
Gouvernement
Roland Lescure
Ministre de l'Économie
Ce qu'il faut retenir
- Ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique · Gouvernement.
- Rattaché au parti Renaissance.
- 280 votes exprimés au cours du mandat.
- Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.
Biographie
Roland Lescure, né le 26 novembre 1966 à Paris, dans le 11e arrondissement, est un haut fonctionnaire, gestionnaire de fonds d'investissement et homme politique franco-canadien, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique depuis le 12 octobre 2025. Petit-fils de l'écrivain et éditeur Pierre de Lescure et fils du journaliste et ancien résistant communiste François Lescure, il est également le demi-frère du journaliste et producteur de télévision Pierre Lescure. Il grandit à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Marié depuis le début des années 1990 à une Irlandaise rencontrée alors qu'elle travaillait à la Commission européenne, il est père de trois enfants et a longtemps résidé au Canada, où il a mené l'essentiel de sa carrière professionnelle avant son entrée en politique.
Formation
Roland Lescure intègre l'École polytechnique dans la promotion 1987, dont il sort diplômé en 1990 et par laquelle il accède au corps des administrateurs de l'Insee. Il complète cette formation par un diplôme de l'École nationale de la statistique et de l'administration économique (Ensae) obtenu en 1992, puis par une maîtrise d'économie à la London School of Economics.
Une carrière de gestionnaire, en France puis au Canada
De retour en France après ses études, Roland Lescure débute sa carrière au ministère de l'Économie et des Finances, où il participe aux travaux préparatoires à la création de l'euro, avant de passer par l'Institut national de la statistique et des études économiques puis par la Caisse des dépôts et consignations. Il rejoint ensuite le secteur de la gestion d'actifs : directeur général délégué de Natixis Asset Management en 2005, puis directeur général adjoint et directeur des gestions de Groupama Asset Management à partir de 2006.
En 2009, Roland Lescure s'installe au Canada pour devenir premier vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), l'un des plus grands fonds de pension et d'investissement institutionnels d'Amérique du Nord, poste qu'il occupe jusqu'en avril 2017. Il y supervise environ 80% de l'activité du fonds, pour une rémunération annuelle avoisinant le million d'euros, et conduit une politique d'internationalisation et de diversification des placements du fonds québécois, qui se traduit notamment par un doublement de ses investissements logés dans des juridictions à fiscalité avantageuse. Sur les sept années complètes qu'il passe à ce poste, six se soldent par des rendements supérieurs aux indices de référence du fonds. Il soutient dès l'origine le projet du Réseau express métropolitain, le système de transport automatisé de la région de Montréal porté par la CDPQ.
De la primaire de Dominique Strauss-Kahn à Emmanuel Macron
L'engagement politique de Roland Lescure est ancien mais longtemps discret. Il adhère brièvement au Parti socialiste en 2006 pour soutenir la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la primaire, se définissant alors comme un homme de centre-gauche pragmatique. Sa rencontre avec Emmanuel Macron, alors secrétaire général adjoint de l'Élysée, remonte à 2012, et Roland Lescure devient, depuis le Canada, l'un des tout premiers contributeurs financiers de sa campagne présidentielle de 2017. Il explique son adhésion à La République en marche par le choc du référendum britannique sur le Brexit, qui acte selon lui l'urgence d'une refondation du projet européen.
Député des Français d'Amérique du Nord (2017-2022)
Roland Lescure se présente sous l'étiquette de La République en marche aux élections législatives de juin 2017 dans la première circonscription des Français établis hors de France, qui couvre le Canada et les États-Unis. Il arrive en tête du premier tour avec 57,53% des suffrages exprimés, dans une circonscription marquée par une abstention de 81,36%, avant de l'emporter au second tour avec 79,25% des voix face au candidat Les Républicains Frédéric Lefebvre. Il siège à l'Assemblée nationale du 21 juin 2017 au 4 août 2022 et est réélu dès le premier tour des législatives du 19 juin 2022.
Dès le 29 juin 2017, il est élu président de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, fonction qu'il occupe jusqu'à la fin de la législature, reconduit dès le premier tour en juillet 2019. En septembre 2018, il apporte son soutien à Richard Ferrand pour la présidence de l'Assemblée nationale, mais échoue lui-même à se faire élire à la présidence du groupe La République en marche, recueillant 106 voix contre 157 à Gilles Le Gendre.
