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Comprendre · Économie

Le budget de l’État

Recettes, dépenses, déficit et dette : comment l’État finance ses politiques

Mis à jour le 12 septembre 2026 · 25 min · Intermédiaire

L’essentiel

Le budget de l’État est voté chaque année par le Parlement dans la loi de finances. Elle autorise l’État à percevoir les impôts, plafonne ce que chaque politique publique peut dépenser et prévoit comment couvrir l’écart par l’emprunt.

Il ne faut pas le confondre avec l’ensemble des finances publiques, qui additionnent l’État, la Sécurité sociale et les collectivités territoriales : c’est ce total que mesurent l’INSEE et que suit l’Union européenne.

124,2 Md€de déficit de l’État en 2025155,9 Md€ en 2024
5,1 %de déficit public en 2025, rapporté au PIB152,5 Md€, tous comptes publics
3 536 Md€de dette publique fin mars 2026117,5 % du PIB
58,6 Md€de charge de la dette prévue en 202650,9 Md€ exécutés en 2025

Du prélèvement au déficit : le budget de l’État en 2025

Tout ce que l’État perçoit ne lui reste pas : il rembourse des impôts, en reverse une part aux collectivités et à l’Union européenne, puis couvre ses dépenses. Ce qui manque est emprunté.

  1. Recettes brutesImpôts perçus par l’État, recettes non fiscales et fonds de concours, avant tout remboursement.524,6 Md€
  2. moins les remboursements et dégrèvements d’impôtsCrédits de TVA rendus aux entreprises, trop-perçus restitués, allègements d’impôts locaux pris en charge.−141,4 Md€
  3. moins les prélèvements sur recettesReversés avant toute dépense : 46 Md€ aux collectivités territoriales, 23 Md€ à l’Union européenne.−69,0 Md€
  4. Recettes nettesCe qui reste à l’État pour financer ses politiques.314,2 Md€
  5. moins les dépenses du budget généralÉducation, défense, charge de la dette, solidarité, sécurité : toutes les missions votées.−436,7 Md€
  6. Solde du budget généralUn déficit : l’État l’a couvert en empruntant.−122,5 Md€

Les recettes nettes ne couvrent qu’un peu plus de sept euros sur dix des dépenses du budget général. Avec les comptes spéciaux, le déficit de l’État atteint 124,2 Md€ en 2025, contre 155,9 Md€ en 2024. Et il n’est qu’une partie du déficit public : la Sécurité sociale et les collectivités ont leurs propres comptes.

Sources : situation mensuelle budgétaire de l’État au 31 décembre 2025, données définitives ; projet de loi relatif aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes de l’année 2025, annexe 1 ; Cour des comptes, Le budget de l’État en 2025, avril 2026. Budget général, en crédits de paiement, programmes 200 et 201 de remboursements et dégrèvements retirés des recettes comme des dépenses. La Cour des comptes, qui ne retire que le programme 200, présente 318,7 Md€ de recettes nettes et 441,2 Md€ de dépenses, pour le même solde.

Déficit de l’État, déficit public : deux mesures

Le déficit de l’État se lit dans ses comptes budgétaires, en euros. Le déficit public, que suit l’Union européenne, additionne tous les comptes publics et se rapporte au PIB. En 2025, l’État a enregistré 124,2 Md€ de déficit, et l’ensemble des administrations publiques 152,5 Md€, soit 5,1 % du PIB.

Les recettes

L’État vit surtout de l’impôt. En 2025, ses recettes fiscales nettes ont atteint 356,4 Md€, et ses recettes non fiscales, dividendes des entreprises publiques, amendes ou redevances, 24,0 Md€.

Tout ce qu’il perçoit ne lui reste pas : il rend des crédits d’impôt et de TVA, prend en charge des allègements d’impôts locaux, et reverse une part de ses recettes aux collectivités et à l’Union européenne, avant toute dépense.

