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Comprendre l’immigration

Qui vit en France, qui arrive, d’où et pourquoi, et ce que dit la loi

Mis à jour le 12 septembre 2026 · 30 min · Intermédiaire

L’essentiel

En 2025, la France comptait 7 970 000 immigrés, soit 11,6 % de sa population, selon l’INSEE : des personnes nées étrangères à l’étranger et vivant en France, dont un tiers sont devenues françaises. Elle comptait aussi 6 297 000 étrangers, dont près d’un million nés en France.

Chaque année s’y ajoutent de nouvelles arrivées : 377 462 premiers titres de séjour ont été délivrés en 2025, et 145 270 demandes d’asile déposées. Les cartes de cette fiche montrent d’où viennent ces personnes, et pourquoi.

7 970 000immigrés vivant en France en 202511,6 % de la population
6 297 000étrangers en 20259,1 % de la population
377 462premiers titres de séjour délivrés en 2025chiffre provisoire
145 270demandes d’asile déposées à l’Ofpra en 202541,2 % de protection

Le stock et le flux

On distingue le stock, les immigrés qui vivent en France, du flux, les personnes qui arrivent chaque année : 313 000 immigrés sont arrivés en 2024, selon l’INSEE. Les titres de séjour et les demandes d’asile mesurent encore autre chose : un titre peut être délivré à une personne déjà présente, et un citoyen de l’Union européenne n’en a pas besoin.

Des estimations provisoires

Les chiffres de l’INSEE pour 2024 et 2025 sont provisoires, et l’Institut signale une rupture de série en 2024, liée à la nouvelle collecte du recensement : ils ne se comparent pas directement à ceux des années précédentes.

Immigré, étranger, Français

Les mots se confondent souvent. Un immigré est né étranger à l’étranger ; il le reste toute sa vie, même s’il devient français. Un étranger n’a pas la nationalité française, qu’il soit né à l’étranger ou en France. Un descendant d’immigrés est né en France d’au moins un parent immigré : il n’est pas lui-même immigré.

Immigré, étranger : qui est qui

Un immigré n’est pas forcément étranger, et un étranger n’est pas forcément immigré. En 2025, 33 % des immigrés étaient devenus français, et près d’un million d’étrangers étaient nés en France.

Les immigrés : 7 970 000, soit 11,6 % de la populationLes étrangers : 6 297 000, soit 9,1 % de la population
  • Immigrés devenus français2 625 000
  • Immigrés de nationalité étrangère5 345 000
  • Étrangers nés en France953 000
  • ImmigréUne personne née étrangère à l’étranger et résidant en France. La qualité d’immigré est permanente : elle demeure même si la personne devient française.
  • ÉtrangerUne personne qui réside en France et ne possède pas la nationalité française, qu’elle ait une autre nationalité ou aucune.
  • Descendant d’immigrésUne personne née en France dont au moins un parent est immigré. Elle n’est pas elle-même immigrée.

Estimations de population provisoires pour 2025. L’INSEE signale une rupture de série en 2024 : ces chiffres ne se comparent pas à ceux des années précédentes. Les 7,5 millions de descendants d’immigrés, mesurés en 2019-2020 en France métropolitaine, ne s’ajoutent pas à ce décompte.

Sources : INSEE, « L’essentiel sur les immigrés et les étrangers » (25 juin 2026), décomposition de la population en 2025 ; définitions de l’INSEE, reprenant celle du Haut Conseil à l’intégration pour les immigrés.

