Comprendre · Défense
Comprendre la défense
Qui décide, ce qu’elle coûte, où sont les armées et ce que la France exporte
Mis à jour le 12 septembre 2026 · 50 min · Intermédiaire
L’essentiel
La défense protège le territoire, la population et les intérêts de la France. Elle repose sur trois armées, Terre, Marine nationale, Air et Espace, sur une dissuasion nucléaire et sur une industrie capable de produire la plupart de leurs équipements. Membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, la France est aussi membre de l’OTAN et de l’Union européenne.
En 2026, l’État consacre 66,5 milliards d’euros à la mission Défense, pensions comprises. La loi de programmation militaire, actualisée en 2026, prévoit de porter le budget des armées hors pensions à 75,7 milliards d’euros en 2030.
Trois façons de compter le même effort
- 1949Le 4 avril, la France est l’un des douze pays signataires du traité de l’Atlantique Nord, qui fonde l’OTAN.
- 1960Le 13 février, la France procède à son premier essai nucléaire.
- 1966Le général de Gaulle retire la France du commandement militaire intégré de l’OTAN, sans quitter l’Alliance.
- 1996Le 24 septembre, la France signe le traité d’interdiction complète des essais nucléaires, qu’elle ratifie en 1998.
- 1997La loi du 28 octobre suspend le service militaire obligatoire : les armées deviennent entièrement professionnelles.
- 2009La France revient dans le commandement militaire intégré de l’OTAN.
- 2022Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la France déploie des troupes en Roumanie dès le 28 février ; l’opération Barkhane au Sahel prend fin le 9 novembre.
- 2023La loi du 1er août fixe la programmation militaire 2024-2030 : 400 Md€ de crédits.
- 2025Le 25 juin, à La Haye, les alliés de l’OTAN visent 5 % du PIB en 2035 ; la France rend ses dernières bases du Tchad et du Sénégal.
- 2026Le 2 mars, le président annonce une dissuasion avancée et la hausse du nombre de têtes nucléaires ; le 1er juillet, le Parlement adopte l’actualisation de la programmation militaire.
Qui décide
La Constitution de 1958 répartit les responsabilités de défense entre plusieurs autorités. Le président de la République est le chef des armées ; le Gouvernement dispose de la force armée et le Premier ministre est responsable de la défense nationale ; le Parlement contrôle les interventions à l’étranger et vote les moyens des armées.
Qui décide d’engager les armées
La Constitution partage la défense entre le président de la République, chef des armées, le Gouvernement, qui dispose de la force armée, et le Parlement, qui contrôle les interventions et vote les crédits. L’arme nucléaire obéit à une règle à part : une seule personne décide.
- Le président de la République, chef des arméesarticle 15Il préside le conseil de défense et de sécurité nationale, où se prennent les décisions d’engagement des forces.
- Le Gouvernement et le Premier ministrearticles 20 et 21Le Gouvernement dispose de la force armée ; le Premier ministre est responsable de la défense nationale. Le ministre des Armées prépare le budget et la programmation militaire.
- Le chef d’état-major des arméescode de la défenseIl commande les opérations militaires, sous l’autorité du président de la République et du Gouvernement.
- Le Parlementarticles 34 et 35Il est informé au plus tard trois jours après le début d’une intervention à l’étranger, et doit en autoriser la prolongation au-delà de quatre mois. Il autorise la déclaration de guerre, vote les lois de programmation militaire et, chaque année, le budget des armées.
Les rôles décrits sont ceux que fixe la Constitution du 4 octobre 1958 ; le conseil de défense et de sécurité nationale et le commandement des opérations relèvent du code de la défense. Le président de la République a précisé, en 2020 puis en mars 2026, que la dissuasion française a une dimension européenne, sans partage de la décision.
Sources : Constitution du 4 octobre 1958, articles 15, 20, 21, 34 et 35 ; code de la défense ; Élysée, discours sur la stratégie de défense et de dissuasion du 7 février 2020, et discours de l’Île Longue du 2 mars 2026.
L’article 35 en pratique
Le conseil de défense et de sécurité nationale
Les revues stratégiques
La loi de programmation militaire
Une loi de programmation militaire fixe, pour plusieurs années, les objectifs des armées et les moyens qui leur sont consacrés. Celle du 1er août 2023 couvre les années 2024 à 2030 : 400 milliards d’euros de crédits, pour des besoins estimés à 413,3 milliards.
Face à la dégradation du contexte stratégique, elle a été actualisée en 2026 : 36 milliards d’euros de ressources nouvelles sur 2026-2030, soit 435,7 milliards au total. Selon le texte adopté, le budget des armées aura ainsi doublé entre 2017 et 2027.
Le budget des armées, de 2017 à 2030
Hors pensions, le budget des armées aura presque doublé en dix ans : 32,2 Md€ en 2017, 63,3 Md€ programmés en 2027. La loi de programmation 2024-2030, votée en 2023 pour 400 Md€, a été relevée en 2026 à environ 436 Md€, avec 75,7 Md€ en 2030.
- 201732,2 Md€
- 201834,1 Md€
- 201935,8 Md€
- 202037,5 Md€
- 202139,2 Md€
- 202240,9 Md€
- 202343,9 Md€
- 202447,2 Md€
- 202550,5 Md€
- 202657,1 Md€loi de 2023 : 53,7
- 202763,3 Md€loi de 2023 : 56,9
- 202869,5 Md€loi de 2023 : 60,4
- 202972,6 Md€loi de 2023 : 63,9
- 203075,7 Md€loi de 2023 : 67,4
Budget des armées hors pensions, en milliards d’euros courants : les crédits des années passées jusqu’en 2025, la programmation ensuite. Une loi de programmation fixe une trajectoire ; chaque année, la loi de finances vote les crédits réels. Les pensions, environ 9 Md€, portent la mission Défense à 66,5 Md€ en 2026.
Sources : loi n° 2023-703 du 1er août 2023 relative à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030, article 3 ; Assemblée nationale, projet de loi actualisant la programmation militaire, texte adopté n° 325 du 1er juillet 2026, article 3 et rapport annexé.
Une programmation n’est pas un budget
Comment elle est votée
Le service national
Le budget en 2026
Chaque année, les moyens des armées sont votés dans la loi de finances, au sein de la mission Défense, découpée en quatre programmes. En 2026, elle reçoit 66,5 milliards d’euros de crédits de paiement, pensions comprises. Le personnel et l’investissement en représentent chacun un peu plus d’un tiers, le fonctionnement un peu plus d’un quart.
La mission Défense en 2026
En 2026, la loi de finances ouvre 66,5 Md€ de crédits de paiement à la mission Défense, pensions comprises. Le personnel et l’investissement en prennent chacun plus d’un tiers. Pour les équipements, les commandes autorisées dans l’année (47,1 Md€) dépassent de loin les paiements (22,8 Md€).
- Soutien de la politique de la défenseprogramme 212Paie la rémunération de tout le personnel du ministère, les infrastructures et l’administration.crédits de paiement25,6 Md€, 38,5 %autorisations d’engagement25,8 Md€
- Équipement des forcesprogramme 146Paie les armements, commandés avec la Direction générale de l’armement, et la dissuasion.crédits de paiement22,8 Md€, 34,4 %autorisations d’engagement47,1 Md€
- Préparation et emploi des forcesprogramme 178Paie l’entraînement, l’entretien des matériels et les opérations.crédits de paiement15,7 Md€, 23,7 %autorisations d’engagement17,1 Md€
- Environnement et prospective de la politique de défenseprogramme 144Paie le renseignement, la recherche et la diplomatie de défense.crédits de paiement2,3 Md€, 3,4 %autorisations d’engagement2,7 Md€
- Personnel : rémunérations et cotisations, pensions comprises23,8 Md€, 35,8 %
- Investissement : armements et infrastructures23,8 Md€, 35,8 %
- Fonctionnement : entretien, carburants, activité18,0 Md€, 27,0 %
- Transferts et subventions0,9 Md€, 1,4 %
Crédits de la loi de finances initiale pour 2026, pensions des personnels comprises. Les autorisations d’engagement mesurent les commandes que l’État peut signer dans l’année, les crédits de paiement ce qu’il paie : les armements se commandent en une fois et se paient sur plusieurs années. Les natures regroupent les titres budgétaires 2 (personnel), 3 (fonctionnement), 5 (investissement) et 6 (transferts).