Les recettes fiscales nettes de l’État en 2025

En milliards d’euros, après remboursements et dégrèvements ; Cour des comptes, Le budget de l’État en 2025, avril 2026

Graphique interactif. Les données sont détaillées dans le tableau ci-dessous.

Données

Données du graphique « Les recettes fiscales nettes de l’État en 2025 »
Md€
TVA98.1
Impôt sur le revenu94.9
Impôt sur les sociétés59.9
Accise sur les énergies16.3
Autres recettes fiscales87.2
La TVA, première recette de l’État
Payée par le consommateur sur ses achats et collectée par les entreprises, elle compte quatre taux en métropole : 20 % pour le taux normal, 10 %, 5,5 % et 2,1 %. Elle a rapporté 98,1 Md€ nets à l’État en 2025, et une part importante de son produit est aussi affectée à la Sécurité sociale et aux collectivités.
L’impôt sur le revenu
Un impôt progressif sur les revenus des foyers. En 2026, sur les revenus de 2025, le barème va de 0 % jusqu’à 11 600 € par part à 45 % au-delà de 181 917 €. Sur les revenus de 2024, 47 % des foyers fiscaux ont payé un impôt net.
L’impôt sur les sociétés
Il porte sur les bénéfices des entreprises, au taux normal de 25 %, et de 15 % sur les 42 500 premiers euros pour les petites entreprises qui remplissent certaines conditions. Depuis 2025, les très grandes entreprises acquittent aussi une contribution exceptionnelle, calculée sur l’impôt qu’elles doivent, prolongée en 2026.
Les remboursements et dégrèvements
Chaque année, l’État rend une partie de ce qu’il a encaissé : crédits de TVA des entreprises, trop-perçus, crédits d’impôt, dégrèvements d’impôts locaux qu’il prend à sa charge. En 2025, ils ont représenté 141,4 Md€.

Une fiscalité parmi les plus lourdes de l’OCDE

En 2024, les recettes fiscales atteignaient 43,5 % du PIB en France, au deuxième rang de l’OCDE derrière le Danemark, pour une moyenne de 34,1 %. Selon la définition de l’INSEE, le taux de prélèvements obligatoires s’établissait à 43,6 % en 2025.

Les dépenses

Les crédits sont votés par mission, une grande politique publique, et chaque mission se divise en programmes confiés à un ministre, avec des objectifs et des résultats attendus. En 2026, la loi de finances ouvre 593,9 Md€ de crédits de paiement sur le budget général, dont 145,6 Md€ de remboursements et dégrèvements d’impôts, qui ne financent aucune politique publique.

Les dix premières missions du budget général en 2026

Crédits de paiement votés, en milliards d’euros, cotisations de retraite des agents comprises, hors remboursements et dégrèvements ; loi n° 2026-103 du 19 février 2026, état B

Graphique interactif. Les données sont détaillées dans le tableau ci-dessous.

Données

Données du graphique « Les dix premières missions du budget général en 2026 »
Md€
Enseignement scolaire89.62
Défense66.48
Engagements financiers de l’État60.34
Recherche et enseignement supérieur31.63
Solidarité, insertion et égalité des chances31.28
Sécurités25.84
Écologie, développement et mobilité durables22.76
Cohésion des territoires22.57
Travail, emploi et ministères sociaux20.82
Justice12.97
Mission, programme, action
La mission regroupe les crédits d’une politique publique, et c’est sur elle que porte le vote du Parlement. Le programme réunit les crédits d’un même ministère pour une action ou un ensemble cohérent d’actions, avec des objectifs précis. L’action détaille l’emploi prévu des crédits d’un programme.
La charge de la dette
Ce sont les intérêts, pas le remboursement du capital. Elle a atteint 50,9 Md€ en 2025, provision pour l’indexation sur l’inflation comprise, et la loi de finances prévoit 58,6 Md€ en 2026. Selon que l’on compte ou non les cotisations de retraite des agents, elle est la deuxième ou la troisième dépense de l’État.
Des dépenses difficiles à réduire vite
Rémunérations et pensions des agents, charge de la dette, dotations aux collectivités, prestations : une grande part des dépenses découle de lois, de contrats ou d’engagements pluriannuels. C’est pourquoi un budget se redresse surtout sur plusieurs années.