Le droit du sol
Un enfant né en France de parents étrangers devient français de plein droit à 18 ans s’il réside en France et y a résidé au moins cinq ans depuis l’âge de 11 ans. Il peut le devenir plus tôt par déclaration : dès 13 ans à la demande de ses parents, avec cinq ans de résidence depuis l’âge de 8 ans, ou dès 16 ans à sa propre demande. Un enfant né en France d’un parent étranger lui-même né en France est français de naissance.
La naturalisation
Elle est accordée par décret, sans être un droit. Il faut en principe être majeur, résider en France depuis cinq ans avec un titre de séjour, être inséré professionnellement et justifier de son assimilation par un examen civique et un entretien. Depuis le 1er janvier 2026, le niveau de français exigé est le B2, à l’oral comme à l’écrit.
Le mariage avec un Français
Le conjoint étranger d’un Français peut demander la nationalité par déclaration après quatre ans de mariage, ou cinq ans s’il ne justifie pas de trois ans de résidence continue en France, à condition que la communauté de vie n’ait pas cessé.
Le cas de Mayotte
La loi du 12 mai 2025 y restreint le droit du sol : un enfant né à Mayotte ne peut devenir français à ce titre que si ses deux parents y résidaient régulièrement depuis plus d’un an à sa naissance. Le Conseil constitutionnel l’a jugée conforme, avec une réserve, le 7 mai 2025.
98 139acquisitions de la nationalité française en 2025103 661 en 2024
42 246par décret de naturalisationen baisse de 13,5 %
53 912par déclarationdont 17 579 par mariage
33 %des immigrés sont devenus français2 625 000 personnes en 2025

D’où viennent les immigrés

C’est le pays de naissance, et non la nationalité, qui définit l’origine d’un immigré. Près d’un sur deux est né en Afrique, surtout au Maghreb ; trois sur dix sont nés en Europe, en premier lieu au Portugal, en Italie et en Espagne. La carte relie chaque pays de naissance à la France, en proportion du nombre d’immigrés qui y sont nés.

Où sont nés les immigrés qui vivent en France

Près d’un immigré sur deux est né en Afrique (49,2 %), trois sur dix en Europe (30,3 %). Les trois pays du Maghreb et le Portugal réunissent plus d’un tiers des immigrés.

Les treize premiers pays de naissance, en 2025
  1. 1Algérie12,6 % des immigrés
  2. 2Maroc11,7 % des immigrés
  3. 3Portugal7,2 % des immigrés
  4. 4Tunisie4,9 % des immigrés
  5. 5Italie3,5 % des immigrés
  6. 6Turquie3,5 % des immigrés
  7. 7Espagne3,0 % des immigrés
  8. 8Côte d’Ivoire2,2 % des immigrés
  9. 9Comores2,1 % des immigrés
  10. 10Sénégal2,0 % des immigrés
  11. 11Royaume-Uni1,9 % des immigrés
  12. 12Roumanie1,8 % des immigrés
  13. 13Belgique1,8 % des immigrés

Chaque arc relie un pays de naissance à la France ; son épaisseur est proportionnelle à la part des immigrés vivant en France en 2025 qui y sont nés. Ce n’est pas un flux annuel, et les tracés partent du centre de chaque pays sans figurer un trajet. Les Comores, trop petites pour le fond de carte, ne sont figurées que par leur point de départ. Estimations provisoires.

Sources : INSEE, « L’essentiel sur les immigrés et les étrangers » (25 juin 2026), répartition des immigrés par pays et continent de naissance en 2025 ; fond de carte Natural Earth.

49,2 %des immigrés sont nés en Afrique3 923 000 personnes
30,3 %sont nés en Europe2 414 000 personnes
14,3 %sont nés en AsieTurquie comprise
6,2 %sont nés en Amérique ou en Océanie492 000 personnes

Des arrivants souvent diplômés

En 2024, 313 000 immigrés sont arrivés en France. Parmi ceux âgés de 25 ans ou plus, 51 % étaient diplômés du supérieur, contre 34 % pour l’ensemble de la population, selon l’INSEE.

Les titres de séjour

Pour séjourner plus de trois mois, un ressortissant d’un pays extérieur à l’Union européenne doit détenir un titre de séjour. Il est délivré pour un motif : études, famille, travail, protection humanitaire. En 2025, les études en ont été le premier motif, devant la famille et la protection humanitaire.

Les premiers titres de séjour de 2025

En 2025, la France a délivré 377 462 premiers titres de séjour, 9,2 % de plus qu’en 2024. Les études en sont le premier motif, devant la famille et la protection humanitaire ; le travail n’en représente qu’un peu plus d’un sur huit.