Sources : loi de finances initiale pour 2026, crédits de la mission Défense par programme, action et titre, publiés par la direction du Budget (budget.gouv.fr).
Ce qui a été dépensé en 2025
Les femmes et les hommes
Fin 2025, le ministère des Armées employait environ 265 500 personnes en équivalent temps plein : environ 201 500 militaires et 64 000 civils, auxquels s’ajoutent environ 47 000 réservistes opérationnels. Les militaires servent dans l’armée de Terre, la Marine nationale, l’armée de l’Air et de l’Espace et les services communs.
La gendarmerie nationale, bien que militaire, est rattachée au ministère de l’Intérieur depuis 2009 : elle n’est pas comptée ici.
La réserve opérationnelle
La fin de la conscription
Le service national volontaire
Les équipements
Les armées françaises disposent d’une gamme complète de capacités : avions de combat, porte-avions, sous-marins nucléaires, blindés, artillerie, satellites. Le rapport annexé à la loi de programmation actualisée fixe, pour chaque grand matériel, le parc de fin 2024 et la cible à atteindre en 2030.
| Équipement | Fin 2024 | Cible 2030 |
|---|---|---|
| Rafale, Air et Marine | 146 | 178 au standard F4 |
| Chars Leclerc | 200, dont 34 rénovés | 200, dont 160 rénovés |
| Blindés Griffon | 725 | 1 437 |
| Blindés Serval | 292 | 1 355 |
| Blindés Jaguar | 95 | 238 |
| Canons Caesar | 70 | 120 |
| Avions de transport A400M | 24 | au moins 41 |
| Avions ravitailleurs MRTT | 12 | 15 |
| Sous-marins nucléaires d’attaque | 3 Barracuda et 3 Rubis | 6 Barracuda |
| Frégates de premier rang | 15 | 15 |
Les grands programmes des années 2030
La dissuasion nucléaire
La France possède l’arme nucléaire depuis son premier essai, en 1960. Sa dissuasion est strictement défensive : elle vise à dissuader toute puissance de s’en prendre à ses intérêts vitaux, en la menaçant de dommages inacceptables.
Elle repose sur deux composantes : océanique, avec des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins armés du missile M51, et aéroportée, avec des Rafale armés d’un missile de croisière. La décision d’emploi appartient au seul président de la République.
Combien de têtes nucléaires ?
Une dimension européenne
La fin des essais
Les forces déployées
Les armées sont présentes en permanence hors de l’Hexagone : dans les outre-mer, dans des bases à l’étranger et en opérations. Depuis 2022, elles ont quitté les pays du Sahel puis rendu la plupart de leurs bases africaines, tout en renforçant le flanc est de l’OTAN après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Les armées françaises hors de l’Hexagone
Hors de l’Hexagone, les armées tiennent trois sortes de présence : les forces de souveraineté, dans les outre-mer (9 050 militaires) ; les forces prépositionnées, à Djibouti (1 500) et aux Émirats arabes unis (750) ; et les opérations, dont le flanc est de l’OTAN (environ 2 500) et la lutte contre l’État islamique en Irak (1 100). En Afrique, les grandes bases ont presque toutes fermé.
- 1Guyane2 650 militaires, forces de souveraineté
- 2Flanc est de l’OTAN : Roumanie, Estonie, police du ciel2 500 militaires, opération
- 3Nouvelle-Calédonie2 200 militaires, forces de souveraineté
- 4La Réunion et Mayotte2 100 militaires, forces de souveraineté
- 5Djibouti1 500 militaires, forces prépositionnées
- 6Antilles1 100 militaires, forces de souveraineté
- 7Irak, lutte contre l’État islamique (Chammal)1 100 militaires, opération
- 8Polynésie française1 000 militaires, forces de souveraineté
- 9Missions de l’ONU, dont le Liban (FINUL)850 militaires, opération
- 10Émirats arabes unis750 militaires, forces prépositionnées
- 11Golfe de Guinée, sécurité maritime (Corymbe)450 militaires, opération
- 12Côte d’Ivoire100 militaires, détachement de liaison
- 13Gabon100 militaires, détachement de liaison
- 2022Mali : les dernières troupes partent ; l’opération Barkhane prend fin le 9 novembre.
- 2023Burkina Faso : les forces spéciales quittent le pays à la demande des autorités.
- 2023Niger : le retrait s’achève en décembre.
- 2024Gabon : la base devient un camp partagé avec l’armée gabonaise ; un détachement d’environ 100 militaires reste.
- 2025Tchad : la dernière base est rendue le 30 janvier.
- 2025Côte d’Ivoire : le camp de Port-Bouët est rendu le 20 février ; un détachement d’environ 100 militaires reste.
- 2025Sénégal : les dernières emprises sont rendues le 17 juillet.
Effectifs arrondis publiés par le ministère des Armées sur sa carte d’août 2026. N’y figurent pas, faute de lieu fixe : les missions de l’Union européenne (environ 600 militaires), les patrouilles navales en Atlantique Nord et en Méditerranée orientale (450), les missions récurrentes comme la mission Jeanne d’Arc (environ 3 800), ni les 6 000 à 10 000 militaires engagés sur le territoire national. Les arcs partent de la France sans figurer un trajet.
Sources : ministère des Armées, « Déploiement des armées françaises dans le monde », carte d’août 2026, et pages des détachements de liaison interarmées ; Le Monde et RFI pour les dates de départ du Tchad, de Côte d’Ivoire et du Sénégal ; fond de carte Natural Earth.
Aussi sur le territoire national
L’industrie et les exportations
La France dispose d’une industrie de défense capable de concevoir et de produire la plupart des équipements de ses armées, des sous-marins nucléaires aux avions de combat. Selon le rapport au Parlement de 2026, elle représente environ 240 000 emplois.
Ses exportations sont soumises à l’autorisation de l’État. En 2025, les pays étrangers ont commandé pour 21,2 milliards d’euros d’armements français, et le SIPRI classe la France au deuxième rang des exportateurs mondiaux.
Les commandes d’armement françaises en 2025
En 2025, les pays étrangers ont commandé pour 21,2 Md€ d’armements français, presque autant qu’en 2024. L’Inde en représente près d’un tiers (32,5 %), avec 26 Rafale Marine. Selon le SIPRI, la France est le deuxième exportateur d’armes majeures au monde sur 2021-2025, avec 9,8 % des livraisons.
- 1Inde6 904 M€
- 2Indonésie1 631 M€
- 3Grèce1 097 M€
- 4Danemark999 M€
- 5Ukraine781 M€
- 6Belgique673 M€
- 7Brésil673 M€
- 8Roumanie609 M€
- 9Allemagne526 M€
- 10Koweït516 M€
- 11Arabie saoudite346 M€
- 12Serbie339 M€
- 13Luxembourg311 M€
- 14Émirats arabes unis302 M€
- 15Norvège268 M€
- 201613,9 Md€
- 20176,9 Md€
- 20189,1 Md€
- 20198,3 Md€
- 20204,9 Md€
- 202111,7 Md€
- 202227,0 Md€
- 20238,2 Md€
- 202421,6 Md€
- 202521,2 Md€
Prises de commandes, en millions d’euros courants : un contrat signé dans l’année, qui sera livré et payé sur plusieurs années. La carte montre les quinze premiers pays clients de 2025 ; les commandes d’organisations internationales ou de plusieurs pays à la fois ne sont pas localisées. Le classement du SIPRI mesure autre chose : les livraisons d’armes majeures, en volume, sur cinq ans. Les arcs partent de la France sans figurer un trajet.
Sources : ministère des Armées, Rapport au Parlement 2026 sur les exportations d’armement de la France (12 août 2026), annexe 5 ; SIPRI, Trends in International Arms Transfers, 2025 (mars 2026) ; fond de carte Natural Earth.
Qui autorise une exportation ?
Le classement du SIPRI
Commandes et livraisons
Les grands contrats de 2025
L’OTAN
L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, l’OTAN, est une alliance militaire de 32 pays d’Europe et d’Amérique du Nord. Elle n’a pas d’armée propre : chaque allié garde ses forces, qu’il met à la disposition de l’Alliance, et les décisions se prennent à l’unanimité.
