
Gouvernement
Gérald Darmanin
Garde des Sceaux, ministre de la Justice
Ce qu'il faut retenir
- Garde des Sceaux, ministre de la Justice · Gouvernement.
- Rattaché au parti Renaissance.
- 34 votes exprimés au cours du mandat.
- Détient également un autre mandat (Conseil municipal).
- Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.
Biographie
Gérald Moussa Jean Darmanin, né le 11 octobre 1982 à Valenciennes (Nord), est un homme politique français, garde des Sceaux, ministre de la Justice depuis décembre 2024. Il est le fils de Gérard Darmanin, tenancier de bar, et d'Annie Ouakid, concierge pour la Banque de France. Son grand-père paternel, Rocco Darmanin, né en 1902 à Béja (Tunisie), était d'origine maltaise ; son grand-père maternel, Moussa Ouakid, né en 1907 en Algérie, fut tirailleur puis harki. De confession catholique, Gérald Darmanin a été marié à Morgane Jumez, rencontrée à Sciences Po Lille, de juin 2010 à leur séparation en 2017. Il se remarie le 29 août 2020 avec Rose-Marie Devillers, directrice conseil chez Havas, avec laquelle il a deux fils, Maximilien et Alec.
Formation
Gérald Darmanin effectue ses études secondaires au lycée des Francs-Bourgeois, établissement privé catholique du quatrième arrondissement de Paris. Il poursuit sa formation à l'Institut d'études politiques de Lille, dont il sort diplômé en 2007.
Débuts professionnels et premiers engagements politiques
Encore étudiant, Gérald Darmanin travaille comme assistant parlementaire à Bruxelles, d'abord auprès de la députée Isabelle Vasseur, puis auprès de l'ancien ministre et député européen Jacques Toubon. Il devient ensuite directeur de cabinet de David Douillet, secrétaire d'État puis ministre des Sports sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Juriste de formation, il est choisi en 2008 par Xavier Bertrand, alors secrétaire général de l'UMP, comme conseiller chargé des affaires juridiques du parti. En 2014, il devient porte-parole de la campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidence de l'UMP.
Son engagement partisan précède ces responsabilités : il adhère au Rassemblement pour la République (RPR) dès 1998, à seize ans, avant de rejoindre l'UMP à sa création en 2002. Il suit ensuite les évolutions successives de la droite parlementaire, en adhérant aux Républicains lors de leur fondation en 2015, avant de se rallier à La République en marche (devenue Renaissance) en 2017, dans la foulée de sa nomination au gouvernement d'Édouard Philippe. En septembre 2024, il lance Populaires, un mouvement se présentant comme un laboratoire d'idées au sein de la majorité présidentielle.
Mandats locaux à Tourcoing et dans les Hauts-de-France
Gérald Darmanin entame son ancrage local à Tourcoing, où il est élu conseiller municipal en 2008. Il devient maire de la commune le 4 avril 2014 et le demeure jusqu'au 9 septembre 2017, date à laquelle il cède son fauteuil pour devenir premier adjoint, conformément aux règles de non-cumul applicables à un membre du gouvernement. Réélu à la tête de la mairie le 23 mai 2020 à l'issue des élections municipales, il doit à nouveau renoncer à ses fonctions exécutives locales le 3 septembre 2020, peu après sa nomination au ministère de l'Intérieur, retrouvant le poste de premier adjoint. Il redevient premier adjoint au maire de Tourcoing le 28 mars 2026.
En parallèle de son mandat municipal, Gérald Darmanin est élu conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais le 26 mars 2010, mandat qu'il conserve jusqu'en mars 2014. Il siège ensuite comme conseiller régional des Hauts-de-France à partir du 4 janvier 2016, occupant la vice-présidence du conseil régional jusqu'au 17 mai 2017, avant de quitter l'assemblée régionale en juillet 2020. Il est également conseiller départemental du Nord du 1er juillet 2021 au 28 août 2022, et siège comme conseiller métropolitain à la Métropole européenne de Lille, fonction dont il démissionne de la vice-présidence lors de son entrée au gouvernement.