Un crédit voté n’est pas une dépense

La loi de finances ouvre des plafonds. En cours d’année, le Gouvernement peut en mettre une partie en réserve, en annuler ou en redéployer dans les limites fixées par la LOLF, et le Parlement examine au printemps suivant les comptes de l’année écoulée.

Le déficit

Quand l’État dépense plus qu’il ne perçoit, il est en déficit et emprunte la différence. Son budget n’a plus été exécuté en excédent depuis 1974. Mais le déficit qui compte pour les règles européennes est le déficit public, qui additionne l’État, la Sécurité sociale et les collectivités, chacun tenu par ses propres règles.

Le budget de l’État dans les finances publiques

Le déficit public additionne trois ensembles de comptes, votés par des autorités différentes et tenus par des règles différentes. Le budget de l’État n’en est que le plus grand.

  • Administrations centralesL’État et ses organismesQui le voteLa loi de finances, votée chaque année par le Parlement.Constitution, art. 47Sa règleIl peut voter un budget en déficit, et emprunter pour le couvrir.LOLF
    Déficit en 2025
    130,3 Md€
    Dette fin 2025
    2 891,7 Md€
    dont l’État seul : 128,1 Md€ de déficit et 2 822,7 Md€ de dette
  • Administrations de sécurité socialeLa Sécurité socialeQui le voteLa loi de financement de la sécurité sociale, votée chaque année par le Parlement.Constitution, art. 47-1Sa règleSa loi détermine les conditions générales de son équilibre financier et, compte tenu des recettes prévues, fixe ses objectifs de dépenses.Constitution, art. 34
    Déficit en 2025
    6,7 Md€
    Dette fin 2025
    293,1 Md€
  • Administrations publiques localesLes collectivités territorialesQui le voteUn budget voté par chaque assemblée locale : conseil municipal, départemental ou régional.code général des collectivités territorialesSa règleLeur fonctionnement doit être voté en équilibre : elles n’empruntent que pour investir.code général des collectivités territoriales, art. L. 1612-4
    Déficit en 2025
    15,6 Md€
    Dette fin 2025
    275,7 Md€

s’additionnent dans

Les administrations publiquesLe total que suit l’Union européenne, rapporté à la richesse produite dans l’année.
Déficit en 2025
152,5 Md€5,1 % du PIB
Dette fin 2025
3 460,5 Md€115,7 % du PIB
Valeurs de référence européennes : 3 % du PIB pour le déficit, 60 % pour la dette.traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, protocole n° 12

En 2025, l’État porte à lui seul plus de huit dixièmes du déficit public. Fin mars 2026, la dette publique atteignait 3 536,1 Md€, soit 117,5 % du PIB.

Sources : INSEE, comptes de la Nation 2025 (29 mai 2026) et dette trimestrielle de Maastricht au premier trimestre 2026 (25 juin 2026) ; Constitution du 4 octobre 1958, articles 34, 47 et 47-1 ; loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001 (LOLF) ; code général des collectivités territoriales, article L. 1612-4 ; traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, article 126 et protocole n° 12.