La France en est l’un des douze fondateurs, en 1949. En 1966, le général de Gaulle la retire du commandement militaire intégré, sans quitter l’Alliance ; elle y revient pleinement en 2009. Sa dissuasion nucléaire reste indépendante.
Comment fonctionne l’OTAN
L’OTAN n’est pas une armée : c’est une alliance de 32 États liés par un traité. Ses décisions se prennent à l’unanimité, et chaque allié choisit les moyens qu’il engage. Depuis 1949, l’article 5 n’a été invoqué qu’une fois ; l’article 4 a servi 9 fois, dont 5 à la demande de la Turquie.
- Article 4Se consulter« Les parties se consulteront chaque fois que, de l’avis de l’une d’elles, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique ou la sécurité de l’une des parties sera menacée. »neuf consultations depuis 1949
- Article 5Se défendre ensembleUne attaque armée contre un ou plusieurs alliés, en Europe ou en Amérique du Nord, « sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties ». Chacun assiste l’allié attaqué par l’action « qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée ».invoqué une seule fois, le 12 septembre 2001
- Article 6Une zone délimitéeL’engagement couvre le territoire des alliés en Europe et en Amérique du Nord, la Turquie, et les îles de l’Atlantique Nord situées au nord du tropique du Cancer.la Guyane, La Réunion ou la Nouvelle-Calédonie sont hors de cette zone
- Articles 10 et 13Entrer et sortirUn État européen ne peut adhérer que sur invitation des alliés, décidée à l’unanimité. Un allié peut quitter le traité un an après l’avoir dénoncé, puisque celui-ci est en vigueur depuis plus de vingt ans.aucun allié n’a jamais quitté le traité
- Le Conseil de l’Atlantique NorddécideIl réunit les représentants des 32 alliés, au moins une fois par semaine au niveau des ambassadeurs. Il n’y a ni vote ni majorité : les décisions se prennent à l’unanimité.
- Le secrétaire généralprésideMark Rutte, ancien Premier ministre des Pays-Bas, depuis le 1er octobre 2024. Il préside le Conseil et dirige le personnel civil du siège, à Bruxelles.
- Le Comité militaireconseilleIl réunit les chefs d’état-major des armées des alliés. Plus haute autorité militaire de l’OTAN, il conseille le Conseil et dirige les deux grands commandements.
- Le commandant suprême des forces alliées en EuropecommandeInstallé à Mons, en Belgique, il dirige les opérations militaires de l’Alliance. Par tradition, c’est un officier général américain.
- Le Groupe des plans nucléairesplanifieTous les alliés en sont membres, sauf la France, qui a choisi de ne pas y participer et garde une dissuasion entièrement indépendante.
- 10 février 2003Turquie : la menace irakienne.
- 22 juin 2012Turquie : un avion de chasse abattu par la Syrie.
- 3 octobre 2012Turquie : des obus syriens tuant cinq civils.
- 3 mars 2014Pologne : les tensions en Ukraine.
- 26 juillet 2015Turquie : des attentats terroristes.
- 28 février 2020Turquie : des soldats tués en Syrie.
- 24 février 2022Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, Slovaquie et Tchéquie : l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
- 10 septembre 2025Pologne : la violation de son espace aérien par des drones russes.
- 23 septembre 2025Estonie : l’entrée de trois chasseurs russes dans son espace aérien.
Citations du traité de l’Atlantique Nord, signé à Washington le 4 avril 1949 ; le traité compte quatorze articles. Les consultations au titre de l’article 4 sont celles que recense l’OTAN au 23 septembre 2025. Après l’invocation de l’article 5, en 2001, des avions radars de l’OTAN ont patrouillé au-dessus des États-Unis et une opération maritime a été lancée en Méditerranée.
Sources : OTAN, texte du traité de l’Atlantique Nord ; pages « Collective defence and Article 5 », « The consultation process and Article 4 », « North Atlantic Council », « Military Committee », « Secretary General », « Supreme Allied Commander Europe » et « Nuclear deterrence » (nato.int).
Les 32 pays de l’OTAN et leur date d’adhésion
Fondée en 1949 par douze pays, l’Alliance atlantique en compte 32 depuis l’adhésion de la Suède, le 7 mars 2024. Elle s’est élargie par vagues : pendant la guerre froide, vers l’Europe centrale et orientale après la chute du mur de Berlin, dans les Balkans, puis au nord après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
- 1949 : les douze fondateurs12 paysBelgique (4 avril 1949), Canada (4 avril 1949), Danemark (4 avril 1949), États-Unis (4 avril 1949), France (4 avril 1949), Islande (4 avril 1949), Italie (4 avril 1949), Luxembourg (4 avril 1949), Norvège (4 avril 1949), Pays-Bas (4 avril 1949), Portugal (4 avril 1949), Royaume-Uni (4 avril 1949)
- 1952-1982 : pendant la guerre froide4 paysGrèce (18 février 1952), Turquie (18 février 1952), Allemagne (6 mai 1955), Espagne (30 mai 1982)
- 1999-2004 : l’Europe centrale et orientale10 paysHongrie (12 mars 1999), Pologne (12 mars 1999), Tchéquie (12 mars 1999), Bulgarie (29 mars 2004), Estonie (29 mars 2004), Lettonie (29 mars 2004), Lituanie (29 mars 2004), Roumanie (29 mars 2004), Slovaquie (29 mars 2004), Slovénie (29 mars 2004)
- 2009-2020 : les Balkans4 paysAlbanie (1er avril 2009), Croatie (1er avril 2009), Monténégro (5 juin 2017), Macédoine du Nord (27 mars 2020)
- 2023-2024 : après l’invasion de l’Ukraine2 paysFinlande (4 avril 2023), Suède (7 mars 2024)
Dates d’adhésion publiées par l’OTAN : pour les douze fondateurs, la signature du traité de Washington ; pour les autres, le dépôt de l’instrument d’adhésion. L’Allemagne est entrée en 1955 sous la forme de la République fédérale d’Allemagne ; l’Allemagne réunifiée en est membre depuis 1990.
Sources : OTAN, « Member countries » et traité de l’Atlantique Nord du 4 avril 1949 (nato.int) ; fond de carte Natural Earth.
L’effort de défense de chaque allié en 2025
En 2025, selon les estimations de l’OTAN, les 30 alliés dont le chiffre est publié consacrent au moins 2 % de leur PIB à la défense ; en 2014, seuls 3 atteignaient ce repère. 3 alliés dépassent déjà la cible de 3,5 % fixée pour 2035 : Pologne, Lituanie et Lettonie. La France est à 2,05 %.
- 3,5 % ou plus3 paysPologne (4,48 %), Lituanie (4,00 %), Lettonie (3,73 %)
- de 3 % à moins de 3,5 %4 paysEstonie (3,38 %), Norvège (3,35 %), Danemark (3,22 %), États-Unis (3,22 %)
- de 2,5 % à moins de 3 %3 paysGrèce (2,85 %), Finlande (2,77 %), Suède (2,51 %)
- de 2 % à moins de 2,5 %20 paysPays-Bas (2,49 %), Royaume-Uni (2,40 %), Turquie (2,33 %), Roumanie (2,28 %), Bulgarie (2,06 %), Hongrie (2,06 %), France (2,05 %), Slovaquie (2,04 %), Croatie (2,03 %), Monténégro (2,03 %), Slovénie (2,02 %), Albanie (2,01 %), Canada (2,01 %), Italie (2,01 %), Belgique (2,00 %), Espagne (2,00 %), Luxembourg (2,00 %), Macédoine du Nord (2,00 %), Portugal (2,00 %), Tchéquie (2,00 %)
- pas de chiffre pour 20252 paysAllemagne (pas d’estimation publiée, 2,00 % en 2024), Islande (pas de forces armées)
Dépenses de défense au sens de l’OTAN, en % du PIB réel : les chiffres de 2025 sont des estimations publiées en juin 2025. L’Allemagne n’a pas publié d’estimation pour 2025, et l’Islande n’a pas de forces armées. L’OTAN a révisé ses chiffres en juin 2026 : l’Europe et le Canada auraient consacré 2,3 % de leur PIB à la défense en 2025. La cible de 3,5 % ne compte que la défense au sens strict ; l’engagement de La Haye y ajoute jusqu’à 1,5 % de dépenses de sécurité au sens large.
