différentes.

La crise de la zone euro (2010-2013)

La Grèce, l’Irlande, le Portugal, puis l’Espagne pour ses banques et Chypre ont eu besoin d’une aide européenne. Les États ont créé le Mécanisme européen de stabilité en 2012 ; la même année, Mario Draghi, président de la BCE, déclare qu’elle fera « tout ce qu’il faudra » pour préserver l’euro, ce qui suffit à calmer les marchés.

Schengen et frontières

29pays dans l’espace Schengen
25États de l’Uniontous sauf Chypre et l’Irlande
4pays hors de l’UnionIslande, Liechtenstein, Norvège, Suisse
1995premiers contrôles levésaccord signé en 1985

L’espace Schengen supprime les contrôles des personnes aux frontières intérieures, en contrepartie d’une surveillance commune des frontières extérieures et d’une coopération entre polices. La Bulgarie et la Roumanie en sont membres de plein droit depuis le 1er janvier 2025. L’Irlande a choisi de rester dehors ; Chypre applique une partie des règles, mais n’a pas encore levé ses contrôles.

Schengen : qui est dedans, qui est dehors
SituationPaysParticularité
Dans l’Union et dans Schengen25 ÉtatsLa règle générale
Hors de l’Union, dans SchengenIslande, Liechtenstein, Norvège, SuisseDes accords d’association
Dans l’Union, hors SchengenIrlandeUne dérogation prévue par les traités
Dans l’Union, hors SchengenChypreContrôles maintenus aux frontières
Quand un pays peut-il rétablir les contrôles ?
Le code frontières Schengen permet de rétablir temporairement des contrôles en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure. Ces contrôles doivent rester l’exception, limités dans le temps et notifiés à la Commission et aux autres États. La France en maintient depuis 2015.
Frontex, c’est quoi ?
L’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, installée à Varsovie. Elle appuie les États aux frontières extérieures ; son règlement de 2019 prévoit un contingent permanent pouvant atteindre 10 000 agents d’ici 2027.
Le système d’information Schengen
Une base de données partagée par les polices et les services de contrôle des pays membres : personnes recherchées ou disparues, véhicules et documents volés. Un signalement émis dans un pays est visible dans tous les autres.

Des frontières intérieures ouvertes, sous conditions

Depuis 2015 (crise migratoire, attentats, puis Covid-19), plusieurs pays ont rétabli des contrôles temporaires à leurs frontières intérieures, dont la France. Le principe reste la libre circulation : les contrôles doivent être justifiés et limités dans le temps.

Élargissements

L’Union est passée de 6 à 28 membres, puis à 27 après le départ du Royaume-Uni. Adhérer demande l’accord unanime des États membres, l’approbation du Parlement européen et la ratification du traité d’adhésion par chacun des pays (article 49 du traité sur l’Union européenne).

Les étapes d’une adhésion
  1. Demande d’adhésionUn État européen qui respecte les valeurs de l’Union adresse sa candidature au Conseil.
  2. Statut de candidatAccordé à l’unanimité des États membres, après avis de la Commission.
  3. Ouverture des négociationsDécidée à l’unanimité, quand le pays remplit les conditions posées.
  4. Négociation chapitre par chapitreLa législation européenne est découpée en chapitres, regroupés en six ensembles depuis 2020 ; chaque ouverture et chaque clôture demande l’unanimité.
  5. Traité d’adhésionLe Conseil l’approuve à l’unanimité, après l’accord du Parlement européen à la majorité de ses membres ; les États et le candidat le signent.
  6. RatificationPar chaque État membre et par le candidat, selon leurs règles constitutionnelles, parfois par référendum.

Article 49 du traité sur l’Union européenne ; critères de Copenhague (1993).

Les pays candidats en septembre 2026
PaysCandidat depuisNégociationsOù en est-il ?
Monténégro2010Ouvertes en 2012Le plus avancé : 18 chapitres clos en juillet 2026
Albanie2014Ouvertes en 2022Premiers chapitres clos en juillet 2026
Serbie2012Ouvertes en 201422 chapitres ouverts, 2 clos
Macédoine du Nord2005Ouvertes en 2022Aucun ensemble de chapitres ouvert
Ukraine2022Ouvertes en 2024Premier ensemble de chapitres ouvert en juin 2026
Moldavie2022Ouvertes en 2024Premiers ensembles de chapitres ouverts en 2026
Bosnie-Herzégovine2022Ouverture décidée en 2024Première conférence pas encore tenue
Géorgie2023Non ouvertesProcessus à l’arrêt depuis 2024
Turquie1999Ouvertes en 2005À l’arrêt depuis 2018
KosovoCandidat potentielNon ouvertesDemande d’adhésion déposée en 2022
Les critères de Copenhague
Fixés en 1993 : des institutions stables garantissant la démocratie, l’État de droit, les droits de l’homme et la protection des minorités ; une économie de marché viable, capable de faire face à la concurrence ; et la capacité d’assumer les obligations de membre, c’est-à-dire de reprendre l’ensemble de la législation européenne.
Peut-on quitter l’Union ?
Oui, depuis le traité de Lisbonne (article 50 du traité sur l’Union européenne). L’État notifie sa décision ; un accord de retrait est négocié et, faute d’accord, les traités cessent de s’appliquer deux ans après la notification, sauf prolongation décidée à l’unanimité. Le Royaume-Uni est le seul pays à l’avoir fait : il est sorti le 31 janvier 2020.

S’élargir oblige l’Union à se réformer

Une Union de plus de trente membres rendrait l’unanimité encore plus difficile à obtenir et poserait la question du nombre de commissaires. Elle toucherait aussi le budget : les rubriques « cohésion » et « ressources naturelles » en représentent les deux tiers en 2026, et elles bénéficient d’abord aux régions et aux agricultures les moins riches.