Déficit et dette publics, de 2024 à 2026
AnnéeDéficit publicDette publique
20245,8 % du PIB112,6 % du PIB
20255,1 % du PIB115,7 % du PIB
2026, objectif de la loi de finances5,0 % du PIB118,2 % du PIB
Pourquoi l’État a deux déficits
Ses comptes budgétaires enregistrent les encaissements et les décaissements de l’année : 124,2 Md€ de déficit en 2025. La comptabilité nationale, qui sert aux comparaisons européennes, suit d’autres règles d’enregistrement et un périmètre qui inclut ses organismes : 128,1 Md€ pour l’État seul, 130,3 Md€ avec ses organismes.
Le déficit structurel
Une partie du déficit tient à la conjoncture : quand l’activité ralentit, les recettes baissent et certaines dépenses augmentent. Le déficit structurel en retire l’effet, pour mesurer l’effort propre des comptes publics. La loi de finances pour 2026 le prévoit à 4,6 % du PIB.
Le Haut Conseil des finances publiques
Présidé par le Premier président de la Cour des comptes, il rend un avis sur les prévisions économiques et la trajectoire des finances publiques qui accompagnent chaque projet de loi de finances. En avril 2026, il a souligné l’importance de tenir rigoureusement l’objectif de 5,0 % du PIB en 2026, qui suppose notamment 4 Md€ d’économies dont le détail ne lui avait pas été présenté.

Pourquoi rapporter le déficit au PIB

Un déficit de 150 Md€ ne pèse pas la même chose dans une économie qui produit 3 000 Md€ par an que dans une économie trois fois plus petite. Le rapporter au PIB, la richesse produite en un an, permet de comparer les années entre elles et les pays entre eux.

La dette

La dette publique est le stock des emprunts qui ne sont pas encore remboursés, et chaque déficit l’augmente. Fin mars 2026, elle atteignait 3 536,1 Md€, soit 117,5 % du PIB, portée pour l’essentiel par l’État. Sa part est émise et gérée par l’Agence France Trésor, sous forme d’obligations et de titres à court terme.

Du déficit à la dette : ce que l’État emprunte en 2026

Chaque année, l’État emprunte pour couvrir son déficit, mais d’abord pour rembourser la dette qui arrive à échéance. Le stock porte des intérêts, qui reviennent dans les dépenses.

Ce qu’il doit financer

Le besoin de financement voté pour 2026.

  • Rembourser la dette qui arrive à échéance169,9 Md€
  • Couvrir le déficit de l’année134,6 Md€
  • Reprendre une part de la dette de SNCF Réseau2,5 Md€
  • Autres besoins de trésorerie3,0 Md€
  • Total310,0 Md€

Comment il le finance

Les ressources prévues en face, au même total.

  • Emprunts à moyen et long terme, nets des rachats310,0 Md€
  • Hausse de l’encours des titres à court terme2,0 Md€
  • Autres ressources de trésorerie−2,0 Md€
  • Total310,0 Md€
  1. L’Agence France Trésor emprunte sur les marchésElle émet des obligations assimilables du Trésor, les OAT, et des bons à court terme, achetés par des banques, des assureurs et des fonds, en France et à l’étranger. La Banque centrale ne peut pas prêter directement à l’État.traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, art. 123
  2. La dette s’accumuleFin 2025, la dette de l’État atteignait 2 822,7 Md€ au sens européen, sur 3 460,5 Md€ de dette publique.INSEE, comptes de la Nation 2025
  3. Elle coûte des intérêts chaque année58,6 Md€ prévus en 2026 pour la charge de la dette de l’État, contre 50,9 Md€ exécutés en 2025.loi n° 2026-103, état B, programme 117
Et les intérêts s’ajoutent aux dépensesLa charge de la dette est une dépense du budget : elle creuse le déficit de l’année suivante, donc le besoin d’emprunter. Quand le taux moyen de la dette dépasse la croissance, la dette rapportée au PIB grossit tant que le solde avant intérêts reste en deçà du niveau qui la stabiliserait : c’est l’effet boule de neige.FIPECO, l’effet boule de neige et le solde stabilisant la dette

Emprunter pour rembourser n’augmente pas la dette : cela la renouvelle, au taux du moment. C’est pourquoi une hausse des taux se transmet peu à peu à toute la dette, à mesure que les anciens titres arrivent à échéance.