Sources : OTAN, Defence Expenditure of NATO Countries (2014-2025), juin 2025, tableau 3 ; OTAN, page sur les dépenses de défense mise à jour le 29 juin 2026 ; déclaration du sommet de La Haye du 25 juin 2025 ; fond de carte Natural Earth.
Qui paie la défense de l’Alliance
De 2014 à 2025, l’Europe et le Canada ont doublé leurs dépenses de défense, quand celles des États-Unis augmentaient de 13 %. Les États-Unis restent pourtant le premier contributeur : 60 % des dépenses de l’Alliance en 2025. Depuis 2025, les alliés visent 5 % de leur PIB en 2035.
- 2014Europe et Canada 278,6 Md$ · États-Unis 747,2 Md$
- 2015Europe et Canada 283,8 Md$ · États-Unis 726,0 Md$
- 2016Europe et Canada 291,7 Md$ · États-Unis 735,7 Md$
- 2017Europe et Canada 309,1 Md$ · États-Unis 708,3 Md$
- 2018Europe et Canada 321,2 Md$ · États-Unis 724,0 Md$
- 2019Europe et Canada 333,7 Md$ · États-Unis 795,6 Md$
- 2020Europe et Canada 349,7 Md$ · États-Unis 805,8 Md$
- 2021Europe et Canada 358,7 Md$ · États-Unis 824,1 Md$
- 2022Europe et Canada 372,3 Md$ · États-Unis 779,4 Md$
- 2023Europe et Canada 406,8 Md$ · États-Unis 773,1 Md$
- 2024 (estimation)Europe et Canada 482,4 Md$ · États-Unis 822,8 Md$
- 2025 (estimation)Europe et Canada 559,3 Md$ · États-Unis 845,3 Md$
- 20143 alliés
- 20154 alliés
- 20164 alliés
- 20173 alliés
- 20185 alliés
- 20196 alliés
- 20208 alliés
- 20216 alliés
- 20227 alliés
- 202310 alliés
- 202418 alliés
- 202530 alliés
Dépenses de défense au sens de l’OTAN, en milliards de dollars aux prix et taux de change de 2021, pour comparer les années sans l’effet de l’inflation ; 2024 et 2025 sont des estimations de juin 2025. Le nombre d’alliés à 2 % est calculé à partir des estimations publiées en juin 2025, révisées depuis : il peut différer des comptes annoncés chaque année. En 2025, l’Allemagne n’a pas publié d’estimation et l’Islande n’a pas de forces armées.
Sources : OTAN, Defence Expenditure of NATO Countries (2014-2025), juin 2025, tableaux 3 et 4 ; déclaration du sommet de La Haye du 25 juin 2025, paragraphes 2 et 3.
Le budget commun de l’OTAN
Chaque allié paie ses propres armées. Mais les 32 financent aussi en commun le fonctionnement de l’Organisation : jusqu’à 5,3 Md€ en 2026, une somme modeste au regard de leurs dépenses de défense. La part de chacun dépend de sa richesse : la France en paie 10,10 %, au 4e rang.
- Budget civil528,2 M€Paie le fonctionnement du siège de l’OTAN et de son personnel civil international.
- Budget militaire2,42 Md€Paie la structure de commandement intégrée et les opérations et missions de l’OTAN.
- Programme d’investissement au service de la sécurité2,20 Md€Paie les infrastructures militaires communes, comme les aérodromes, les réseaux de carburant ou les communications (plafond).
Budgets financés en commun par les 32 alliés pour 2026. Le programme d’investissement est donné en plafond, et l’OTAN annonce un total pouvant atteindre 5,3 Md€, contre environ 4,6 Md€ en 2025. La part de chaque allié, fixée pour 2026 et 2027 d’après son revenu national brut, s’applique aux trois budgets. En plus de ce budget commun, chaque allié paie ses propres forces, qu’il met à la disposition de l’Alliance.
Sources : OTAN, « Funding NATO », mise à jour du 8 avril 2026, montants 2026 et clé de répartition du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2027 (nato.int).
Les forces de l’OTAN sur son flanc est
Depuis 2017, l’OTAN stationne en permanence des forces multinationales à ses frontières orientales, de la Finlande à la Bulgarie. Elles sont 9 en 2026, chacune dirigée par une nation-cadre qui y envoie des troupes avec d’autres alliés. En Lettonie et en Lituanie, elles ont atteint le niveau d’une brigade.
- pays hôte d’une brigade multinationale2 paysLettonie (brigade, nation-cadre : Canada, depuis 2017, brigade depuis juillet 2024), Lituanie (brigade, nation-cadre : Allemagne, depuis 2017, brigade allemande inaugurée en mai 2025)
- pays hôte d’un groupement tactique7 paysFinlande (groupement tactique, nation-cadre : Suède, depuis juin 2026), Estonie (groupement tactique, nation-cadre : Royaume-Uni, depuis 2017), Pologne (groupement tactique, nation-cadre : États-Unis, depuis 2017), Slovaquie (groupement tactique, nation-cadre : Espagne, depuis 2022), Hongrie (groupement tactique, nation-cadre : Hongrie, depuis 2022), Roumanie (groupement tactique, nation-cadre : France, depuis 2022), Bulgarie (groupement tactique, nation-cadre : Italie, depuis 2022)
- nation-cadre, qui dirige une force hors de chez elle8 paysSuède (en Finlande), Royaume-Uni (en Estonie), Canada (en Lettonie), Allemagne (en Lituanie), États-Unis (en Pologne), Espagne (en Slovaquie), France (en Roumanie), Italie (en Bulgarie)
- Roumanie, mission AigleLa France est la nation-cadre du groupement de Cincu, déployé depuis le 28 février 2022 : environ 800 soldats français y servaient en mars 2025, avec des chars Leclerc et des canons Caesar.
- Estonie, mission LynxEnviron 350 militaires français servent dans le groupement dirigé par le Royaume-Uni, avec des blindés Griffon.
- FinlandeLa France contribue au groupement dirigé par la Suède, le neuvième de l’OTAN, créé en juin 2026.
- Police du ciel balteDes avions de chasse français participent, par rotations, à la surveillance de l’espace aérien des pays baltes depuis 2004.
- juillet 2016Au sommet de Varsovie, les alliés décident de déployer quatre groupements tactiques dans les pays baltes et en Pologne.
- août 2017Les quatre premiers groupements sont déployés et opérationnels.
- 24 mars 2022Après l’invasion de l’Ukraine, quatre nouveaux groupements sont créés : Bulgarie, Hongrie, Roumanie et Slovaquie.
- juin 2022Au sommet de Madrid, les alliés prévoient de porter ces forces au niveau d’une brigade, là et quand il le faut.
- juillet 2024En Lettonie, la force dirigée par le Canada devient la première brigade multinationale.
- mai 2025L’Allemagne inaugure sa brigade en Lituanie, qui doit compter jusqu’à 5 000 soldats d’ici 2027.
- septembre 2025L’OTAN lance Eastern Sentry pour renforcer la surveillance aérienne de son flanc est.
- juin 2026Un neuvième groupement est créé en Finlande, sous la direction de la Suède.
Forces multinationales de la présence avancée de l’OTAN, telles que l’OTAN les décrit en juin 2026. L’épaisseur des arcs distingue les brigades des groupements tactiques : les effectifs ne sont publiés que pour quelques pays. La Hongrie dirige elle-même le groupement installé chez elle. Chaque force réunit aussi des contingents d’autres alliés. Les arcs relient la nation-cadre au pays hôte sans figurer un trajet.
Sources : OTAN, page sur la présence militaire de l’OTAN dans l’est de l’Alliance, mise à jour du 17 juin 2026, et page sur la police du ciel ; ministère des Armées, pages des missions Aigle (Roumanie), Lynx (Estonie) et de la police du ciel balte ; fond de carte Natural Earth.
- 2022Au sommet de Madrid, les 29 et 30 juin, les alliés adoptent un nouveau concept stratégique, qui désigne la Russie comme la menace la plus importante et la plus directe, et invitent la Finlande et la Suède à rejoindre l’Alliance.
- 2023À Vilnius, les 11 et 12 juillet, les alliés s’engagent à consacrer durablement au moins 2 % de leur PIB à la défense et créent le Conseil OTAN-Ukraine ; la Finlande siège pour la première fois.
