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Comprendre la fiscalité

Impôts, cotisations, TVA : qui prélève quoi, qui paie, et ce que cela change

Mis à jour le 12 septembre 2026 · 30 min · Avancé

L’essentiel

Les prélèvements obligatoires regroupent les impôts et les cotisations sociales versés aux administrations publiques et à l’Union européenne. L’impôt finance les dépenses publiques en général ; les cotisations ouvrent des droits, à la retraite ou à l’assurance chômage par exemple.

Leur total se rapporte au PIB, la richesse produite en un an : c’est le taux de prélèvements obligatoires. Il ne dit pas qui paie, ni ce que chacun reçoit en retour ; il mesure la part de la richesse qui transite par les caisses publiques.

1 305,1 Md€de prélèvements obligatoires en 20251 254,0 Md€ en 2024
43,6 %du PIB en 202544,0 % prévus pour 2026
56,2 %des prélèvements vont à la Sécurité sociale733,2 Md€ en 2025
446,3 Md€de cotisations sociales, le premier prélèvementdevant la TVA, 208,8 Md€

Qui prélève, qui reçoit

En 2025, les prélèvements obligatoires ont rapporté 1 305,1 Md€, soit 43,6 % de la richesse produite. Plus de la moitié finance la protection sociale, pas l’État.

À qui vont les 1 305,1 Md€
  • La Sécurité sociale56,2 %régimes de base, retraites complémentaires, assurance chômage733,2 Md€
  • L’État27,4 %budget général et comptes spéciaux357,7 Md€
  • Les collectivités locales14,6 %communes, intercommunalités, départements, régions190,2 Md€
  • Les agences de l’État1,6 %organismes divers d’administration centrale21,1 Md€
  • L’Union européenne0,2 %droits de douane2,9 Md€
Les dix premiers prélèvements, et où ils vont
  1. Cotisations sociales446,3 Md€Va à : Sécurité sociale, retraites complémentaires, assurance chômage
  2. TVA208,8 Md€Va à : partagée entre l’État, la Sécurité sociale et les collectivités
  3. CSG156,6 Md€Va à : Sécurité sociale
  4. Impôt sur le revenu, avant crédits d’impôt103,6 Md€Va à : État
  5. Impôt sur les sociétés, avant crédits d’impôt69,5 Md€Va à : État
  6. Taxes sur les salaires et la main-d’œuvre60,1 Md€Va à : Sécurité sociale, transports publics, formation
  7. Taxe foncière44,2 Md€Va à : communes et intercommunalités
  8. Accises sur l’énergie43,1 Md€Va à : État, régions et départements
  9. Droits de succession et de donation21,1 Md€Va à : État
  10. Droits de mutation sur les ventes immobilières17,7 Md€Va à : départements et communes

Les montants par prélèvement sont bruts, avant crédits d’impôt : leur somme ne se compare pas au total, calculé net des crédits d’impôt et des sommes jamais recouvrées. Les cotisations dites imputées, que l’État employeur ne verse pas réellement, en sont exclues.

Sources : INSEE, comptes de la Nation 2025 (mai 2026), tableaux 3.216 « Prélèvements obligatoires par sous-secteurs » et 3.217 « Principaux impôts par catégorie » ; Insee Première n° 2106.

Prélèvements obligatoires et budget de l’État

Le budget de l’État ne reçoit qu’une partie des prélèvements : 357,7 Md€ en 2025, soit 27,4 %. La Sécurité sociale en reçoit plus du double. Même la TVA, souvent présentée comme l’impôt de l’État, est largement partagée : en 2025, l’État n’a gardé que 46,3 % de la TVA nette, le reste allant à la Sécurité sociale et aux collectivités, selon la Cour des comptes.

L’impôt sur le revenu

L’impôt sur le revenu est dû par foyer fiscal. Il est progressif : le revenu est découpé en tranches, et chaque tranche est taxée à son propre taux, de 0 à 45 %. Le taux le plus élevé atteint, dit taux marginal, ne s’applique donc qu’à la dernière part du revenu.