Les dix nationalités qui en ont reçu le plus
  1. 1Maroc35 585 titres
  2. 2Algérie28 531 titres
  3. 3Tunisie20 598 titres
  4. 4Afghanistan17 531 titres
  5. 5Chine15 899 titres
  6. 6États-Unis15 388 titres
  7. 7Côte d’Ivoire14 698 titres
  8. 8Ukraine12 330 titres
  9. 9Guinée10 921 titres
  10. 10Cameroun10 784 titres
Tous les premiers titres de 2025, par motif
  • Études31,0 %, 116 835 titres
  • Famille24,1 %, 90 959 titres
  • Protection humanitaire23,3 %, 88 001 titres
  • Travail13,5 %, 50 848 titres
  • Autres motifs8,2 %, 30 819 titres

Premiers titres de séjour délivrés en 2025 à des ressortissants de pays tiers, Britanniques compris ; les citoyens de l’Union européenne, libres de s’installer, n’en ont pas besoin et ne sont pas comptés. Chiffres provisoires. L’épaisseur de chaque arc est proportionnelle au nombre de titres ; les tracés partent du centre de chaque pays, sans figurer un trajet.

Sources : ministère de l’Intérieur, direction générale des étrangers en France, « Les titres de séjour en 2025 », L’Essentiel de l’immigration n° 144 (30 juin 2026) ; fond de carte Natural Earth.

Les principaux titres de séjour
TitreDuréePour qui, à quelles conditions
Carte de séjour temporaire1 an, renouvelablele premier titre dans de nombreuses situations
Carte de séjour pluriannuellejusqu’à 4 ansaprès une première année de séjour ; depuis 2026, français de niveau A2 et examen civique
Carte « talent »la durée du contrat, 4 ans au plusprofils qualifiés, sans autorisation de travail à obtenir
Carte de résident10 ansnotamment les conjoints de Français mariés depuis trois ans ; depuis 2026, français de niveau B1 et examen civique
Carte de résident de longue durée-UE10 ans, renouvelableaprès cinq ans de résidence légale ininterrompue

L’examen civique, depuis 2026

Depuis le 1er janvier 2026, en application de la loi du 26 janvier 2024, la première carte pluriannuelle et la première carte de résident sont subordonnées à un niveau de français et à la réussite d’un examen civique : un questionnaire de 40 questions, dont 32 bonnes réponses sont exigées. Les personnes de plus de 65 ans en sont dispensées.
2 958 607visas délivrés en 2025dont 290 772 de long séjour
541 984demandes de visa refusées en 2025DGEF
13,5 %des premiers titres pour motif économique50 848 titres en 2025

Le droit d’asile

L’asile protège les personnes persécutées ou menacées dans leur pays. En France, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) examine chaque demande ; en cas de rejet, la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) peut être saisie. Deux protections existent : le statut de réfugié, qui ouvre droit à une carte de 10 ans, et la protection subsidiaire, à une carte de 4 ans au plus.

Les demandes d’asile de 2025

En 2025, l’Ofpra a enregistré 145 270 demandes d’asile et accordé une protection dans 41,2 % de ses décisions ; en comptant les recours devant la CNDA, 78 783 personnes ont été protégées. Le taux de protection varie beaucoup d’un pays à l’autre : de 5,9 % pour la Géorgie à 89,7 % pour l’Ukraine.

Les douze nationalités qui ont déposé le plus de demandes
  1. 1Afghanistan13 798 demandes, 70,6 % de protection
  2. 2RD Congo13 236 demandes, 18,8 % de protection
  3. 3Haïti12 617 demandes, 89,1 % de protection
  4. 4Ukraine12 315 demandes, 89,7 % de protection
  5. 5Guinée8 642 demandes, 30,8 % de protection
  6. 6Côte d’Ivoire7 535 demandes, 26,4 % de protection
  7. 7Turquie6 834 demandes, 16,7 % de protection
  8. 8Bangladesh4 534 demandes, 9,4 % de protection
  9. 9Soudan4 285 demandes, 55,8 % de protection
  10. 10Géorgie4 140 demandes, 5,9 % de protection
  11. 11Angola3 744 demandes, 9,4 % de protection
  12. 12Somalie2 979 demandes, 55,5 % de protection

