Ce qu'il faut retenir
- Député européen · Parlement européen, France.
- Rattaché au parti Patriotes pour l'Europe (PfE), groupe PFE.
- 2 254 votes exprimés au cours du mandat.
- Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.
Biographie
Thierry Constant Mariani naît le 8 août 1958 à Orange, dans le Vaucluse. Fils unique d'un maçon et d'une ouvrière de cartonnage, il est issu d'une famille originaire des Abruzzes, en Italie, installée en France pour fuir le régime de Mussolini. Il grandit à Valréas, dans le Vaucluse. Marié depuis 2005 à Irina Chaikhoullina, ressortissante russe naturalisée française en 2011, il est père de deux enfants : une fille née en 1995, issue d'une précédente union, et un fils né en 2009.
Formation et jeunesse
En 1969, Thierry Mariani entre au petit séminaire d'Avignon, puis intègre en 1973 le lycée militaire d'Aix-en-Provence, où il étudie le russe. Il obtient ensuite un diplôme de droit international à l'Institut libre d'étude des relations internationales (ILERI). Sportif, il devient à 19 ans vice-champion de France de lutte gréco-romaine.
Maire de Valréas et élu local dans le Vaucluse
Thierry Mariani entame sa carrière politique au sein du RPR, qu'il rejoint en 1976 après un passage par l'UDR. Il est élu conseiller général de Vaucluse le 5 octobre 1988, mandat qu'il exerce jusqu'au 18 mars 2001, occupant à deux reprises une vice-présidence de l'assemblée départementale (1988-1994 puis 1994-1998). Le 19 mars 1989, il est élu maire de Valréas, succédant à Jean Duffard ; il est réélu en 1995 et 2001 et exerce ce mandat jusqu'en mars 2005, année où il démissionne, laissant la mairie à Nadège Savajols. Son mandat municipal est marqué par la construction d'une mosquée de style provençal dépourvue de minaret, mais aussi par la fermeture de l'ensemble des entreprises de cartonnage qui constituaient l'industrie locale, portant le taux de chômage à environ 20 % des actifs et laissant une dette municipale importante.
Il siège par ailleurs au conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur à plusieurs reprises non consécutives : du 23 mars 1992 au 17 avril 1993 sous étiquette RPR, du 28 mars 1994 au 18 mars 2001, du 28 mars 2004 au 13 décembre 2015, puis, sous étiquette Rassemblement national, du 2 juillet 2021 au 12 juillet 2024. Il préside par ailleurs pendant vingt ans le festival lyrique des Chorégies d'Orange.
Député de Vaucluse et figure de la Droite populaire
Le 28 mars 1993, Thierry Mariani est élu député de la 4e circonscription du Vaucluse. Il est réélu en 1997, 2002 et 2007, et siège à l'Assemblée nationale jusqu'au 14 décembre 2010, sous les étiquettes RPR (1993-2002) puis UMP (2002-2010). Rapporteur du projet de loi sur l'immigration de 2010, il devient l'une des figures de la Droite populaire, courant interne à l'UMP prônant la fermeté sur les questions de sécurité et d'immigration. Il dépose ou soutient plusieurs textes marquants durant cette période : un amendement de mai 2001 autorisant la saisie de matériel lors des free parties, une proposition de loi de janvier 2002 sur la reconnaissance des souffrances des citoyens français d'Algérie, des amendements sur l'immigration et les tests ADN pour le regroupement familial en 2007, et des amendements sur la déchéance de nationalité française en 2010. Il vote en faveur du traité de Lisbonne en 2008, avant de s'en distancer par la suite, et s'abstient sur le pacte budgétaire européen en octobre 2012.
Secrétaire d'État puis ministre des Transports
Le 14 novembre 2010, Thierry Mariani est nommé secrétaire d'État chargé des Transports dans le gouvernement Fillon III, sous l'autorité de la ministre de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, succédant à Dominique Bussereau. Le 29 juin 2011, il est promu ministre chargé des Transports, fonction qu'il occupe jusqu'au 10 mai 2012, avant de céder la place à Frédéric Cuvillier au changement de majorité.
Député des Français établis hors de France
Élu le 17 juin 2012 avec 52,2 % des suffrages, Thierry Mariani devient député de la 11e circonscription des Français établis hors de France, mandat qu'il exerce du 20 juin 2012 au 20 juin 2017, sous l'étiquette UMP, avant de céder son siège à Anne Genetet. Il occupe dans le même temps des responsabilités partisanes : vice-président de l'UMP du 3 février 2013 au 15 juin 2014, puis secrétaire national du parti chargé des Français de l'étranger, nommé à ce poste par Nicolas Sarkozy en décembre 2014. Il soutient François Fillon lors de la primaire de la droite de 2016.