Sources : loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, article 147 (tableau de financement) et état B ; Cour des comptes, Le budget de l’État en 2025, avril 2026 ; INSEE, comptes de la Nation 2025 (29 mai 2026) ; arrêté du 8 février 2001 portant création de l’Agence France Trésor ; traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, article 123 ; FIPECO, fiche sur l’effet boule de neige.

Qui prête à l’État
Fin 2025, plus de la moitié de la dette négociable de l’État était détenue par des investisseurs non résidents, selon la Banque de France. Les titres s’échangent ensuite librement sur les marchés, où la Banque centrale européenne peut en acheter, mais jamais directement auprès de l’État.
Emprunter pour rembourser
Quand une obligation arrive à échéance, l’État la rembourse en empruntant à nouveau. Ce renouvellement n’augmente pas la dette, mais il se fait au taux du moment : en 2026, les 169,9 Md€ à rembourser pèsent plus lourd dans le besoin de financement que le déficit de l’année.
Pourquoi la charge de la dette augmente
Pendant les années de taux très bas, l’État a emprunté à des taux proches de zéro, parfois négatifs. Depuis la remontée des taux décidée par la Banque centrale européenne à partir de 2022, chaque titre qui arrive à échéance est remplacé par un emprunt plus cher, et une partie de la dette est indexée sur l’inflation.
L’effet boule de neige
Quand le taux moyen de la dette dépasse la croissance nominale, la dette rapportée au PIB augmente tant que le solde public avant intérêts reste inférieur au niveau qui la stabiliserait. Avec une dette de 100 % du PIB, un taux de 4 % et une croissance de 3 %, il faudrait un excédent avant intérêts de 1 % du PIB pour la stabiliser.

Voter le budget

Le budget suit un calendrier fixé par la Constitution et par la loi organique relative aux lois de finances, la LOLF. Le Gouvernement le prépare, le Parlement le vote, les ministères l’exécutent, et les comptes de l’année sont approuvés l’année suivante.

Qui prépare, vote, dépense et contrôle le budget

La loi de finances passe entre quatre mains : le Gouvernement la prépare, le Parlement la vote, les ministères l’exécutent, et la Cour des comptes aide à en contrôler l’exécution.

La loi de financesVotée chaque année, elle fixe ce que l’État peut dépenser, politique par politique, et ce qu’il prévoit de percevoir.LOLF
Le GouvernementIl prépare le projet de loi de finances, en délibère en Conseil des ministres, puis exécute le budget voté.
  • Gouvernement vers Loi de financesdépose le projet au plus tard le premier mardi d’octobre LOLF
  • Gouvernement vers Loi de financespeut le faire adopter sans vote, sauf si une motion de censure est adoptée art. 49
Le ParlementL’Assemblée nationale et le Sénat examinent le projet : les recettes d’abord, les dépenses ensuite.
  • Parlement vers Loi de financesvote les crédits mission par mission LOLF
  • Parlement vers Loi de financesdoit se prononcer en soixante-dix jours, faute de quoi le projet peut entrer en vigueur par ordonnance art. 47
  • Parlement vers Loi de financesne peut, par amendement, ni diminuer les ressources ni créer ou aggraver une charge publique art. 40
Les ministèresChaque ministre gère les programmes de son ministère et rend compte de leurs résultats.
  • Loi de finances vers Ministèresleur ouvre des crédits, programme par programme LOLF
  • Loi de finances vers Ministèresassocie à chaque programme des objectifs et des résultats attendus, qui font l’objet d’une évaluation LOLF
La Cour des comptesPar ses rapports publics, elle contribue aussi à l’information des citoyens.
  • Cour des comptes vers Loi de financesassiste le Parlement et le Gouvernement dans le contrôle de l’exécution des lois de finances art. 47⁠-⁠2
  • Qui la prépare
  • Qui la vote et la contrôle
  • Ce qu’elle autorise

Trois étages de crédits

Du plus large, sur lequel porte le vote, au plus fin.