- 2024À Washington, du 9 au 11 juillet, pour les 75 ans de l’Alliance, la Suède siège comme 32e allié ; les alliés créent un commandement chargé de coordonner l’aide militaire et la formation pour l’Ukraine.
- 2025À La Haye, les 24 et 25 juin, les alliés s’engagent à consacrer 5 % de leur PIB à la défense et à la sécurité d’ici 2035, dont au moins 3,5 % pour la défense au sens strict.
- 2026À Ankara, les 7 et 8 juillet, les alliés promettent 70 Md€ d’aide militaire à l’Ukraine pour 2026 et annoncent plus de 50 Md$ de nouvelles commandes d’équipements.
L’OTAN et l’Ukraine
Les armes nucléaires de l’Alliance
Qui veut entrer ?
Le siège
Des chiffres révisés chaque année
L’Union européenne et la défense
L’Union européenne n’a pas d’armée : la défense reste une compétence de ses États membres, et ses décisions en la matière se prennent à l’unanimité. Mais l’Union conduit des missions à l’étranger, finance une industrie de défense européenne et, depuis 2025, prête aux États pour qu’ils se réarment.
Vingt-trois de ses vingt-sept membres appartiennent aussi à l’OTAN. Le traité le dit : pour eux, l’Alliance reste « le fondement de leur défense collective ».
Ce que les Vingt-Sept dépensent pour leur défense
De 2018 à 2025, les dépenses de défense des pays de l’Union ont été multipliées par 2,4, et leur part dans le PIB est passée de 1,3 % à 2,2 %.
- 2018Dépenses 173,5 Md€
- 2019Dépenses 185,9 Md€
- 2020Dépenses 197,9 Md€
- 2021Dépenses 217,1 Md€
- 2022Dépenses 239,1 Md€
- 2023Dépenses 278,6 Md€
- 2024Dépenses 343,2 Md€
- 2025Dépenses 417,6 Md€
- 2026 (estimation)Dépenses 454,0 Md€
- Investissements134,3 Md€achats d’équipements et recherche, près d’un tiers des dépenses
- Recherche et développement16,8 Md€pour préparer les armements de demain
Montants en euros courants. Le chiffre de 2026 est une prévision de l’Agence.
Agence européenne de défense, Defence Data 2025-2026 (16 juillet 2026).
L’effort de défense de chaque pays de l’Union en 2025
La Pologne consacre 4,3 % de son PIB à sa défense, l’Irlande 0,2 %. Avec 61 Md€, la France est le deuxième budget de l’Union, derrière l’Allemagne.
- Moins de 1,5 % du PIB3 paysAutriche (1,1 % du PIB), Irlande (0,2 % du PIB), Malte (0,5 % du PIB)
- De 1,5 à 2 %2 paysPortugal (1,6 % du PIB), Chypre (1,6 % du PIB)
- De 2 à 3 %17 paysAllemagne (2,4 % du PIB), France (2,0 % du PIB), Italie (2,0 % du PIB), Espagne (2,0 % du PIB), Pays-Bas (2,3 % du PIB), Suède (2,5 % du PIB), Belgique (2,0 % du PIB), Roumanie (2,2 % du PIB), Finlande (2,9 % du PIB), Tchéquie (2,0 % du PIB), Grèce (2,8 % du PIB), Hongrie (2,1 % du PIB), Slovaquie (2,1 % du PIB), Bulgarie (2,0 % du PIB), Croatie (2,1 % du PIB), Slovénie (2,0 % du PIB), Luxembourg (2,1 % du revenu national brut)
- 3 % ou plus5 paysPologne (4,3 % du PIB), Danemark (3,3 % du PIB), Lituanie (4,0 % du PIB), Lettonie (3,6 % du PIB), Estonie (3,4 % du PIB)
Pour le Luxembourg, l’Agence rapporte la dépense au revenu national brut, et non au PIB. Malte, trop petite à cette échelle, n’est pas dessinée sur la carte.
Agence européenne de défense, Defence Data 2025-2026 (16 juillet 2026).
Les instruments de l’Union pour la défense
L’essentiel de l’effort reste national : sur les 800 Md€ du plan ReArm Europe, jusqu’à 650 Md€ doivent venir des budgets des États, et 150 Md€ de prêts européens.
- Le plan dans son ensemblejusqu’à 800 Md€le montant que la Commission espère mobiliser pour la défense européenne
- La souplesse budgétairejusqu’à 650 Md€de dépenses nationales en plus, permises par la clause dérogatoire du pacte de stabilité : un écart allant jusqu’à 1,5 % du PIB, pendant au moins quatre ans. 18 États l’ont activée.
- Les prêts SAFE150 Md€prêtés aux États pour acheter des armements, sur 45 ans au plus ; 19 États en ont demandé
La Facilité européenne pour la paix, dotée de 17,04 Md€ dont 5 Md€ pour l’Ukraine, finance hors du budget de l’Union des aides militaires aux pays partenaires. Le programme pour l’industrie de défense (EDIP) réserve 0,3 Md€ à l’Ukraine. Les prêts SAFE ne figurent pas dans ces barres : ils sont remboursables.
Commission européenne : livre blanc et plan ReArm Europe (19 mars 2025), Fonds européen de la défense, proposition de cadre financier 2028-2034 ; règlements (UE) 2025/1106 (SAFE) et 2025/2643 (EDIP) ; Service européen pour l’action extérieure, Facilité européenne pour la paix.
Qui emprunte à l’instrument SAFE ?
Dix-neuf États ont demandé des prêts. La Pologne en obtient près d’un tiers ; l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suède n’ont rien demandé.
- 10 Md€ ou plus4 paysPologne (43,73 Md€), Roumanie (16,68 Md€), France (15,09 Md€), Italie (14,90 Md€)
- De 2 à 10 Md€8 paysBelgique (8,34 Md€), Lituanie (6,38 Md€), Portugal (5,84 Md€), Lettonie (3,50 Md€), Bulgarie (3,26 Md€), Estonie (2,34 Md€), Slovaquie (2,32 Md€), Tchéquie (2,06 Md€)
- Moins de 2 Md€6 paysCroatie (1,70 Md€), Chypre (1,18 Md€), Finlande (1,00 Md€), Espagne (1,00 Md€), Grèce (0,79 Md€), Danemark (0,05 Md€)
- Plafond provisoire seulement1 paysHongrie (16,22 Md€, provisoire)
- Pas de demande8 paysAllemagne, Autriche, Irlande, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Slovénie, Suède
Plafonds répartis par la Commission le 9 septembre 2025, puis rendus définitifs par le Conseil, pays par pays : celui de la France le 10 avril 2026. La Hongrie n’a qu’un plafond provisoire. Des avances ont déjà été versées à Chypre, à l’Estonie, à la Grèce et à la Lituanie. Les armements achetés ne peuvent compter plus de 35 % de composants extérieurs à l’Union.
Règlement (UE) 2025/1106 du 27 mai 2025 ; décision de la Commission C(2025) 6300 du 9 septembre 2025 ; décisions d’exécution du Conseil.
Où l’Union déploie ses missions
Les missions civiles conseillent des polices, des justices ou des gardes-frontières ; les missions militaires forment des armées ou protègent des routes maritimes.
- Mission militaire1 paysBosnie-Herzégovine (EUFOR Althea, stabilisation)
- Mission civile7 paysGéorgie (EUMM, observation), Arménie (EUMA, observation, et EUPM, partenariat face aux menaces hybrides), Ukraine (EUAM, réforme de la sécurité intérieure, depuis 2014), Moldavie (EUPM, résilience du secteur de la sécurité), Territoires palestiniens (EUBAM Rafah, depuis 2005, et EUPOL COPPS, police et justice), Libye (EUBAM, gestion des frontières), Mali (EUCAP Sahel Mali, depuis 2015)
- Missions civile et militaire2 paysSomalie (EUTM, formation de l’armée, et EUCAP, sécurité maritime), Centrafrique (EUTM, conseil et formation de l’armée, et EUAM, conseil au ministère de l’Intérieur)
- Initiative civile et militaire4 paysCôte d’Ivoire (golfe de Guinée), Ghana (golfe de Guinée), Togo (golfe de Guinée), Bénin (golfe de Guinée)
Ne figurent pas sur la carte : les trois opérations navales (Atalanta dans l’océan Indien, Irini en Méditerranée, Aspides en mer Rouge), la mission EULEX au Kosovo, et la mission militaire d’aide à l’Ukraine, conduite sur le sol de l’Union. La mission de conseil en Irak et la mission militaire au Mozambique n’y sont pas non plus : leur situation actuelle n’a pas pu être confirmée.