Rapprochement puis adhésion au Rassemblement national
Après avoir quitté l'UMP, devenue Les Républicains, pour siéger au sein de cette formation de 2015 à 2019, Thierry Mariani engage un rapprochement progressif avec le Front national, rebaptisé Rassemblement national. En 2002 déjà, il avait décliné une invitation de Marine Le Pen à rejoindre le FN. En mars 2018, il plaide publiquement pour l'ouverture de discussions entre le FN et Les Républicains, estimant que le programme du parti d'extrême droite se rapproche de celui du RPR de 1992. Sa proximité avec des figures comme Pierre-Marie Guastavino, issu du Club de l'Horloge, et son hommage à Dominique Venner après le suicide de ce dernier en 2013, s'inscrivent dans cette trajectoire. En octobre 2018, il signe une pétition de soutien à des militants de Génération identitaire. Il adhère officiellement au Rassemblement national en 2022.
Député européen depuis 2019
Thierry Mariani est élu député européen le 26 mai 2019 et entre en fonction le 2 juillet 2019, au sein du groupe Identité et Démocratie, pour la circonscription unique France. Réélu le 9 juin 2024, il siège depuis lors dans le groupe Patriotes pour l'Europe. Membre de la commission des affaires étrangères du Parlement européen durant la 9e législature, il en est écarté en 2024 sur décision de Jordan Bardella, en raison de ses positions sur la guerre en Ukraine. Il préside par ailleurs les groupes d'amitié parlementaire France-Russie, France-Ukraine et France-Kazakhstan, et occupe des vice-présidences des groupes France-Turkménistan et France-Azerbaïdjan ; il est également le fondateur de l'"Observatoire Eurasie Nouveaux Horizons".
Réseaux internationaux et controverses
La carrière européenne de Thierry Mariani est marquée par des liens réguliers avec plusieurs régimes contestés. À partir de 2012, il copréside l'association Dialogue franco-russe, hébergée par la compagnie ferroviaire russe RZD, et siège de 2015 à 2018 au comité d'éthique de la chaîne RT France. En juillet 2015, il organise un voyage d'une délégation de dix parlementaires en Crimée, à la suite duquel les participants se voient interdire l'entrée en Ukraine pour une durée de trois ans ; plusieurs de ces déplacements en Crimée et dans le Donbass sont financés par la Russie. En 2019, il rencontre Vladimir Poutine à l'occasion du cinquième anniversaire de l'annexion de la Crimée. En juin 2021, il fait l'objet de deux enquêtes préliminaires pour corruption, abus de confiance, blanchiment et trafic d'influence, classées sans suite en 2024, les investigations n'ayant pas permis de caractériser les infractions soupçonnées ; la même année, il est inscrit sur une liste noire du Parlement européen lui interdisant de participer à des missions d'observation électorale. En décembre 2022, il intervient en duplex sur RT France pour critiquer les sanctions européennes contre la Russie, et est mentionné en juin 2023 en lien avec la campagne de désinformation russe dite "Doppelgänger".
Entre novembre 2015 et août 2019, Thierry Mariani effectue six voyages en Syrie pour y rencontrer le président Bachar el-Assad ainsi que le grand mufti de Syrie. Il salue la victoire du régime lors de la bataille d'Alep en décembre 2016 et met en doute, à plusieurs reprises, la responsabilité du régime syrien dans les attaques chimiques de Khan Cheïkoun et de Douma. En 2020, il appelle en séance plénière du Parlement européen à soutenir Bachar el-Assad pour "ramener la paix" en Syrie ; en août 2021, il se rend de nouveau auprès du président syrien, notamment à proximité de la prison de Saidnaya, connue pour la pratique de la torture.
Membre du conseil d'administration de l'Association des Amis de l'Azerbaïdjan, il soutient publiquement l'Azerbaïdjan dans son conflit avec l'Arménie en 2015 et appelle en 2020 au rattachement du Haut-Karabakh à l'Azerbaïdjan. En octobre 2019, il se rend au Cachemire aux côtés d'autres parlementaires français d'extrême droite et exprime son soutien à la politique du premier ministre indien Narendra Modi. En 2004, il participe à une cérémonie au Royal Monceau consacrée à un projet d'investissement agricole chinois, en présence du général Liu Yi.