Voir la liste (3)
  • La mission : une politique publique, sur laquelle porte le vote du ParlementLOLF
  • Le programme : les crédits d’un même ministère, avec des objectifs et des résultats attendusLOLF
  • L’action : une composante d’un programme, qui détaille l’emploi prévu de ses créditsprojets annuels de performances

Une année budgétaire

Du projet déposé aux comptes approuvés.

Voir la liste (4)
  • Le Gouvernement dépose le projet, accompagné des projets annuels de performancesLOLF
  • Le Parlement vote d’abord les recettes et l’équilibre, puis les dépensesLOLF
  • Les ministères engagent et dépensent les crédits ouverts pour l’année
  • L’année suivante, le Parlement approuve les comptes, au vu des rapports annuels de performancesloi organique du 28 décembre 2021

Le Parlement ne peut pas augmenter une dépense (art. 40), mais il peut, par amendement, déplacer des crédits entre les programmes d’une même mission, sans en relever le total.

Sources : Constitution du 4 octobre 1958, articles 40, 47, 47-2 et 49 ; loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001 relative aux lois de finances (LOLF) ; loi organique n° 2021-1836 du 28 décembre 2021 ; Assemblée nationale, fiche de synthèse sur l’examen parlementaire des lois de finances.

Le calendrier d’une loi de finances

  1. Avant le 15 juilletLe Gouvernement transmet au Parlement les plafonds de crédits envisagés pour chaque mission de l’année suivante.
  2. L’étéLe ministère chargé du budget arbitre entre les demandes des ministères, et le projet de loi prend forme.
  3. Premier mardi d’octobreDate limite de dépôt du projet de loi de finances, avec les projets annuels de performances de chaque programme.
  4. 40 joursL’Assemblée nationale se prononce en première lecture : d’abord les recettes et l’équilibre, puis les dépenses, mission par mission.
  5. 20 joursLe Sénat l’examine à son tour ; si les deux assemblées divergent, une commission mixte paritaire cherche un texte commun.
  6. 70 joursFaute de vote du Parlement dans ce délai, le Gouvernement peut mettre le projet en vigueur par ordonnance.
  7. Avant le 1er mai suivantDépôt du projet de loi relatif aux résultats de la gestion de l’année écoulée, que chaque assemblée doit examiner avant le budget suivant.
Quand le budget n’est pas voté à temps
Deux années de suite, la loi de finances n’a pas été promulguée avant le 1er janvier. En décembre 2024 puis en décembre 2025, le Parlement a voté une loi spéciale, qui autorise l’État à continuer de percevoir les impôts existants et à emprunter. Elle n’ouvre aucune dépense nouvelle : le Gouvernement ouvre par décret les seuls crédits des services votés, le minimum indispensable pour faire fonctionner les services publics. La loi de finances pour 2025 a été promulguée le 14 février 2025, celle pour 2026 le 19 février 2026.
Le 49.3 et le budget
L’article 49, alinéa 3, de la Constitution permet au Gouvernement d’engager sa responsabilité sur un texte, adopté sans vote si aucune motion de censure ne l’emporte. Pour les lois de finances et de financement de la sécurité sociale, son usage n’est pas limité. François Bayrou y a eu recours pour le budget 2025, en février 2025, et Sébastien Lecornu à trois reprises pour celui de 2026, en janvier 2026.
Ce que les parlementaires ne peuvent pas faire
L’article 40 de la Constitution rend irrecevable tout amendement parlementaire qui diminuerait les ressources publiques ou créerait ou aggraverait une charge publique. Un député peut en revanche déplacer des crédits entre les programmes d’une même mission, sans en augmenter le total.

La loi de règlement a changé de nom

Depuis la réforme de la LOLF de 2021, la loi qui arrête les comptes de l’année s’appelle loi relative aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes de l’année. Pour 2025, l’Assemblée nationale a rejeté le projet le 9 juin 2026, et le Sénat l’a adopté le 22 juin 2026.