Carrière parlementaire
Gérald Darmanin est élu député de la dixième circonscription du Nord le 20 juin 2012, mandat qu'il exerce jusqu'au 27 janvier 2016. Il retrouve ce siège à deux reprises, de façon brève : du 22 juin au 22 juillet 2022, avant de démissionner pour se consacrer à ses fonctions ministérielles à la suite du remaniement consécutif à la réélection d'Emmanuel Macron, puis du 8 juillet 2024 au 23 janvier 2025, sa nomination comme garde des Sceaux entraînant à nouveau son remplacement par son suppléant. Lors de la législature entamée en 2012, il assure notamment les fonctions de secrétaire de séance lors de l'élection du président de l'Assemblée nationale, le 26 juin 2012.
Ministre de l'Action et des Comptes publics (2017-2020)
Gérald Darmanin est nommé ministre de l'Action et des Comptes publics le 17 mai 2017, dans le premier gouvernement d'Édouard Philippe, formé après l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République. Il conserve ce portefeuille, qui réunit le budget de l'État et la gestion de la fonction publique, dans le second gouvernement Philippe, jusqu'au 6 juillet 2020. Cette période le voit notamment porter les réformes de la fiscalité et de la fonction publique du début du quinquennat.
Ministre de l'Intérieur, puis de l'Intérieur et des Outre-mer (2020-2024)
Le 6 juillet 2020, Gérald Darmanin est nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Jean Castex. Il conserve ce portefeuille, dont l'intitulé est étendu aux Outre-mer, dans les gouvernements successifs d'Élisabeth Borne puis de Gabriel Attal, jusqu'au 21 septembre 2024, date à laquelle le gouvernement de Michel Barnier lui succède. Il y traite en particulier des questions de sécurité intérieure, de politique migratoire et de maintien de l'ordre, ainsi que des dossiers ultramarins, notamment à Mayotte et en Nouvelle-Calédonie.
Ministre d'État, garde des Sceaux, ministre de la Justice (depuis 2024)
Gérald Darmanin est nommé ministre d'État, garde des Sceaux, ministre de la Justice le 23 décembre 2024, dans le gouvernement de François Bayrou, formé après la censure du gouvernement Barnier. Il conserve ce portefeuille lors de la formation du premier gouvernement de Sébastien Lecornu, à l'automne 2025, puis dans le second gouvernement Lecornu, dont la composition est fixée par décret du 12 octobre 2025. À cette occasion, il perd le titre honorifique de ministre d'État, tout en restant garde des Sceaux, ministre de la Justice. Il exerce depuis cette fonction sans discontinuer, poursuivant à la chancellerie des chantiers engagés dès son arrivée, notamment en matière de lutte contre la délinquance et de politique pénitentiaire.
Œuvre écrite
Gérald Darmanin est l'auteur de deux ouvrages publiés aux Éditions de l'Observatoire. Le premier, Chroniques de l'ancien monde, paraît en 2017. Le second, Le séparatisme islamiste, manifeste pour la laïcité, publié le 3 février 2021 alors qu'il est ministre de l'Intérieur, développe une analyse de l'islamisme comme idéologie visant, selon l'auteur, à instrumentaliser la religion musulmane pour s'implanter dans la société française.
Affaires judiciaires
Gérald Darmanin fait l'objet, à partir de 2017, d'une plainte pour viol émanant de Sophie Patterson-Spatz. Les faits reprochés remontent à mars 2009 : cette dernière avait alors sollicité auprès de l'UMP, où Darmanin exerçait des responsabilités juridiques, une aide pour obtenir l'annulation d'une condamnation prononcée à son encontre en 2004. Une rencontre a lieu au siège du parti le 17 mars 2009, suivie de relations sexuelles, et Darmanin adresse par la suite un courrier à la garde des Sceaux de l'époque pour appuyer la démarche de la plaignante. Après la nomination de Darmanin au gouvernement en 2017, Sophie Patterson-Spatz qualifie ces faits de viol par surprise, estimant avoir cédé sous la contrainte implicite du service demandé ; Darmanin a toujours soutenu que la relation était consentie. Une information judiciaire est ouverte ; la plaignante dépose également une plainte pour abus de faiblesse. Une première enquête est classée sans suite en 2018, le parquet estimant que les actes d'investigation ne permettaient pas de caractériser l'absence de consentement ni une contrainte, une menace, une surprise ou une violence. La procédure est rouverte par la suite. Un non-lieu est prononcé en juillet 2022, confirmé par la chambre de l'instruction en 2023, puis validé définitivement par la Cour de cassation le 14 février 2024, qui rejette le pourvoi de la plaignante.