Sa contribution législative la plus marquante de cette période est le rapport général qu'il consacre au projet de loi relatif à la croissance et la transformation des entreprises, dit loi Pacte, promulguée en mai 2019. Il y travaille notamment le dossier sensible de la privatisation d'Aéroports de Paris, l'association Anticor relevant à ce sujet un possible conflit d'intérêts compte tenu des participations que son ancien employeur, la CDPQ, détenait dans des opérations liées à ADP et à Engie. La loi Pacte porte, entre autres mesures dont il est l'un des artisans, l'extension de l'intéressement et de la participation dans les entreprises, la suppression du forfait social pour les PME, le relèvement des seuils sociaux, plusieurs mesures de simplification de la création d'entreprise, l'élargissement de l'objet social des sociétés à une dimension environnementale et sociale, la simplification de l'épargne retraite et le renforcement de la présence d'administrateurs salariés dans les conseils d'administration.
En mai 2019, il est co-rapporteur d'une mission parlementaire d'évaluation du coût économique du mouvement des Gilets jaunes. À la fin de l'année 2019, dans le débat public sur l'immigration, il plaide pour une approche fondée sur l'intégration économique, juge la politique de quotas "une fausse bonne idée", se prononce en faveur de la légalisation du cannabis et se dit partisan de la production de statistiques ethniques. Désigné en 2019 parmi les neuf "ambassadeurs" de La République en marche pour la campagne des élections européennes, il pilote en 2021, avec le député Alexandre Holroyd, un groupe de travail consacré à l'économie, et anime un groupe de "relais avec la société civile" en amont de la campagne présidentielle de 2022. Cette activité de fond, doublée d'un positionnement assumé sur l'aile gauche de la macronie, en fait l'un des parlementaires les plus reconnus de la majorité sur les questions économiques.
Ministre délégué chargé de l'Industrie, puis de l'Industrie et de l'Énergie
Le 4 juillet 2022, Roland Lescure est nommé ministre délégué chargé de l'Industrie auprès du ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire, dans le gouvernement d'Élisabeth Borne. Il se voit confier à partir de novembre 2022 le pilotage de la décarbonation des cinquante sites industriels les plus polluants du pays. Son mandat est également marqué par une série d'interventions ponctuelles auprès d'entreprises industrielles en difficulté : visites de soutien chez Arc et Duralex, prêt exceptionnel de 15 millions d'euros à Aluminium Dunkerque, aide de 25 millions d'euros à Carelide, à Mouvaux, dans le cadre de sa reprise par le groupe Aguettant et du maintien de 450 emplois, ou encore mobilisation, dans le dossier Buitoni de Caudry, pour que Nestlé s'engage à trouver un repreneur industriel. Sur l'immigration économique, il défend la nécessité pour l'industrie de disposer de main-d'œuvre qualifiée, tout en écartant l'idée d'une "ouverture des grandes vannes" migratoires. Le 8 février 2024, à la faveur du remaniement formant le gouvernement de Gabriel Attal, son portefeuille est élargi à l'Énergie.
Un retour éphémère à l'Assemblée nationale
Réélu député dès le premier tour des élections législatives anticipées du 7 juillet 2024, avec 54,25% des suffrages, Roland Lescure quitte le gouvernement pour retrouver l'hémicycle. Il est élu cinquième vice-président de l'Assemblée nationale le 19 juillet 2024, fonction dans laquelle il se fait remarquer par un style mêlant humour et fermeté pour apaiser des débats souvent tendus, jusqu'au 1er octobre 2025. Il critique publiquement, durant cette période, la proposition de Gérald Darmanin de céder des participations de l'État pour financer le budget. Non reconduit à la vice-présidence de l'Assemblée à l'occasion du renouvellement du 1er octobre 2025, il se retire lui-même de sa candidature au profit d'alliés du socle commun.
Retour à Bercy comme ministre de l'Économie
Le 5 octobre 2025, Roland Lescure est nommé ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et énergétique dans le gouvernement Lecornu I. Ce gouvernement démissionne dès le lendemain, 6 octobre, avant même d'avoir siégé en conseil des ministres. Roland Lescure fait partie des rares ministres reconduits à l'identique dans le gouvernement Lecornu II, formé le 12 octobre 2025, son portefeuille s'élargissant alors à la souveraineté numérique.