Demandes d’asile déposées à l’Ofpra en 2025, premières demandes et réexamens compris, mineurs compris : en premières demandes seulement, l’Ukraine et la RD Congo passeraient devant l’Afghanistan. Le taux de protection est celui de l’Ofpra en première instance ; la CNDA protège ensuite une partie des personnes déboutées qui font recours. Les arcs partent du centre de chaque pays, sans figurer un trajet.

Sources : Office français de protection des réfugiés et apatrides, rapport d’activité 2025 (27 juillet 2026) et données 2025 par nationalité publiées sur data.gouv.fr ; Cour nationale du droit d’asile, rapport annuel 2025 ; fond de carte Natural Earth.

145 270demandes d’asile à l’Ofpra en 2025153 715 en 2024
41,2 %de protection dans les décisions de l’Ofpra38,8 % en 2024
78 783personnes protégées par l’Ofpra et la CNDAen 2025
163 joursde délai moyen d’instruction à l’Ofpra138 jours en 2024

Primo-demandeurs d’asile dans l’Union européenne en 2025

Eurostat, personnes

  • Espagne141 055
  • Italie128 655
  • France116 475
  • Allemagne113 235
  • Grèce55 380

Le pacte européen sur la migration et l’asile

Adoptés le 14 mai 2024, ses textes s’appliquent depuis juin 2026 : les règlements sur les procédures, le filtrage aux frontières et le fichier Eurodac depuis le 12 juin, le règlement qui remplace celui dit de Dublin depuis le 1er juillet. En nombre de primo-demandeurs, la France était troisième de l’Union en 2025, mais neuvième rapportée à sa population.

La situation irrégulière

Par définition, les étrangers en situation irrégulière ne sont pas recensés : il n’existe aucun comptage officiel, et les estimations qui circulent ne reposent sur aucune source publique vérifiable. Seuls des indicateurs indirects sont publiés : éloignements, régularisations, bénéficiaires de l’aide médicale d’État.

15 569éloignements forcés en 202524 985 éloignements au total
27 819régularisations en 202531 252 en 2024
près de 462 000bénéficiaires de l’aide médicale d’Étatau 31 mars 2025
192 140interpellations d’étrangers en situation irrégulièreen 2025

Le taux d’exécution des OQTF, un ordre de grandeur

Eurostat recense 137 550 étrangers sommés de quitter le territoire en 2025 et 18 930 retours effectifs. Le taux d’exécution des obligations de quitter le territoire français, autour de 11 % selon le ministère de l’Intérieur, rapporte des départs d’une année à des décisions prises en partie d’autres années : c’est un ordre de grandeur, pas une mesure exacte.
Les régularisations
Un étranger en situation irrégulière peut être régularisé, à titre exceptionnel, pour motif familial ou professionnel. Depuis la circulaire du 23 janvier 2025, qui remplace celle de 2012, une présence en France de sept ans est en principe exigée. La loi de 2024 a créé, jusqu’au 31 décembre 2026, une carte pour les travailleurs des métiers en tension : le préfet peut la délivrer, sans y être tenu.
La rétention administrative
En attendant leur éloignement, certains étrangers sont placés en centre de rétention administrative. Ces centres comptaient 1 959 places en 2025, selon le Sénat, qui rapporte un objectif de 3 000 places d’ici 2029.
L’aide médicale d’État
L’aide médicale d’État prend en charge les soins des étrangers en situation irrégulière, sous conditions de résidence et de ressources. Elle relève du budget de la santé, et non de celui de l’immigration : 1,21 Md€ de crédits sont inscrits pour 2026, et ses dépenses réelles ont atteint 1 387 M€ en 2024.

L’intégration

À leur arrivée, les étrangers admis au séjour signent un contrat d’intégration républicaine, dont l’Office français de l’immigration et de l’intégration dispense les formations civique et linguistique. L’intégration se mesure ensuite dans l’emploi, l’école, la vie de couple ou le sentiment d’appartenance, et elle progresse d’une génération à l’autre.