Sur les revenus de 2024, 47 % des foyers fiscaux ont payé un impôt net. Il rapporte un peu plus de 100 Md€ avant crédits d’impôt, moins d’un dixième des prélèvements obligatoires.

Comment se calcule l’impôt sur le revenu

L’impôt sur le revenu est progressif : chaque tranche de revenu est taxée à son propre taux. Le taux marginal, celui de la dernière tranche atteinte, n’est jamais le taux payé sur l’ensemble du revenu.

  1. Additionner les revenus de l’annéeSalaires, pensions, revenus fonciers et autres, diminués des abattements prévus, comme les 10 % pour frais professionnels sur les salaires : on obtient le revenu net imposable.code général des impôts, art. 83
  2. Le diviser par le nombre de partsC’est le quotient familial : une part pour une personne seule, deux pour un couple marié ou pacsé, une demi-part par enfant pour les deux premiers, une part entière à partir du troisième.code général des impôts, art. 194
  3. Appliquer le barème, tranche par trancheChaque tranche de revenu est taxée à son propre taux. Monter dans une tranche supérieure ne fait jamais payer plus sur les tranches du dessous.code général des impôts, art. 197
  4. Remultiplier par le nombre de partsL’avantage que procurent les parts liées aux enfants est plafonné, pour qu’il ne croisse pas sans limite avec le revenu.code général des impôts, art. 197
  5. Retirer la décote, les réductions et les crédits d’impôtLa décote allège les petits impôts ; les réductions et les crédits, pour un don ou un emploi à domicile par exemple, diminuent le montant final.code général des impôts, art. 197 et 199 sexdecies
Le barème 2026, pour une part
  • 0 %jusqu’à 11 600 €
  • 11 %de 11 601 à 29 579 €
  • 30 %de 29 580 à 84 577 €
  • 41 %de 84 578 à 181 917 €
  • 45 %au-delà de 181 917 €
Exemple : une personne seule, 40 000 € de revenu net imposable
  • 11 600 € taxés à 0 %0,00 €
  • 17 979 € taxés à 11 %1 977,69 €
  • 10 421 € taxés à 30 %3 126,30 €
  • Impôt brut5 103,99 €
Taux marginal 30 %Taux moyen 12,8 %

Le barème s’applique aux revenus de 2025, imposés en 2026. Sur les revenus de 2024, 47 % des foyers fiscaux ont payé un impôt sur le revenu net : la décote, les réductions et les crédits d’impôt ramènent l’impôt des autres à zéro.

Sources : code général des impôts, articles 83, 193, 194, 197 et 199 sexdecies ; loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 ; service-public.gouv.fr, barème de l’impôt sur le revenu 2026 ; DGFiP Statistiques n° 41, novembre 2025.

Le quotient familial
Le revenu du foyer est divisé par son nombre de parts : une par adulte, une demi-part pour chacun des deux premiers enfants, une part entière à partir du troisième. Le barème s’applique au revenu par part, puis l’impôt obtenu est multiplié par le nombre de parts. L’avantage est plafonné : en 2026, chaque demi-part supplémentaire ne peut réduire l’impôt de plus de 1 807 €.
La décote
Les petits impôts sont allégés par une décote. En 2026, une personne seule dont l’impôt brut ne dépasse pas 1 982 € bénéficie d’une réduction égale à 897 € moins 45,25 % de cet impôt. Pour un couple, le seuil est de 3 277 € et le montant de départ de 1 483 €.
Le prélèvement à la source
Depuis le 1er janvier 2019, l’impôt est prélevé chaque mois sur les salaires et les pensions, au taux calculé d’après la dernière déclaration. La déclaration annuelle permet ensuite de régulariser, en tenant compte des revenus réels et des réductions et crédits d’impôt.