Service européen pour l’action extérieure, missions et opérations de la politique de sécurité et de défense commune (septembre 2026).
Les opérations en mer
Former l’armée ukrainienne sans aller en Ukraine
La clause d’assistance mutuelle
Qui décide ?
La coopération structurée permanente
- 1954Le 30 août, l’Assemblée nationale rejette la Communauté européenne de défense, qui devait créer une armée européenne.
- 1993Le traité de Maastricht entre en vigueur et crée la politique étrangère et de sécurité commune.
- 2003L’Union lance ses premières missions : une mission de police en Bosnie-Herzégovine, puis ses premières opérations militaires, en Macédoine et en République démocratique du Congo.
- 2004Création de l’Agence européenne de défense, qui aide les États à développer leurs capacités militaires.
- 2009Le traité de Lisbonne entre en vigueur : la politique de sécurité et de défense commune prend son nom actuel, et la clause d’assistance mutuelle entre dans le traité.
- 2015Le 17 novembre, après les attentats de Paris et de Saint-Denis, la France invoque pour la première fois la clause d’assistance mutuelle.
- 2017L’Union crée, le 8 juin, un état-major pour conduire ses missions militaires de formation, puis lance, le 11 décembre, la coopération structurée permanente.
- 2022En mars, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les Vingt-Sept adoptent une « boussole stratégique » pour leur sécurité et leur défense.
- 2024Le 1er décembre, Kaja Kallas devient haute représentante, et Andrius Kubilius commissaire à la défense et à l’espace.
- 2025Le 19 mars, la Commission présente son livre blanc et le plan ReArm Europe ; le 27 mai, l’Union adopte l’instrument de prêts SAFE ; le 30 décembre, le programme pour l’industrie de défense entre en vigueur.
- 2026Le 10 avril, le Conseil fixe définitivement le plafond de prêt SAFE de la France, à 15,09 Md€.
L’Union et l’OTAN, deux cercles qui se recouvrent
La France et le monde
Comparer les armées suppose des chiffres comparables. Le SIPRI, un institut de recherche suédois, estime les dépenses militaires de tous les pays en dollars, et recense les ventes d’armes et les arsenaux nucléaires ; l’OTAN publie les dépenses de ses membres selon sa propre méthode.
En 2025, le monde a consacré 2 887 milliards de dollars à ses armées, soit 2,5 % du PIB mondial : c’est la onzième année de hausse d’affilée, et le niveau le plus élevé jamais relevé par le SIPRI.
La part de son PIB que chaque pays consacre à ses armées en 2025
L’Ukraine en guerre y consacre près de 40 % de son PIB, la Russie 7,5 %, les États-Unis 3,1 %, la France 2,0 %. À l’échelle du monde, la part est de 2,5 %.
- Moins de 1 %40 paysGuyana (1,0 % du PIB), Népal (1,0 % du PIB), Trinité-et-Tobago (0,9 % du PIB), Nigeria (0,9 % du PIB), Guinée équatoriale (0,9 % du PIB), Bénin (0,9 % du PIB), Guinée-Bissau (0,9 % du PIB), Paraguay (0,9 % du PIB), Mongolie (0,9 % du PIB), Liberia (0,9 % du PIB), Luxembourg (0,9 % du PIB), Pérou (0,8 % du PIB), Bangladesh (0,8 % du PIB), République dominicaine (0,8 % du PIB), Côte d’Ivoire (0,8 % du PIB), Suisse (0,8 % du PIB), Afrique du Sud (0,7 % du PIB), Mexique (0,7 % du PIB), Bosnie-Herzégovine (0,7 % du PIB), Cap-Vert (0,7 % du PIB), Madagascar (0,6 % du PIB), Égypte (0,6 % du PIB), Gambie (0,6 % du PIB), Zimbabwe (0,6 % du PIB), Nicaragua (0,6 % du PIB), Argentine (0,6 % du PIB), Moldavie (0,6 % du PIB), Guatemala (0,5 % du PIB), Éthiopie (0,5 % du PIB), Ghana (0,5 % du PIB), Malte (0,5 % du PIB), Kazakhstan (0,4 % du PIB), Sierra Leone (0,4 % du PIB), Papouasie-Nouvelle-Guinée (0,4 % du PIB), Irlande (0,2 % du PIB), Maurice (0,2 % du PIB), Haïti (0,1 % du PIB), Costa Rica (aucune dépense militaire), Panama (aucune dépense militaire), Islande (aucune dépense militaire)
- De 1 à 2 %48 paysMacédoine du Nord (2,0 % du PIB), Ouganda (2,0 % du PIB), Australie (1,9 % du PIB), Turquie (1,9 % du PIB), Monténégro (1,9 % du PIB), Italie (1,9 % du PIB), Mozambique (1,9 % du PIB), Togo (1,9 % du PIB), Tchéquie (1,8 % du PIB), Géorgie (1,8 % du PIB), Chine (1,7 % du PIB, estimation), Portugal (1,7 % du PIB), Gabon (1,7 % du PIB), Lesotho (1,6 % du PIB), Canada (1,6 % du PIB), Chypre (1,6 % du PIB), Eswatini (1,6 % du PIB), Sénégal (1,6 % du PIB), Somalie (1,5 % du PIB), Slovénie (1,5 % du PIB), Chili (1,5 % du PIB), Tadjikistan (1,5 % du PIB), Honduras (1,5 % du PIB), Cambodge (1,5 % du PIB), Japon (1,4 % du PIB), Angola (1,4 % du PIB), République démocratique du Congo (1,4 % du PIB), Jamaïque (1,4 % du PIB), Salvador (1,3 % du PIB), Fidji (1,3 % du PIB), Congo (1,3 % du PIB), Sri Lanka (1,3 % du PIB), Philippines (1,3 % du PIB), Rwanda (1,3 % du PIB), Zambie (1,3 % du PIB), Seychelles (1,2 % du PIB), Bolivie (1,2 % du PIB), Tanzanie (1,2 % du PIB), Malawi (1,2 % du PIB), Nouvelle-Zélande (1,1 % du PIB), Autriche (1,1 % du PIB), Kenya (1,1 % du PIB), Cameroun (1,1 % du PIB), Brésil (1,1 % du PIB), Indonésie (1,0 % du PIB), Malaisie (1,0 % du PIB), Thaïlande (1,0 % du PIB), Belize (1,0 % du PIB)
- De 2 à 3 %35 paysGrèce (3,0 % du PIB), Kirghizstan (2,9 % du PIB), Pakistan (2,9 % du PIB), Namibie (2,8 % du PIB), Serbie (2,8 % du PIB), Mauritanie (2,8 % du PIB), Corée du Sud (2,6 % du PIB), Finlande (2,6 % du PIB), Liban (2,5 % du PIB), Tunisie (2,5 % du PIB), Suède (2,5 % du PIB), Irak (2,5 % du PIB), Biélorussie (2,4 % du PIB), Royaume-Uni (2,4 % du PIB), Centrafrique (2,3 % du PIB), Inde (2,3 % du PIB), Uruguay (2,3 % du PIB), Roumanie (2,3 % du PIB), Allemagne (2,3 % du PIB), Timor oriental (2,3 % du PIB), Pays-Bas (2,2 % du PIB), Viêt Nam (2,2 % du PIB), Niger (2,1 % du PIB), Espagne (2,1 % du PIB), Équateur (2,1 % du PIB), Taïwan (2,1 % du PIB), Iran (2,1 % du PIB), Hongrie (2,0 % du PIB), Guinée (2,0 % du PIB), Albanie (2,0 % du PIB), Slovaquie (2,0 % du PIB), France (2,0 % du PIB), Croatie (2,0 % du PIB), Bulgarie (2,0 % du PIB), Belgique (2,0 % du PIB)
- De 3 à 5 %19 paysKoweït (4,7 % du PIB), Jordanie (4,6 % du PIB), Pologne (4,5 % du PIB), Mali (3,9 % du PIB), Lettonie (3,6 % du PIB), Maroc (3,5 % du PIB), Soudan du Sud (3,4 % du PIB), Estonie (3,4 % du PIB), Burkina Faso (3,3 % du PIB), Norvège (3,3 % du PIB), Danemark (3,3 % du PIB), Burundi (3,2 % du PIB), Colombie (3,2 % du PIB), Tchad (3,2 % du PIB), États-Unis (3,1 % du PIB), Botswana (3,1 % du PIB), Bahreïn (3,1 % du PIB), Lituanie (3,1 % du PIB), Singapour (3,1 % du PIB)
- 5 % ou plus8 paysUkraine (39,6 % du PIB, estimation), Algérie (8,8 % du PIB), Israël (7,8 % du PIB), Russie (7,5 % du PIB, estimation), Arabie saoudite (6,5 % du PIB, estimation), Azerbaïdjan (6,5 % du PIB), Arménie (6,1 % du PIB), Oman (5,7 % du PIB)
- Pas de chiffre publié17 paysLibye, Djibouti, Érythrée, Soudan, Cuba, Venezuela, Afghanistan, Corée du Nord, Brunei, Laos, Birmanie, Turkménistan, Ouzbékistan, Qatar, Syrie, Émirats arabes unis, Yémen
Le Costa Rica, l’Islande et le Panama n’ont pas de dépense militaire au sens du SIPRI. Les chiffres de la Chine, de la Russie, de l’Ukraine et de l’Arabie saoudite sont des estimations. Le SIPRI n’a pas la même définition que l’OTAN ou l’Agence européenne de défense : la France est ici à 2,03 %, à 2,05 % pour l’OTAN. Le Kosovo et plusieurs petits États, comme Malte, Singapour ou Bahreïn, ne sont pas dessinés sur la carte.