L’emploi des 15-64 ans en 2025
ActivitéEmploiChômage
Hommes immigrés80,3 %71,0 %11,6 %
Hommes non immigrés77,7 %72,0 %7,3 %
Femmes immigrées62,5 %54,1 %13,4 %
Femmes non immigrées73,8 %68,7 %6,9 %
33 %des descendants de deux parents immigrés sont diplômés du supérieurcontre 5 % de leurs parents
66 %des descendants d’immigrés en couple vivent avec un conjoint sans ascendance migratoirecontre 27 % des immigrés
29 %des descendants de deux parents immigrés déclarent une discrimination sur cinq anscontre 14 % sans ascendance migratoire

D’où viennent ces chiffres

L’emploi provient de l’enquête Emploi de l’INSEE pour 2025 ; les « non immigrés » y comprennent les descendants d’immigrés. Les autres constats viennent de l’enquête Trajectoires et Origines de l’INED et de l’INSEE, menée en 2019-2020 en France métropolitaine auprès des 30 à 59 ans pour le diplôme.

L’économie et le budget

L’effet économique de l’immigration fait l’objet d’études aux méthodes et aux conclusions différentes, et aucun chiffre ne fait consensus. Le Conseil d’analyse économique écrivait en 2021 que « l’immigration de travail est un facteur de croissance, et ce d’autant plus que les immigrés sont qualifiés », en décrivant l’immigration en France comme « peu qualifiée, peu diversifiée et peu nombreuse ».

2,13 Md€de crédits pour la mission Immigration, asile et intégrationloi de finances pour 2026
1,37 Md€consacrés à l’asile au sein de cette missionen 2026
1,21 Md€pour l’aide médicale d’Étatinscrits dans la mission Santé
20,8 Md$envoyés depuis la France par les travailleurs migrants et non-résidentsen 2025, selon la Banque mondiale

Le coût de l’immigration, un chiffre introuvable

Aucune source publique ne chiffre un solde budgétaire de l’immigration qui fasse autorité. La Cour des comptes, dans son rapport de 2020 sur l’entrée et le séjour des étrangers, n’en calcule pas ; elle relève en revanche que la moitié des titres délivrés et toutes les demandes d’asile reposent sur des droits individuels protégés. Les montants qui circulent dépendent de ce que l’on compte, et sur quelle durée.

Les lois et les règles

Les règles d’entrée et de séjour des étrangers sont réunies dans le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Elles ont été modifiées à de nombreuses reprises, dans les limites fixées par la Constitution, les droits fondamentaux et le droit européen.

  1. 1945L’ordonnance du 2 novembre 1945 fixe les règles d’entrée et de séjour des étrangers et crée l’Office national d’immigration.
  2. 1976Le décret du 29 avril 1976 organise l’entrée et le séjour des familles des étrangers.
  3. 1978Le Conseil d’État reconnaît aux étrangers, comme aux Français, le droit de mener une vie familiale normale (arrêt GISTI du 8 décembre).
  4. 1984La loi du 17 juillet 1984 crée un titre unique de séjour et de travail.
  5. 1993La loi du 22 juillet 1993 réforme le droit de la nationalité ; la loi du 24 août 1993 durcit la maîtrise de l’immigration.
  6. 1998Les lois du 16 mars et du 11 mai 1998 modifient la nationalité, puis l’entrée, le séjour et le droit d’asile.
  7. 2003La loi du 26 novembre 2003 porte sur la maîtrise de l’immigration, le séjour et la nationalité.
  8. 2006La loi du 24 juillet 2006 est consacrée à l’immigration et à l’intégration.
  9. 2012La loi du 31 décembre 2012 abroge le délit de séjour irrégulier.
  10. 2016La loi du 7 mars 2016 crée le parcours d’intégration républicaine et la carte de séjour pluriannuelle.
  11. 2018La loi du 10 septembre 2018 vise une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif.
  12. 2024La loi du 26 janvier 2024 est promulguée après la censure de 35 de ses articles par le Conseil constitutionnel.
  13. 2025La circulaire du 23 janvier 2025 encadre les régularisations ; la loi du 12 mai 2025 restreint le droit du sol à Mayotte.
  14. 2026Le pacte européen sur la migration et l’asile s’applique en juin et juillet ; l’examen civique et les nouveaux niveaux de français entrent en vigueur au 1er janvier.
La loi du 26 janvier 2024 : ce qui s’applique, ce qui a été censuré
MesureSort
Examen civique et niveau de français pour les titres de longue durées’applique, depuis le 1er janvier 2026
Contrat d’engagement à respecter les principes de la Républiquejugé conforme, s’applique
Carte pour les métiers en tension, sur décision du préfets’applique jusqu’au 31 décembre 2026
Protections contre l’expulsion allégéesjugées conformes, s’appliquent
Nombre d’étrangers fixé chaque année par le Parlementcensuré sur le fond
Prestations sociales conditionnées à cinq ans de résidencecensuré comme cavalier législatif
Regroupement familial durcicensuré comme cavalier législatif
Rétablissement du délit de séjour irréguliercensuré comme cavalier législatif
Caution demandée aux étudiants étrangerscensurée comme cavalier législatif