Un impôt très concentré

Les 10 % de foyers aux revenus les plus élevés acquittent à eux seuls près des trois quarts de l’impôt sur le revenu, selon la DGFiP (revenus de 2024). C’est l’effet conjugué des tranches, de la décote et du fait que plus de la moitié des foyers ne paient pas d’impôt net.

La TVA

La taxe sur la valeur ajoutée est un impôt sur la consommation, inclus dans les prix. Chaque entreprise la facture à ses clients et déduit celle qu’elle a payée à ses fournisseurs : c’est le consommateur final qui la supporte.

Elle a été créée en France par la loi du 10 avril 1954, sur une idée de Maurice Lauré, haut fonctionnaire de la direction générale des impôts, puis généralisée par une loi du 6 janvier 1966, appliquée à partir de 1968.

208,8 Md€de TVA en 2025comptes nationaux, tous bénéficiaires
20 %le taux normaltrois taux réduits : 10 %, 5,5 % et 2,1 %
46,3 %de la TVA nette gardée par l’État en 2025Cour des comptes
1954année de sa création en Franceloi du 10 avril 1954
Les quatre taux de TVA en France métropolitaine
TauxNomExemples
20 %taux normalla plupart des biens et services, dont les cosmétiques et les produits d’hygiène
10 %taux intermédiairela restauration, les travaux d’entretien et d’amélioration des logements, les médicaments non remboursables
5,5 %taux réduitles produits alimentaires, les travaux de rénovation énergétique, les protections hygiéniques
2,1 %taux particulierles médicaments remboursables par la Sécurité sociale

Un impôt qui pèse plus lourd sur les ménages modestes

Rapportée au revenu disponible, la TVA représente 12,5 % pour les 10 % de ménages les plus modestes, qui consomment presque tout ce qu’ils gagnent, et 4,7 % pour les 10 % les plus aisés, qui en épargnent une partie. Rapportée à la consommation, elle est en revanche à peu près la même pour tous, selon le Conseil des prélèvements obligatoires (note de septembre 2023).

La CSG et la CRDS

La contribution sociale généralisée, créée par la loi de finances pour 1991 au taux de 1,1 %, finance la Sécurité sociale. À la différence des cotisations, elle porte sur presque tous les revenus : salaires, pensions, allocations chômage, revenus du patrimoine et de placement.

La contribution au remboursement de la dette sociale, créée en 1996, s’y ajoute au taux de 0,5 % : elle finance la Caisse d’amortissement de la dette sociale.

Les taux de CSG en 2026
RevenuTaux de CSGPrécisions
Revenus d’activité9,2 %dont 6,8 points déductibles du revenu imposable
Pensions de retraite8,3 %, 6,6 %, 3,8 % ou 0selon le revenu fiscal de référence
Allocations chômage6,2 %, 3,8 % ou 0selon le revenu fiscal de référence
Revenus du patrimoine et de placement10,6 %depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 ; 9,2 % pour les revenus fonciers, l’assurance vie et certaines plus-values
157,2 Md€de CSG en 2025tous revenus confondus
110,7 Md€sur les revenus d’activité70 % du total
28,3 Md€sur les pensions et les allocationsen 2025
17,6 Md€sur les revenus du capitalen 2025

Un impôt plutôt qu’une cotisation

Parce qu’elle porte sur tous les revenus et non sur les seuls salaires, la CSG fait contribuer au financement de la protection sociale les retraités, les chômeurs et les revenus du capital, et non les seuls actifs. Son rendement dépasse celui de l’impôt sur le revenu.

L’impôt sur les sociétés

L’impôt sur les sociétés taxe les bénéfices des sociétés, pas leur chiffre d’affaires. Son taux normal, de 33 1/3 % en 2016, a été abaissé progressivement jusqu’à 25 % en 2022. Les PME dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 millions d’euros, et dont le capital est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques, paient 15 % sur leurs 42 500 premiers euros de bénéfice.

Les entrepreneurs individuels relèvent, en principe, de l’impôt sur le revenu.