Les règles européennes

Les États de l’Union européenne s’engagent à éviter les déficits excessifs. Les valeurs de référence n’ont pas changé depuis le traité de Maastricht : 3 % du PIB pour le déficit public, 60 % du PIB pour la dette. Depuis la réforme entrée en vigueur le 30 avril 2024, l’indicateur suivi est la croissance des dépenses nettes, fixée pour plusieurs années dans un plan national.

Le déficit public en 2025

En % du PIB ; Eurostat, notification d’avril 2026

  • Belgique5,2 %
  • France5,1 %
  • Italie3,1 %
  • Moyenne de l’Union européenne3,1 %
  • Moyenne de la zone euro2,9 %
  • Allemagne2,7 %
  • Espagne2,4 %
  • Pays-Bas1,6 %

La dette publique fin 2025

En % du PIB ; Eurostat, notification d’avril 2026

  • Grèce146,1 %
  • Italie137,1 %
  • France115,6 %
  • Belgique107,9 %
  • Espagne100,7 %
  • Moyenne de la zone euro87,8 %
  • Moyenne de l’Union européenne81,7 %
  • Allemagne63,5 %
  • Pays-Bas44,4 %
La procédure pour déficit excessif
Le Conseil de l’Union européenne a constaté le 26 juillet 2024 un déficit excessif en France, au vu d’un déficit de 5,5 % du PIB en 2023. Le 21 janvier 2025, il lui a recommandé de le ramener sous 3 % au plus tard en 2029, en plafonnant la croissance de ses dépenses nettes, à 1,2 % en 2026 par exemple.
Un plan sur sept ans
Chaque État présente un plan budgétaire et structurel à moyen terme. La France a obtenu une période d’ajustement de sept ans, de 2025 à 2031, en contrepartie de réformes et d’investissements, et vise un déficit public sous 3 % du PIB en 2029.
Et les sanctions ?
Les règles prévoient des amendes pour un État qui ne prend pas les mesures demandées, mais aucune n’a jamais été infligée. Le risque le plus concret est ailleurs : une perte de confiance des prêteurs, qui renchérit le coût de la dette.

Onze États à 3 % ou plus

En 2025, onze États de l’Union ont eu un déficit public d’au moins 3 % du PIB, dont la Roumanie (7,9 %), la Pologne (7,3 %), la Belgique et la France. La Grèce a dégagé un excédent de 1,7 % du PIB, tout en gardant la dette la plus élevée de l’Union. Pour la France, l’INSEE a porté la dette fin 2025 à 115,7 % du PIB en mai 2026, après révision du PIB.

Rééquilibrer les comptes

Réduire un déficit revient à jouer sur trois leviers : dépenser moins, prélever plus, ou faire croître la richesse plus vite que la dette. Chacun a ses défenseurs et ses coûts, et le débat budgétaire consiste à les doser.

Ce qu’on en attend : un effet direct sur le déficit, sans alourdir les prélèvements.

Ce qu’on lui oppose : un effet sur l’activité à court terme, sur les services publics et sur les ménages qui dépendent des prestations.

Exemples débattus : gel de crédits ou de prestations, non-remplacement de départs, réforme des retraites ou de l’assurance chômage, réduction des aides aux entreprises.

7,5 Md€rapportés en 2025 par la contribution exceptionnelle des grandes entreprisesprolongée en 2026
20 %de taux moyen d’imposition minimal pour les plus hauts revenusà partir des revenus de 2025
Pourquoi aucune solution n’est indolore
Chaque mesure a des gagnants et des perdants. Une économie de dépense touche un service, une prestation ou un secteur ; une hausse de prélèvement pèse sur des ménages ou des entreprises. Le choix entre les leviers est donc politique autant que technique.
Court terme et long terme
Une économie votée cette année améliore le solde tout de suite ; une réforme de structure, sur l’emploi ou la formation, peut mettre des années à produire ses effets, quand les échéances électorales reviennent tous les cinq ans.
Des effets en retour
Une hausse d’impôt peut freiner l’activité, donc les recettes futures ; une baisse de dépenses peut augmenter le chômage, donc les dépenses sociales. C’est pourquoi le rendement d’une mesure se chiffre toujours avec une marge d’incertitude.