SIPRI, Military Expenditure Database (27 avril 2026) et Trends in World Military Expenditure, 2025 (avril 2026).
Les plus gros budgets militaires du monde en 2025
Les États-Unis dépensent à eux seuls un tiers du total mondial, près de trois fois plus que la Chine. La France est neuvième, avec 68,0 Md$.
- 2016Monde 1 961,8 Md$
- 2017Monde 1 982,9 Md$
- 2018Monde 2 044,6 Md$
- 2019Monde 2 131,6 Md$
- 2020Monde 2 209,7 Md$
- 2021Monde 2 227,8 Md$
- 2022Monde 2 299,3 Md$
- 2023Monde 2 453,4 Md$
- 2024Monde 2 692,3 Md$
- 2025Monde 2 771,3 Md$
- Dépenses mondiales2 887 Md$en dollars courants : 2,5 % du PIB mondial, 352 dollars par habitant
- Hausse sur un an+2,9 %hors inflation ; sans les États-Unis, la hausse atteint 9,2 %
- Les pays de l’OTAN55 %des dépenses mondiales, dont 559 Md$ pour ses membres européens
- La France68,0 Md$2,4 % des dépenses mondiales ; ses dépenses d’équipement ont progressé de 11 %, à 21,1 Md$
Montants en dollars courants, sauf la série de 2016 à 2025, en dollars constants de 2024 pour effacer l’inflation. Les chiffres de la Chine, de la Russie, de l’Ukraine et de l’Arabie saoudite sont des estimations du SIPRI.
SIPRI, Trends in World Military Expenditure, 2025 (avril 2026) et Military Expenditure Database (27 avril 2026).
Le rapport de force : la France face aux grandes puissances
Huit pays, sept mesures. Par la masse, la France pèse peu face aux États-Unis ou à la Chine ; mais elle fait partie des rares pays qui disposent à la fois de porte-avions, de sous-marins lanceurs d’engins et de l’arme nucléaire.
- Militaires d’activeLes soldats professionnels en service, sans les réservistes. Dates et définitions diffèrent : lisez la note de chaque chiffre.
- Dépenses militairesEn milliards de dollars courants, selon le SIPRI, qui applique la même définition à tous les pays.
- Avions de combatChasseurs, bombardiers et avions d’attaque en service. Le décompte japonais sert pour cinq pays ; la France et le Royaume-Uni publient le leur.
- Porte-avionsLes navires qui emportent des avions de combat au large, loin de toute base.
- Sous-marins nucléaires lanceurs d’enginsLes sous-marins qui portent des missiles à tête nucléaire : la part la plus discrète d’une dissuasion.
- Tonnage de la flotteLe tonnage total des navires, additionné par le ministère japonais de la Défense à partir de l’annuaire Jane’s : il mesure la taille d’une marine, pas sa puissance.
- Ogives nucléairesLe stock militaire estimé par le SIPRI en janvier 2026 : ogives déployées et en réserve, sans les ogives retirées. Les États publient peu ou pas ces chiffres.
| Catégorie | France | États-Unis | Chine | Russie | Royaume-Uni | Inde | Allemagne | Japon |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Militaires d’active | 201 5002025, Sénat, au 31 décembre | 1 293 1492026, ministère de la Défense, au 31 mars, sans les garde-côtes | 2 040 0002025, Livre blanc japonais 2025, d’après l’IISS, estimation | 1 535 0002026, décret présidentiel, effectif autorisé au 1er août, et non effectif réel, que l’IISS estime à 1 130 000 | 137 4802026, ministère de la Défense, réguliers au 1er juillet | non disponible2025, Livre blanc japonais 2025, d’après l’IISS, total non publié ; armée de terre seule : environ 1 240 000 | 186 7052026, Bundeswehr, au 31 juillet | 220 2522025, ministère japonais de la Défense, effectif réel au 31 mars |
| Dépenses militaires | 68,0 Md$2025, SIPRI | 954,0 Md$2025, SIPRI | 336,0 Md$2025, SIPRI, estimation | 190,0 Md$2025, SIPRI, estimation | 89,0 Md$2025, SIPRI | 92,1 Md$2025, SIPRI | 114,0 Md$2025, SIPRI | 62,2 Md$2025, SIPRI |
| Avions de combat | 2242024, ministère des Armées, Rafale et Mirage 2000, au 31 décembre | 3 1902025, Livre blanc japonais 2025, d’après l’IISS | 3 3702025, Livre blanc japonais 2025, d’après l’IISS | 1 4602025, Livre blanc japonais 2025, d’après l’IISS | 1712026, ministère de la Défense, 124 Typhoon et 47 F-35B, au 1er avril | 8302025, Livre blanc japonais 2025, d’après l’IISS | non disponibleBundeswehr, pas de chiffre officiel récent | 3702025, Livre blanc japonais 2025, avions de patrouille maritime compris |
| Porte-avions | 12024, ministère des Armées, le Charles-de-Gaulle | 112025, Service de recherche du Congrès, à propulsion nucléaire | 22025, Livre blanc japonais 2025, au 31 mars ; un troisième, le Fujian, était alors en essais | 12025, Livre blanc japonais 2025, d’après l’IISS, disponibilité non vérifiée | 22026, ministère de la Défense | 22025, Livre blanc japonais 2025 | 02026, Bundeswehr, aucun parmi les navires de la marine | 02025, ministère japonais de la Défense, des porte-hélicoptères en cours d’adaptation pour des F-35B |
| Sous-marins nucléaires lanceurs d’engins | 42024, ministère des Armées | 142025, Service de recherche du Congrès | 62023, Service de recherche du Congrès, d’après le ministère américain de la Défense | 122025, Livre blanc japonais 2025, d’après l’IISS | 42026, ministère de la Défense | 22024, Livre blanc japonais 2025 | 02026, SIPRI, pas d’arme nucléaire | 02026, SIPRI, pas d’arme nucléaire |
| Tonnage de la flotte | 390 000 t2025, Livre blanc japonais 2025, d’après Jane’s | 6 750 000 t2025, Livre blanc japonais 2025, d’après Jane’s | 2 370 000 t2025, Livre blanc japonais 2025, d’après Jane’s | 2 000 000 t2025, Livre blanc japonais 2025, d’après Jane’s | 640 000 t2025, Livre blanc japonais 2025, d’après Jane’s | 500 000 t2025, Livre blanc japonais 2025, d’après Jane’s | non disponible2025, Livre blanc japonais 2025, hors des dix premières flottes, donc moins de 240 000 t | 530 000 t2025, Livre blanc japonais 2025, flotte réelle au 31 mars |
| Ogives nucléaires | 2902026, SIPRI, estimation | 3 7002026, SIPRI, estimation | 6202026, SIPRI, estimation | 4 4002026, SIPRI, estimation | 2252026, SIPRI, estimation | 1902026, SIPRI, estimation | 02026, SIPRI, pas d’arme nucléaire nationale | 02026, SIPRI, pas d’arme nucléaire |
- Compter n’est pas mesurer la puissanceL’entraînement, la disponibilité des matériels, les stocks de munitions ou le renseignement ne figurent dans aucun de ces chiffres. Un avion récent et un avion ancien comptent pour un.