Gérald Darmanin a par ailleurs été cité, alors qu'il était ministre de l'Action et des Comptes publics, dans le dossier relatif au transfert du footballeur Neymar du FC Barcelone au Paris Saint-Germain en 2017. Selon les révélations du site Mediapart, l'administration fiscale aurait accordé au club un traitement favorable, sous la forme d'un rescrit fiscal, permettant de limiter les prélèvements sociaux et fiscaux applicables à l'opération. Des perquisitions sont menées dans les locaux de la direction générale des Finances publiques dans le cadre d'une information judiciaire visant notamment des faits de corruption et de trafic d'influence, sans que la mise en cause personnelle de Gérald Darmanin ait été établie par une décision de justice.
Controverses
Le parcours de Gérald Darmanin est marqué par plusieurs polémiques. Ses prises de position contre le mariage entre personnes de même sexe, exprimées notamment par voie de tweets en 2012 et 2013 et son soutien au mouvement La Manif pour tous, ainsi que son refus, en tant que maire de Tourcoing, de célébrer des mariages homosexuels, lui valent des accusations d'homophobie, qui ressurgissent lors de ses nominations ministérielles de 2017 et 2020. En novembre 2017, il est également mis en cause pour avoir dépassé le plafond légal cumulé de ses indemnités d'élu et de ministre. En février 2021, un essai qu'il publie suscite une controverse pour avoir repris une analogie, prêtée à Napoléon Bonaparte, présentant la présence des juifs en France comme une « difficulté à régler », propos qui lui valent des accusations d'antisémitisme. En 2023, en tant que ministre de l'Intérieur, il est critiqué pour avoir menacé de réduire les subventions publiques versées à la Ligue des droits de l'homme après les prises de position de celle-ci sur les événements de Sainte-Soline. La même période le voit affirmer que l'Italie, sous la présidence du Conseil de Giorgia Meloni, serait devenue « l'ennemie de la France », dans le contexte du différend franco-italien autour du navire Ocean Viking. Il est enfin critiqué pour l'usage, dans son discours public, de termes empruntés à des polémistes d'extrême droite, comme « ensauvagement », ou de formules issues de la culture des réseaux sociaux.
Actualité récente
Depuis sa nomination place Vendôme, Gérald Darmanin a été reconduit à deux reprises comme garde des Sceaux, d'abord dans le premier gouvernement de Sébastien Lecornu puis, par décret du 12 octobre 2025, dans le second gouvernement Lecornu, où il perd le titre de ministre d'État. Il retrouve le 28 mars 2026 son mandat de premier adjoint au maire de Tourcoing. En mai 2026, à la suite du meurtre de Lyhanna, une fillette de onze ans, il demande un bilan des dossiers relatifs aux violences sexuelles commises sur des mineurs. En août 2026, il apporte son soutien à Édouard Philippe en vue de l'élection présidentielle de 2027.
Chronologie
- 1982 - Naissance à Valenciennes, le 11 octobre
- 1998 - Adhésion au Rassemblement pour la République, à seize ans
- 2002 - Adhésion à l'UMP
- 2007 - Diplôme de l'Institut d'études politiques de Lille
- 2008 - Conseiller municipal de Tourcoing ; conseiller chargé des affaires juridiques de l'UMP auprès de Xavier Bertrand
- 2009 - Rencontre avec Sophie Patterson-Spatz au siège de l'UMP, le 17 mars
- 2010 - Mariage avec Morgane Jumez, en juin ; élection comme conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais, le 26 mars
- 2012 - Élection comme député de la dixième circonscription du Nord, le 20 juin
- 2014 - Porte-parole de la campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidence de l'UMP ; élection comme maire de Tourcoing, le 4 avril
- 2015 - Adhésion aux Républicains
- 2016 - Fin du mandat de député, le 27 janvier ; conseiller régional des Hauts-de-France et vice-président du conseil régional, à partir du 4 janvier
- 2017 - Ralliement à La République en marche ; nomination comme ministre de l'Action et des Comptes publics, le 17 mai ; démission de la mairie de Tourcoing au profit du poste de premier adjoint, le 9 septembre ; publication de Chroniques de l'ancien monde ; plainte pour viol de Sophie Patterson-Spatz portée à sa connaissance publique