Défis et critiques

L’Union fait l’objet de débats qui traversent tous les partis : sa légitimité démocratique, le partage de la souveraineté avec les États, sa compétitivité face aux États-Unis et à la Chine, sa défense, les migrations. Les critiques viennent de bords opposés, et ne demandent pas la même chose.

Quatre regards sur l’Union

  • Des décisions prises loin des électeurs, par une Commission non élue
  • La primauté du droit européen sur les lois nationales
  • Des normes jugées trop contraignantes, en agriculture ou en environnement
  • Le souhait de rendre des compétences aux États
Les grands chantiers
ChantierEnjeuDifficulté
DéfenseAssurer davantage sa propre sécuritéUnanimité, budgets nationaux, articulation avec l’OTAN
MigrationsContrôle des frontières, répartition de l’accueilDésaccords entre États ; pacte sur la migration et l’asile adopté en 2024
ClimatNeutralité en 2050Coût pour les ménages et pour l’industrie
CompétitivitéRattraper le retard d’investissementFinancement, règles de concurrence
ÉlargissementUkraine, Moldavie, Balkans occidentauxRéformes des candidats, budget, règles de vote
État de droitRespect des valeurs communes par chaque ÉtatSanctions lentes, unanimité requise pour les plus lourdes

L’État de droit, un conflit ouvert avec certains États

En 2017, la Commission a engagé contre la Pologne la procédure de l’article 7 du traité, qui peut aller jusqu’à suspendre les droits de vote d’un État ; elle l’a close en 2024 après des réformes de la justice. Le Parlement européen a engagé la même procédure contre la Hongrie en 2018, et le Conseil a gelé en 2022 une partie des fonds européens qui lui étaient destinés, au titre du mécanisme de conditionnalité.

L’Union dans le monde

15,8 %du commerce mondial en 2024premier bloc commercial, biens et services
452 Mhabitantsle troisième ensemble après l’Inde et la Chine
1 voixpour les 27 dans les accords commerciauxla Commission négocie en leur nom

L’Union est une puissance commerciale et normative plus qu’une puissance militaire. Parce que son marché intérieur est vaste, les entreprises du monde entier qui veulent y vendre appliquent ses règles : protection des données, sécurité des produits, normes environnementales. Les juristes parlent d’« effet Bruxelles ».

Sa politique étrangère, en revanche, se décide à l’unanimité des États, ce qui la rend plus lente.

Qui parle au nom de l’Union ?
Pour le commerce, la Commission négocie au nom des 27. Pour la politique étrangère, la haute représentante de l’Union, Kaja Kallas, qui est aussi vice-présidente de la Commission, s’appuie sur le service européen pour l’action extérieure et ses délégations dans le monde. Le président du Conseil européen représente l’Union auprès des chefs d’État et de gouvernement.
Les sanctions européennes
Gels d’avoirs, interdictions de voyager, restrictions commerciales : ces mesures restrictives sont adoptées à l’unanimité du Conseil. Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, l’Union a adopté plusieurs paquets successifs de sanctions contre la Russie.

Une union d’États, pas un État

L’Union est membre de l’Organisation mondiale du commerce aux côtés de ses États. Elle n’a en revanche ni siège au Conseil de sécurité des Nations unies, où la France est membre permanent en son nom propre, ni armée à elle.

Sources

Les chiffres de cette fiche ont été vérifiés le 11 septembre 2026 auprès des sources ci-dessous. Les articles cités renvoient aux versions consolidées du traité sur l’Union européenne (TUE) et du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE).

Sources

  • Traité sur l’Union européenne et traité sur le fonctionnement de l’Union européenne · versions consolidées publiées sur EUR-Lex
  • Eurostat · population de l’Union au 1er janvier 2026
  • Banque centrale européenne · pays de la zone euro, taux directeurs
  • Commission européenne · espace Schengen, cadre financier 2021-2027, NextGenerationEU, élargissement
  • Conseil de l’Union européenne · budget 2026, négociations d’adhésion, commerce mondial
  • Parlement européen et son service de recherche · répartition des sièges 2024-2029, bilan de la procédure législative 2019-2024, ressources propres
  • Sénat · rapport sur le prélèvement sur recettes au profit de l’Union, projet de loi de finances pour 2026
  • Eurobaromètre standard 104 · automne 2025
  • Représentation de la Commission européenne en France · part des lois françaises d’origine européenne

Testez vos connaissances

Dix questions pour vérifier ce que vous avez retenu de la fiche, des institutions à l’espace Schengen. Choisissez une réponse, validez : l’explication s’affiche aussitôt.

Zone euro

Très facile
Combien de pays de l’Union utilisent l’euro en 2026 ?

Élection du Parlement

Très facile
Qui élit les députés du Parlement européen ?

Deux conseils à ne pas confondre

Facile
Quelle institution réunit les ministres des 27 États pour voter les lois avec le Parlement européen ?

Initiative des lois

Facile
Qui peut proposer une loi européenne ?

Majorité qualifiée

Moyen
Au Conseil, une décision prise à la majorité qualifiée doit réunir…

Directive

Moyen
Que doit faire la France d’une directive européenne ?

Origine des lois

Facile
Selon les travaux de l’Institut Jacques Delors, quelle part des textes français est d’origine européenne ?

Compétences

Moyen
L’environnement est une compétence…

Budget

Moyen
Quelle est la principale source de recettes du budget de l’Union ?

Espace Schengen

Facile
Lequel de ces pays fait partie de l’espace Schengen sans être membre de l’Union ?

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