35 articles censurés, dont 32 cavaliers

Le 25 janvier 2024, le Conseil constitutionnel a censuré 32 articles de la loi comme cavaliers législatifs, sans lien suffisant avec le texte initial, et trois autres sur le fond, en tout ou partie. Le 11 avril 2024, il a jugé que la proposition de référendum d’initiative partagée reprenant la condition de résidence pour les prestations sociales portait une atteinte disproportionnée aux droits garantis par le préambule de 1946.

La France et ses voisins

Deux mesures se comparent d’un pays à l’autre : la part de personnes nées à l’étranger, qui inclut par exemple les Français nés hors de France, et la part d’étrangers. Sur l’une comme sur l’autre, la France est proche de la moyenne de l’Union européenne, loin derrière l’Autriche, l’Allemagne ou l’Espagne.

Part de la population née à l’étranger, au 1er janvier 2025

Eurostat, en %

  • Autriche22,5 %
  • Suède20,8 %
  • Allemagne20,5 %
  • Belgique20,2 %
  • Espagne19,3 %
  • Pays-Bas16,8 %
  • Union européenne14,4 %
  • France14,0 %
  • Italie11,8 %

Part d’étrangers dans la population, au 1er janvier 2025

Eurostat, en %

  • Autriche20,0 %
  • Allemagne14,8 %
  • Espagne14,1 %
  • Belgique14,0 %
  • Union européenne9,5 %
  • France9,4 %
  • Italie9,1 %
  • Pays-Bas8,9 %
  • Suède7,8 %

Pourquoi 14,0 % ici et 11,6 % plus haut

La part de personnes nées à l’étranger (14,0 %) compte aussi les Français de naissance nés hors de France ; la part d’immigrés (11,6 %) ne retient que les personnes nées étrangères à l’étranger. De même, Eurostat donne 9,4 % d’étrangers en France quand l’INSEE en compte 9,1 % : pour comparer des pays, on prend Eurostat ; pour la France seule, l’INSEE.

Sources

Chaque chiffre de cette fiche provient d’une source publique primaire, lue le 12 septembre 2026. Les données de 2025 sont souvent provisoires : elles seront révisées quand les chiffres définitifs paraîtront.