59,9 Md€d’impôt sur les sociétés net pour l’État en 202557,4 Md€ en 2024
2,7 millionsde sociétés soumises à l’impôt en 2024dont 1,7 million bénéficiaires
28 %de l’impôt brut payé par environ 400 grandes entreprises19,6 Md€ en 2024
25 %le taux normal depuis 202233 1/3 % en 2016

Taux d’impôt sur les sociétés en Europe, en 2026

taux légal, impôts locaux et contributions compris

  • Malte35 %
  • Allemagne30,1 %
  • France25,8 %
  • Moyenne européenne21,6 %
  • Pologne19 %
  • Irlande12,5 %
  • Hongrie9 %

Taux affiché, impôt payé

Le taux légal ne dit pas tout. En 2025, une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des plus grandes entreprises a rapporté 7,5 Md€, selon l’INSEE. Et les grands groupes relèvent désormais d’un impôt minimum de 15 %, que l’Irlande et la Hongrie appliquent aussi, malgré leurs taux légaux plus bas.

Les impôts locaux

Les collectivités locales ont reçu 190,2 Md€ de prélèvements obligatoires en 2025, dont une part importante de fractions d’impôts nationaux comme la TVA. Depuis la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales, achevée en 2023, la taxe foncière, payée par les propriétaires, est leur premier impôt propre. Les départements et les communes perçoivent aussi les droits de mutation sur les ventes immobilières.

190,2 Md€de prélèvements reçus par les collectivités en 202514,6 % du total
44,2 Md€de taxe foncière en 2025INSEE, comptes nationaux
17,7 Md€de droits de mutation perçus par les collectivitésen 2025
2023fin de la taxe d’habitation sur les résidences principalesloi de finances pour 2020
La revalorisation annuelle des bases de la taxe foncière
AnnéeRevalorisation
2022+3,4 %
2023+7,1 %
2024+3,9 %
2025+1,7 %
2026+0,8 %

Des valeurs locatives de 1970

La taxe foncière est calculée sur une valeur locative cadastrale issue de la révision foncière de 1970, seulement revalorisée depuis, en fonction des prix, avant les hausses de taux votées par les collectivités. La révision générale, lancée par la loi de finances pour 2020, a encore été reportée : la loi de finances pour 2026 fixe sa prise en compte au 1er janvier 2031.

Les cotisations sociales

Les cotisations sociales sont assises sur les salaires et les revenus des travailleurs indépendants. Elles ouvrent des droits : retraite, assurance chômage, indemnités en cas de maladie. En 2025, les cotisations effectives ont atteint 446,3 Md€ : 304,9 Md€ versés par les employeurs, 106,6 Md€ par les salariés et 34,8 Md€ par les indépendants.

446,3 Md€de cotisations sociales effectives en 2025le premier des prélèvements
68 %versées par les employeurs304,9 Md€
75,6 Md€d’allègements généraux de cotisations en 202586,8 Md€ avec toutes les exonérations
3 SMICseuil de sortie des allègements depuis 2026contre 1,6 SMIC pour l’ancienne réduction générale

Les allègements de cotisations

Les cotisations patronales sont réduites sur les salaires les plus bas, et d’autant plus que le salaire est proche du SMIC. Depuis le 1er janvier 2026, une réduction générale dégressive unique regroupe les anciens dispositifs ; elle s’annule à 3 SMIC. Ces allègements ne sont pas des niches fiscales : ils sont suivis dans les comptes de la Sécurité sociale.

Qui paie, qui reçoit

Chaque prélèvement a sa logique : l’impôt sur le revenu est progressif, les cotisations suivent le salaire, la TVA pèse plus lourd, rapportée au revenu, sur les ménages modestes. Mais c’est en combinant les impôts directs et les prestations sociales que le système réduit le plus les écarts de niveau de vie.

Ce que la redistribution change

Impôts directs et prestations sociales resserrent les écarts : avant redistribution, les 20 % les plus aisés ont un niveau de vie 8,3 fois plus élevé que les 20 % les plus modestes ; après, 4,2 fois.