Retour aux urnes locales et nationales
Tête de liste du Rassemblement national aux élections régionales de 2021 en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Thierry Mariani arrive en tête au premier tour avec 36,4 % des suffrages, mais est devancé au second tour, le 27 juin, par le président sortant Renaud Muselier, avec 42,7 % des voix. Sa candidature est alors entachée d'une accusation, relayée par Le Canard enchaîné, de fausse adresse électorale. Il se présente en 2025 dans la 2e circonscription de Paris aux élections législatives, sous étiquette RN-LDP-UDR, et est éliminé dès le premier tour avec 7,33 % des suffrages. Il annonce en mai 2023 sa candidature aux élections municipales de 2026 à Paris, sous la même bannière ; sa campagne, axée sur le doublement et l'armement de la police municipale, la propreté et l'instauration d'un uniforme scolaire, est concurrencée par celle de Sarah Knafo pour Reconquête, ce qui limite son score à environ 5 %.
Positionnement politique
Thierry Mariani incarne une droite sécuritaire et identitaire, marquée par la fermeté sur l'immigration, dont la trajectoire l'a conduit du RPR gaulliste au Rassemblement national. Son parcours européen l'a également fait connaître pour ses positions favorables aux régimes russe et syrien et sa défense récurrente de ces gouvernements au sein des instances européennes, ce qui lui a valu d'être écarté de la commission des affaires étrangères du Parlement européen par sa propre famille politique en 2024.
Chronologie
- 1958 - Naissance à Orange (Vaucluse), le 8 août
- 1973 - Entrée au lycée militaire d'Aix-en-Provence
- 1976 - Adhésion à l'UDR puis au RPR
- 1988 - Élection comme conseiller général de Vaucluse
- 1989 - Élection comme maire de Valréas
- 1992 - Premier mandat de conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur
- 1993 - Élection comme député de la 4e circonscription du Vaucluse
- 2002 - Refuse une proposition de Marine Le Pen de rejoindre le Front national ; adhésion à l'UMP
- 2005 - Mariage avec Irina Chaikhoullina ; démission de la mairie de Valréas
- 2009 - Naissance de son fils
- 2010 - Fin de son mandat de député du Vaucluse ; nomination comme secrétaire d'État chargé des Transports, le 14 novembre
- 2011 - Promotion au poste de ministre chargé des Transports, le 29 juin
- 2012 - Élection comme député des Français établis hors de France, le 17 juin
- 2013 - Vice-président de l'UMP
- 2014 - Secrétaire national de l'UMP chargé des Français de l'étranger
- 2015 - Rejoint Les Républicains ; coprésidence de l'association Dialogue franco-russe ; organisation d'un voyage parlementaire en Crimée
- 2017 - Fin de son mandat de député des Français établis hors de France
- 2018 - Plaide pour un rapprochement entre le FN et Les Républicains ; signature d'une pétition de soutien à Génération identitaire
- 2019 - Élection au Parlement européen, le 26 mai ; entrée en fonction le 2 juillet, groupe Identité et Démocratie ; rencontre avec Vladimir Poutine
- 2021 - Deux enquêtes préliminaires pour corruption, classées sans suite en 2024 ; inscription sur liste noire du Parlement européen ; défaite aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur
- 2022 - Adhésion officielle au Rassemblement national
- 2023 - Annonce de sa candidature aux municipales de 2026 à Paris
- 2024 - Réélection au Parlement européen le 9 juin, groupe Patriotes pour l'Europe ; écarté de la commission des affaires étrangères par Jordan Bardella
- 2025 - Candidature battue aux élections législatives dans la 2e circonscription de Paris
Mandats et responsabilités
En cours
- depuis 2019Député européenPFE
Mandats passés
- 2012 – 1899DéputéFrançais établis hors de France (11e circ.)
- 2012 – 2017Député14ᵉ législature
- 2007 – 2012Député13ᵉ législature
- 2002 – 2007Député12ᵉ législature
Mandats sans date connue
- Député11ᵉ législature
- Député10ᵉ législature
Commissions et responsabilités
Les commissions de cet élu ne sont pas encore recensées dans notre base.
Activité parlementaire
Sens des votes
- Pour 88539 %
- Abstention 37817 %
- Contre 99144 %
Scrutins : 927 adoptés, 51 rejetés.
Patrimoine et intérêts
Déclarations publiques à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
2 déclarations à la HATVP · 1 compte de campagne (CNCCFP). Patrimoine, intérêts et activités déclarés, sourcés depuis la HATVP.
Votes et positions récentes
Aucun vote nominatif disponible pour le moment.
Affinité de vote
Comparez les votes de Thierry MARIANI avec un autre député : taux d'accord, votes identiques et oppositions sur les scrutins communs.