Le budget 2027 en préparation

Le Gouvernement a transmis au Parlement à la mi-juillet 2026 les plafonds de dépenses envisagés pour 2027. Le projet de loi de finances doit être déposé au plus tard le premier mardi d’octobre, soit le 6 octobre 2026.

Sources

Les chiffres et les règles de cette fiche ont été vérifiés le 12 septembre 2026 auprès des sources ci-dessous. Les montants de l’exécution 2025 sont ceux que sert aussi la page du budget de l’État en données.

Sources

  • Constitution du 4 octobre 1958 · articles 34, 40, 47, 47-1, 47-2 et 49
  • Loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001 relative aux lois de finances · modifiée par la loi organique n° 2021-1836 du 28 décembre 2021, articles 7, 39 à 42, 45, 46 et 48
  • Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 · article liminaire, article 147 et état B ; décision du Conseil constitutionnel n° 2026-901 DC
  • Lois spéciales n° 2024-1188 du 20 décembre 2024 et n° 2025-1316 du 26 décembre 2025 · et loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025
  • Cour des comptes · Le budget de l’État en 2025, résultats et gestion, avril 2026
  • Situation mensuelle budgétaire de l’État au 31 décembre 2025 · données définitives, et projet de loi relatif aux résultats de la gestion de l’année 2025
  • INSEE · comptes de la Nation 2025, 29 mai 2026 ; dette trimestrielle de Maastricht au premier trimestre 2026, 25 juin 2026
  • Eurostat · déficit et dette publics, notification du 22 avril 2026
  • Règlement (UE) 2024/1263 du 29 avril 2024 et décision (UE) 2024/2122 du 26 juillet 2024 · règles budgétaires européennes, déficit excessif de la France
  • Haut Conseil des finances publiques · avis n° 2026-3 d’avril 2026
  • OCDE, DGFiP et service-public.gouv.fr · Statistiques des recettes publiques 2025 ; l’impôt sur le revenu 2024 ; barème de l’impôt sur le revenu 2026
  • FIPECO · l’effet boule de neige et le solde stabilisant la dette

Pour aller plus loin

Testez vos connaissances

Dix questions pour vérifier ce que vous avez retenu de la fiche, des recettes de l’État aux règles européennes. Choisissez une réponse, validez : l’explication s’affiche aussitôt.

Premier impôt

Très facile
Quel impôt rapporte le plus à l’État ?

Date de dépôt

Facile
Jusqu’à quand le Gouvernement peut-il déposer le projet de loi de finances de l’année suivante ?

Loi spéciale

Moyen
Que permet la loi spéciale votée quand le budget n’est pas adopté à temps ?

Déficit public

Facile
En 2025, quel a été le déficit public de la France, rapporté au PIB ?

La dette

Très facile
Qu’est-ce que la dette publique ?

Emprunter pour rembourser

Moyen
En 2026, à quoi sert la plus grande part de ce que l’État emprunte ?

Règle d’or

Facile
Une commune peut-elle emprunter pour payer les salaires de ses agents ?

Article 40

Facile
Un député peut-il faire adopter un amendement qui crée une dépense publique nouvelle ?

Valeurs européennes

Très facile
Quelles valeurs de référence les règles budgétaires européennes retiennent-elles ?

Effet boule de neige

Moyen
À quelle condition la dette rapportée au PIB augmente-t-elle sous le seul poids des intérêts ?

L’essentiel de la vie politique, une fois par semaine

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