Les sources de cette fiche

  • INSEE, « L’essentiel sur les immigrés et les étrangers » · 25 juin 2026 : effectifs 2025, pays et continents de naissance, évolution depuis 1921, arrivées de 2024, emploi des immigrés (enquête Emploi 2025).
  • INSEE, définitions · Immigré, étranger, descendant d’immigrés, acquisition de la nationalité française.
  • INED et INSEE, enquête Trajectoires et Origines 2 · Insee Références 2023 et Insee Première n° 1910 : diplômes, couples, discriminations déclarées, sentiment d’appartenance.
  • Ministère de l’Intérieur, direction générale des étrangers en France · L’Essentiel de l’immigration n° 144, les titres de séjour en 2025 (30 juin 2026) ; n° 142, la lutte contre l’immigration irrégulière en 2025 ; la délivrance des visas et l’accès à la nationalité en 2025.
  • Office français de protection des réfugiés et apatrides · Rapport d’activité 2025 (27 juillet 2026) et données 2025 par nationalité publiées sur data.gouv.fr.
  • Cour nationale du droit d’asile · Rapport annuel 2025 : recours, décisions, taux de protection, délais.
  • Eurostat · Population née à l’étranger et population étrangère au 1er janvier 2025 ; primo-demandeurs d’asile, décisions et transferts Dublin en 2025 ; étrangers sommés de quitter le territoire et retours effectifs.
  • Légifrance · Loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 ; loi n° 2025-412 du 12 mai 2025 ; ordonnance du 2 novembre 1945 ; décret du 29 avril 1976 ; loi n° 2012-1560 du 31 décembre 2012 ; décret n° 2025-648 du 15 juillet 2025 ; circulaire du 23 janvier 2025 ; code civil, articles 21-7 et 21-11.
  • Conseil constitutionnel · Décisions n° 2023-863 DC du 25 janvier 2024, n° 2024-6 RIP du 11 avril 2024 et n° 2025-881 DC du 7 mai 2025.
  • Conseil d’État · Assemblée, 8 décembre 1978, GISTI, n° 10097 : le droit de mener une vie familiale normale.
  • EUR-Lex · Règlements et directive du pacte sur la migration et l’asile du 14 mai 2024, dont les règlements 2024/1348 et 2024/1351, et leurs dates d’application.
  • Service-public.gouv.fr · Titres de séjour, contrat d’intégration républicaine et examen civique, naturalisation, nationalité par mariage, droit du sol, demande d’asile (mises à jour de 2026).
  • Sénat · Rapport général n° 139 (2025-2026) sur le projet de loi de finances pour 2026, missions Immigration, asile et intégration et Santé : aide médicale d’État, rétention.
  • Cour des comptes · « L’entrée, le séjour et le premier accueil des personnes étrangères », rapport public thématique, 2020.
  • Conseil d’analyse économique · Note n° 67, « L’immigration qualifiée : un visa pour la croissance », 9 novembre 2021.
  • Banque mondiale · Transferts de fonds personnels versés depuis la France, 2024 et 2025.

Ce que cette fiche ne chiffre pas

Faute de source publique vérifiable, cette fiche ne donne ni nombre d’étrangers en situation irrégulière, ni solde budgétaire de l’immigration, ni nombre de mineurs non accompagnés évalués en 2025.

Pour aller plus loin

Testez vos connaissances

Dix questions pour vérifier ce que vous avez retenu de la fiche, des définitions au droit d’asile. Choisissez une réponse, validez : l’explication s’affiche aussitôt.

Immigré ou pas

Très facile
Une personne née en France de deux parents étrangers est-elle immigrée ?

La part des immigrés

Très facile
En 2025, quelle part de la population vivant en France était immigrée ?

Le premier pays

Facile
Quel est le premier pays de naissance des immigrés vivant en France ?

Le premier motif

Facile
Quel a été le premier motif de délivrance des premiers titres de séjour en 2025 ?

Les premiers titres

Facile
Combien de premiers titres de séjour la France a-t-elle délivrés en 2025 ?

L’asile

Facile
Qui examine en France une demande d’asile ?

Le taux de protection

Moyen
En 2025, dans quelle proportion de ses décisions l’Ofpra a-t-il accordé une protection ?

La loi de 2024

Moyen
Qu’a décidé le Conseil constitutionnel sur la loi immigration du 26 janvier 2024 ?

La naturalisation

Moyen
Quel niveau de français est exigé pour la naturalisation depuis le 1er janvier 2026 ?

La comparaison

Facile
Comment la part de personnes nées à l’étranger en France se situe-t-elle par rapport à la moyenne de l’Union européenne ?

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