- Des définitions différentesLa Russie publie un effectif autorisé, les autres pays un effectif réel ; les avions de combat ne sont pas comptés par la même source pour tous. Chaque chiffre porte son année, sa source et sa note.
- La dissuasion change l’échelleAvec environ 290 ogives, selon le SIPRI, et quatre sous-marins lanceurs d’engins, la France fait partie des neuf puissances nucléaires et des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.
- Ce qui n’est pas dans le tableauLes chars, les frégates et les sous-marins d’attaque n’y figurent pas : aucune source publique lue ne les donne pour les huit pays avec des définitions comparables. Les alliances comptent aussi : la France est couverte par l’article 5 du traité de l’OTAN et par la clause d’assistance mutuelle de l’Union.
Les chiffres vont de 2023 à 2026 selon les sources : l’année de chacun est indiquée dans le tableau. Pour les pays qui publient peu, ce sont des estimations d’instituts (SIPRI, IISS) ou d’un gouvernement étranger.
SIPRI (dépenses 2025, forces nucléaires en janvier 2026) ; ministère japonais de la Défense, Defense of Japan 2025, d’après l’IISS et Jane’s ; ministère des Armées, Chiffres clés de la Défense 2025 ; Sénat ; ministère de la Défense du Royaume-Uni ; ministère de la Défense des États-Unis et Service de recherche du Congrès ; Bundeswehr ; décrets du président de la Fédération de Russie.
Qui vend des armes au monde ?
Sur 2021-2025, la France est le deuxième exportateur d’armes, loin derrière les États-Unis. Ses premiers clients sont l’Inde, l’Égypte et la Grèce.
- La France+21 %d’exportations par rapport à 2016-2020, vers 63 États ; l’Inde reçoit 24 % de ses livraisons
- La Russie−64 %de baisse de ses exportations depuis 2016-2020 : elle n’est plus que troisième
- L’Ukraine9,7 %des importations mondiales : c’est le premier importateur d’armes
- L’Europe33 %des importations mondiales, une première depuis les années 1960
Le SIPRI mesure le volume des livraisons de grands systèmes d’armes, et non le montant des contrats ; il compare des périodes de cinq ans.
SIPRI, Trends in International Arms Transfers, 2025 (mars 2026).
Le droit de veto
Les défis
Le réarmement engagé depuis 2023 doit répondre au retour de la guerre en Europe et à la fin d’un cycle d’opérations au Sahel. Il se heurte à plusieurs difficultés : financer un effort durable dans un budget de l’État contraint, recruter et fidéliser, et produire plus vite.
Atteindre 3,5 % du PIB en 2035
Recruter et fidéliser
Produire plus vite
Les nouveaux espaces de conflit
Sources
Chaque chiffre de cette fiche provient d’une source publique primaire, lue le 12 septembre 2026. Les données de 2025 sont en partie des estimations, et celles de 2026 à 2030 des prévisions : elles seront révisées.
Les sources de cette fiche
- Assemblée nationale · Projet de loi actualisant la programmation militaire, texte adopté n° 325 du 1er juillet 2026, et son rapport annexé : trajectoire financière 2024-2030, budget des armées depuis 2017, effectifs, parcs d’équipements, service national.
- Légifrance · Loi n° 2023-703 du 1er août 2023 relative à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 ; loi du 28 octobre 1997 portant réforme du service national.
- Conseil constitutionnel · Texte intégral de la Constitution du 4 octobre 1958, articles 15, 20, 21, 34 et 35.
- Sénat · Rapport n° 666 (2025-2026) du 27 mai 2026 sur le projet de loi d’actualisation de la programmation militaire : effectifs au 31 décembre 2025.
- Direction du Budget · Loi de finances initiale pour 2026, crédits de la mission Défense par programme, action et titre ; exécution 2025 (budget.gouv.fr).
- Ministère des Armées · « Déploiement des armées françaises dans le monde », carte d’août 2026 ; pages des missions Aigle (Roumanie), Lynx (Estonie), de la police du ciel balte et des détachements de liaison interarmées ; Rapport au Parlement 2026 sur les exportations d’armement de la France (12 août 2026) ; Chiffres clés de la Défense 2025.
- Élysée et SGDSN · Discours sur la stratégie de défense et de dissuasion du 7 février 2020 ; discours de l’Île Longue du 2 mars 2026 ; revue nationale stratégique 2022 et 2025.
- OTAN · Traité de l’Atlantique Nord du 4 avril 1949 ; pays membres et dates d’adhésion ; pages sur l’article 5, les consultations au titre de l’article 4, le Conseil de l’Atlantique Nord, le Comité militaire, le secrétaire général et la dissuasion nucléaire ; présence militaire dans l’est de l’Alliance (17 juin 2026) ; Defence Expenditure of NATO Countries 2014-2025 (juin 2025) ; financement commun et clé de répartition 2026-2027 (8 avril 2026) ; déclarations des sommets de Madrid, Vilnius, Washington, La Haye et Ankara.
- SIPRI · Trends in World Military Expenditure, 2025 (avril 2026) et Military Expenditure Database (27 avril 2026) ; Trends in International Arms Transfers, 2025 (mars 2026) ; SIPRI Yearbook 2026, forces nucléaires mondiales en janvier 2026.
- Union européenne · Traité sur l’Union européenne, articles 24, 42 et 46, et traité sur le fonctionnement de l’Union, article 222 (EUR-Lex) ; règlements (UE) 2025/1106 du 27 mai 2025 (SAFE) et 2025/2643 (EDIP) ; décision de la Commission C(2025) 6300 du 9 septembre 2025 ; Commission européenne, livre blanc et plan ReArm Europe (19 mars 2025), feuille de route Readiness 2030 (16 octobre 2025) ; Agence européenne de défense, Defence Data 2025-2026 (16 juillet 2026) et coopération structurée permanente ; Service européen pour l’action extérieure, missions et opérations, Facilité européenne pour la paix, capacité militaire de planification et de conduite ; Parlement européen, commission de la sécurité et de la défense.
- Nations unies · Charte des Nations unies, chapitre V, articles 23 et 27 ; collection des traités : état des signatures et ratifications du traité d’interdiction complète des essais nucléaires.
- Japon · Ministère de la Défense, Defense of Japan 2025 : comparaison des forces des grandes puissances, d’après l’IISS et l’annuaire Jane’s, et annexes sur les forces japonaises.
- Royaume-Uni · Ministère de la Défense : statistiques trimestrielles des effectifs au 1er juillet 2026 ; équipements et formations au 1er avril 2026.
- États-Unis · Ministère de la Défense, effectifs par lieu d’affectation au 31 mars 2026 ; Service de recherche du Congrès, rapports sur les porte-avions, les sous-marins lanceurs d’engins et la marine chinoise.
- Allemagne et Russie · Bundeswehr, effectifs au 31 juillet 2026 et systèmes d’armes de la marine ; décrets du président de la Fédération de Russie n° 419 du 12 juin 2026 et n° 526 du 27 juillet 2026 sur les effectifs des forces armées.
Ce que cette fiche ne chiffre pas
Pour aller plus loin
Testez vos connaissances
Quatorze questions pour vérifier ce que vous avez retenu de la fiche, de la Constitution au rapport de force entre les grandes puissances. Choisissez une réponse, validez : l’explication s’affiche aussitôt.
Le chef des armées
Très facileLe contrôle du Parlement
FacileLa dissuasion
FacileLe rang mondial
MoyenLa programmation militaire
FacileL’objectif de l’OTAN
FacileLe budget
MoyenLes exportations
FacileLes sous-marins
MoyenL’OTAN
FacileLa défense de l’Union
FacileLes prêts SAFE
FacileLes ventes d’armes
Très facileLe rapport de force
Moyen