Positionnement politique et publications
Se revendiquant de l'aile gauche de la macronie, Roland Lescure défend une conception de l'économie de marché tempérée par une exigence de justice sociale et de transition écologique, dans la continuité de son travail parlementaire sur la loi Pacte. Il a publié en 2021 un ouvrage, "Nos totems et nos tabous : dépassons-les !", dans lequel il passe en revue plusieurs postures idéologiques françaises qu'il juge stériles pour appeler à un débat économique plus pragmatique ; il est également l'auteur, plus tôt dans sa carrière, de plusieurs études économiques consacrées au chômage d'inadéquation et à l'évaluation du coût de la pollution atmosphérique.
Chronologie
- 1966 - Naissance à Paris, le 26 novembre
- 1987 - Entrée à l'École polytechnique
- 1990 - Diplômé de l'École polytechnique, intégration au corps des administrateurs de l'Insee
- 1992 - Diplômé de l'Ensae
- 2005 - Directeur général délégué de Natixis Asset Management
- 2006 - Adhésion brève au Parti socialiste pour soutenir Dominique Strauss-Kahn ; directeur général adjoint de Groupama Asset Management
- 2009 - Premier vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec
- 2012 - Rencontre avec Emmanuel Macron
- 2017 - Premier contributeur financier de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron ; quitte la CDPQ en avril ; élu député de la 1re circonscription des Français d'Amérique du Nord, le 18 juin ; président de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, le 29 juin
- 2019 - Rapporteur général de la loi Pacte, promulguée en mai ; co-rapporteur de la mission d'évaluation du coût des Gilets jaunes
- 2021 - Publication de "Nos totems et nos tabous : dépassons-les !" ; pilotage d'un groupe de travail sur l'économie avec Alexandre Holroyd
- 2022 - Réélu député, le 19 juin ; ministre délégué chargé de l'Industrie, le 4 juillet
- 2024 - Portefeuille élargi à l'Énergie, le 8 février ; réélu député, le 7 juillet ; cinquième vice-président de l'Assemblée nationale, le 19 juillet
- 2025 - Fin de la vice-présidence de l'Assemblée nationale, le 1er octobre ; ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et énergétique dans le gouvernement Lecornu I, le 5 octobre ; reconduit dans le gouvernement Lecornu II avec la Souveraineté numérique en plus, le 12 octobre
Mandats et responsabilités
En cours
- depuis 2022Ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique
- RenaissancePartiLe parti
Mandats passés
- jusqu'en 2024Président
- 2017Député15ᵉ législature
Commissions et responsabilités
Les commissions de cet élu ne sont pas encore recensées dans notre base.
Activité parlementaire
Sens des votes
- Pour 13749 %
- Abstention 41 %
- Contre 13950 %
Scrutins : 521 adoptés, 1 064 rejetés.
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Documents
Rapport · 28 mai 2025 · Auteur
Patrimoine et intérêts
Déclarations publiques à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
3 déclarations à la HATVP · 2 comptes de campagne (CNCCFP). Patrimoine, intérêts et activités déclarés, sourcés depuis la HATVP.
Votes et positions récentes
6 scrutins
- 12/11/25l'amendement n° 716 de Mme Runel à l'article 49 (examen prioritaire) du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture).AdoptéN'A PAS
- 12/11/25le sous-amendement n° 2719 du Gouvernement à l'amendement n° 716 de Mme Runel à l'article 49 (examen prioritaire) du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture).AdoptéN'A PAS
- 12/11/25l'amendement de suppression n° 712 de Mme Runel et l'amendement identique suivant à l'article 49 (examen prioritaire) du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture).RejetéN'A PAS
- 12/11/25l'article 42 (examen prioritaire) du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture).AdoptéN'A PAS
- 12/11/25l'amendement n° 999 de Mme Ranc à l'article 42 (examen prioritaire) du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture).RejetéN'A PAS
- 12/11/25l'amendement n° 697 de Mme Thiébault-Martinez et l'amendement identique suivant à l'article 42 (examen prioritaire) du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture).RejetéN'A PAS
Affinité de vote
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