  • Les 20 % les plus modestes +55 %Avant9 090 €Après14 100 €
  • Les 20 % les plus aisés −22 %Avant74 980 €Après58 690 €
Qui réduit les écarts, et de combien
  • Les prestations sociales59,7 %
    • prime d’activité et minima sociaux27,1 %
    • prestations familiales20,1 %
    • aides au logement12,4 %
  • Les prélèvements directs40,3 %
    • impôt sur le revenu, crédits d’impôt compris31,7 %
    • CSG hors maladie, CRDS et contributions familiales7,9 %
    • impôt sur la fortune immobilière0,6 %

Le champ de l’INSEE comprend les prestations sociales et les prélèvements directs, mais ni la TVA ni les autres impôts indirects, ni les retraites et les allocations chômage. Or, rapportée au revenu, la TVA pèse plus lourd sur les ménages modestes, qui consomment presque tout ce qu’ils gagnent.

Sources : INSEE, France, portrait social, édition 2025, « Redistribution monétaire » (18 novembre 2025), données 2024 simulées par le modèle Ines, France métropolitaine, ménages ordinaires ; niveaux de vie annuels moyens par personne.

Entre les 10 % des deux extrémités

L’effet est plus marqué encore entre les 10 % les plus modestes et les 10 % les plus aisés : leur niveau de vie moyen est dans un rapport de 21,1 avant redistribution, et de 6,2 après, selon l’INSEE (données 2024).

Les niches fiscales

Une dépense fiscale, ou niche fiscale, est une disposition qui allège l’impôt par rapport à la règle générale : crédit ou réduction d’impôt, exonération, taux réduit. Le projet de loi de finances pour 2026 en recense 465, pour un coût estimé à 88,3 Md€.

L’annexe budgétaire prévient elle-même que « la somme des coûts des dépenses fiscales est donc dépourvue de réelle signification » : les chiffrages ignorent les changements de comportement, et les mesures interagissent entre elles.

Les dépenses fiscales les plus coûteuses, en 2026

coût estimé, en Md€

  • Crédit d’impôt recherche8,0 Md€
  • Emploi d’un salarié à domicile7,2 Md€
  • Abattement de 10 % sur les pensions de retraite4,7 Md€
  • Transmission d’entreprises, pacte Dutreil4,0 Md€
  • Participation et intéressement2,9 Md€
  • TVA à 10 % sur les travaux dans les logements2,5 Md€
  • TVA à 10 % dans la restauration2,3 Md€
  • Heures supplémentaires exonérées2,3 Md€
  • Réduction d’impôt pour les dons2,2 Md€

Ce qui n’est pas une niche

Plusieurs avantages souvent cités ne figurent pas parmi les dépenses fiscales recensées : l’exonération de la plus-value réalisée sur la résidence principale, la TVA à 5,5 % sur l’alimentation ou à 2,1 % sur les médicaments remboursables. Les allègements de cotisations sociales, eux, sont suivis à part.

Un chiffre qui dépend de la méthode

Depuis le projet de loi de finances pour 2024, le coût des niches de TVA ne compte plus que la part gardée par l’État. Selon la Cour des comptes, le total de ces niches est ainsi artificiellement réduit de moitié : avec l’ancienne méthode, le coût total aurait atteint 105,6 Md€ en 2025.

La France et ses voisins

Rapporter les prélèvements au PIB permet de comparer les pays, mais le résultat dépend de la mesure. Pour 2024, la France est à 42,7 % selon l’INSEE, qui déduit les crédits d’impôt ; à 43,5 % selon l’OCDE ; à 45,3 % selon l’indicateur principal d’Eurostat, qui compte aussi les cotisations sociales dites imputées.

Selon Eurostat comme selon l’OCDE, elle se classe deuxième, derrière le Danemark.