- 2018 - Classement sans suite de la première enquête pour viol
- 2020 - Réélection comme maire de Tourcoing, le 23 mai ; nomination comme ministre de l'Intérieur, le 6 juillet ; nouvelle démission de la mairie, le 3 septembre ; remariage avec Rose-Marie Devillers, le 29 août
- 2021 - Publication du Séparatisme islamiste, manifeste pour la laïcité, le 3 février ; controverse liée à l'analogie napoléonienne sur la présence des juifs en France
- 2022 - Nomination comme ministre de l'Intérieur et des Outre-mer, à la suite de la réélection d'Emmanuel Macron ; bref retour à l'Assemblée nationale du 22 juin au 22 juillet ; conseiller départemental du Nord à partir du 1er juillet ; non-lieu rendu en juillet dans l'affaire Patterson-Spatz
- 2023 - Confirmation du non-lieu par la chambre de l'instruction ; controverse sur les subventions à la Ligue des droits de l'homme après Sainte-Soline ; propos sur l'Italie dans le contexte de l'affaire Ocean Viking
- 2024 - Fin du mandat de conseiller départemental, le 28 août ; fin des fonctions de ministre de l'Intérieur et des Outre-mer, le 21 septembre ; lancement du mouvement Populaires, le 29 septembre ; nouvelle élection comme député, le 8 juillet ; validation définitive du non-lieu par la Cour de cassation, le 14 février ; nomination comme ministre d'État, garde des Sceaux, ministre de la Justice, le 23 décembre
- 2025 - Fin du mandat de député consécutive à l'entrée au gouvernement, le 23 janvier ; reconduction comme garde des Sceaux dans le premier gouvernement de Sébastien Lecornu puis, par décret du 12 octobre, dans le second gouvernement Lecornu, avec perte du titre de ministre d'État
- 2026 - Retour comme premier adjoint au maire de Tourcoing, le 28 mars ; demande d'un bilan des dossiers de violences sexuelles sur mineurs après le meurtre de Lyhanna, en mai ; soutien apporté à Édouard Philippe pour l'élection présidentielle de 2027, en août
Mandats et responsabilités
En cours
- depuis 2024Garde des Sceaux, ministre de la Justice
- Garde des Sceaux, ministre
- RenaissancePartiLe parti
- RenaissancePartiLe parti
Mandats passés
- 2020 – 2024Ministre de l'Intérieur
- mai – juil 2020Maire de Tourcoing
- 2017 – 2020Ministre de l’Action et des Comptes publics
- jusqu'en 2015Union pour un mouvement populaireParti
- 2012 – 1899DéputéNord (10e circ.)
- 2012 – 2016Député14ᵉ législature
Commissions et responsabilités
Les commissions de cet élu ne sont pas encore recensées dans notre base.
Activité parlementaire
Sens des votes
- Pour 1544 %
- Abstention 26 %
- Contre 1750 %
Scrutins : 74 adoptés, 48 rejetés.
Patrimoine et intérêts
Déclarations publiques à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
2 déclarations à la HATVP · 1 compte de campagne (CNCCFP). Patrimoine, intérêts et activités déclarés, sourcés depuis la HATVP.
Votes et positions récentes
6 scrutins
- 23/01/25l'ensemble de la proposition de loi prenant des mesures d'urgence pour protéger nos enfants accueillis en crèches privées à but lucratif (première lecture).AdoptéN'A PAS
- 23/01/25l'ensemble de la proposition de loi visant à lutter contre les pannes d'ascenceur non prises en charge (première lecture).AdoptéN'A PAS
- 23/01/25l'article premier de la proposition de loi visant à lutter contre les pannes d'ascenceur non prises en charge (première lecture).AdoptéN'A PAS
- 23/01/25l'amendement n° 13 de Mme Le Meur et l'amendement identique suivant à l'article premier de la proposition de loi visant à lutter contre les pannes d'ascenceur non prises en charge (première lecture).AdoptéN'A PAS
- 23/01/25l'amendement n° 16 de Mme Le Meur et l'amendement identique suivant à l'article premier de la proposition de loi visant à lutter contre les pannes d'ascenceur non prises en charge (première lecture).RejetéN'A PAS
- 23/01/25l'amendement de suppression n° 47 de M. Gabarron à l'article premier de la proposition de loi visant à lutter contre les pannes d'ascenceur non prises en charge (première lecture).RejetéN'A PAS
Affinité de vote
Comparez les votes de Gérald Darmanin avec un autre député : taux d'accord, votes identiques et oppositions sur les scrutins communs.