Prélèvements obligatoires en 2024, en % du PIB

indicateur principal d’Eurostat

  • Danemark45,5 %
  • France45,3 %
  • Belgique45,1 %
  • Autriche43,8 %
  • Italie42,5 %
  • Suède42,2 %
  • Allemagne40,9 %
  • Union européenne40,3 %
  • Espagne37,3 %
  • Irlande22,4 %

Des comparaisons à manier avec prudence

Un taux élevé dit d’abord quelle part de la protection sociale passe par des prélèvements publics. Là où retraites et assurance santé relèvent davantage de contrats privés, leur coût n’apparaît pas dans les prélèvements obligatoires, sans disparaître du budget des ménages. En Irlande, le PIB est gonflé par les bénéfices des multinationales, ce qui abaisse le ratio.

Sources

Les sources de cette fiche

  • INSEE · Comptes de la Nation 2025 (mai 2026), tableaux 3.216 et 3.217 ; Insee Première n° 2106 ; France, portrait social, édition 2025, « Redistribution monétaire ».
  • DGFiP · Statistiques n° 41 (novembre 2025, impôt sur le revenu 2024) et n° 39 (septembre 2025, impôt sur les sociétés).
  • Service-public.gouv.fr · Barème de l’impôt sur le revenu 2026, décote, quotient familial, taux de CSG, impôt sur les sociétés, taux de TVA.
  • Légifrance · Code général des impôts, articles 83, 193, 194 et 197 ; code de la sécurité sociale, article L136-8 ; loi n° 2026-103 de finances pour 2026 ; loi n° 2025-1403 de financement de la sécurité sociale pour 2026.
  • Cour des comptes et Conseil des prélèvements obligatoires · Note d’analyse de l’exécution budgétaire « Recettes fiscales » et « Le budget de l’État en 2025 » (avril 2026) ; note n° 6 du CPO « La TVA est-elle un impôt juste ? » (septembre 2023).
  • Haut Conseil des finances publiques · Avis n° 2026-3 du 22 avril 2026.
  • Commission des comptes de la Sécurité sociale · Rapport de mai 2026 : CSG et allègements généraux de cotisations.
  • Projet de loi de finances pour 2026 · Évaluation des voies et moyens, tome II, dépenses fiscales.
  • Direction générale des collectivités locales · collectivites-locales.gouv.fr, réforme des valeurs locatives ; impots.gouv.fr, coefficient de revalorisation 2026.
  • Comparaisons internationales · Eurostat, prélèvements obligatoires par pays (gov_10a_taxag, juillet 2026) ; OCDE, Statistiques des recettes publiques 2025 ; Tax Foundation, taux d’impôt sur les sociétés en Europe 2026.

Pour aller plus loin

Testez vos connaissances

Dix questions pour vérifier ce que vous avez retenu de la fiche, des prélèvements obligatoires à la redistribution. Choisissez une réponse, validez : l’explication s’affiche aussitôt.

Le total

Très facile
En 2025, combien les prélèvements obligatoires ont-ils rapporté en France ?

Le premier destinataire

Facile
Qui reçoit la plus grande part des prélèvements obligatoires ?

Le premier prélèvement

Facile
Quel prélèvement rapporte le plus ?

Le taux marginal

Moyen
Une personne seule a 40 000 € de revenu imposable. Sa tranche la plus haute est taxée à 30 %. Quelle part de son revenu représente son impôt brut ?

Le quotient familial

Très facile
À quoi sert le quotient familial ?

La TVA

Facile
Dans quel pays la TVA a-t-elle été créée, en 1954 ?

La CSG

Moyen
Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, quel est le taux de CSG sur la plupart des revenus du patrimoine et de placement ?

Les sociétés

Facile
Quel est le taux normal de l’impôt sur les sociétés en France ?

La taxe foncière

Moyen
De quand date la révision des valeurs locatives sur lesquelles est calculée la taxe foncière ?

La redistribution

Facile
Avant redistribution, les 20 % les plus aisés ont un niveau de vie 8,3 fois plus élevé que les 20 % les plus modestes. Et après impôts directs et prestations sociales ?

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